« Cela fait trois ans que la garde départementale existe. Elle est vraiment utile pour accueillir le public et protéger nos massifs. Elle vient en complément avec la police municipale », souligne Amapola Ventron, conseillère départementale déléguée à la Transition écologique et au Développement de la filière bois.
Composée de 26 agents, dont 14 cavaliers répartis entre les sites de l'Arbois et de Gémenos, la garde sillonne toute l'année les espaces naturels départementaux à cheval, en véhicule, en quad ou à moto afin d'assurer une surveillance de proximité. Au-delà des contrôles, la prévention reste au cœur de leurs interventions.
L'été, leur mission la plus visible concerne le risque incendie. Lors des journées à risque très sévère ou extrême, l'accès aux massifs est interdit par arrêté préfectoral. Les agents parcourent les pistes afin de s'assurer qu'aucun promeneur ne reste dans les zones fermées.
Leur première mission est d'expliquer les raisons de ces restrictions et les risques encourus. Les gardes privilégient le dialogue et la pédagogie, rappelant aux promeneurs que quelques minutes d'imprudence peuvent suffire à déclencher un incendie majeur, mais aussi que leur présence pourrait leur être fatale en cas d’incendie virulent.
Les exemples ne manquent pas. « Le 2 juillet, nous avons surpris cinq adolescents en train de faire un barbecue pour griller des chamallows », raconte Jean-Jacques Covo, chef de la cellule Police de l'environnement.
Entre le 1er janvier et le 30 juin, les agents ont constaté 260 manquements à la réglementation. Dans la majorité des cas, ces gardes font de la pédagogie. En revanche, lorsqu'une personne refuse de quitter les lieux lors d’une journée interdite ou récidive, les gardes peuvent procéder à une verbalisation.
Leur présence est également facilitée par les patrouilles équestres. En hauteur, les cavaliers repèrent plus facilement les comportements à risque ou les personnes qui se sont aventurées dans un massif fermé. Pour Danaé, garde à cheval, cette proximité avec le public est un véritable atout : « Le cheval attire l'œil, les gens ont envie de leur donner des câlins. Cela nous permet de faire plus facilement de la médiation. »
Autre mission importante : lutter contre les rodeos et activités motorisées au cœur des massifs.
Moto-cross, quads, voitures ou encore motos : la circulation de véhicules motorisés est interdite dans les massifs et sur la plupart des pistes forestières, et ce tout au long de l'année.
Des véhicules thermiques mais aussi électrique. Si les vélos à assistance électrique sont autorisés, ce n'est pas le cas des nouvelles motos électriques.
Ces pratiques ne représentent pas seulement un danger pour les autres usagers. Lorsque les motos et quad empruntent des sentiers, ils peuvent dégrader les sols, accélèrer l'érosion des collines et perturbent une faune particulièrement sensible. Le bruit peut notamment compromettre la reproduction d'espèces protégées comme l'aigle de Bonelli.
Dans ce domaine, les gardes départementaux interviennent régulièrement aux côtés des polices municipales. Lorsque l'infraction est constatée, les sanctions peuvent être lourdes : 135 euros d'amende pour la circulation sur une piste forestière interdite, et jusqu'à 1 500 euros (contravention de 5ᵉ classe) lorsqu'un véhicule circule directement dans le massif en dehors des pistes.
Les missions de la garde départementale comprennent aussi la protection de l’environnement souvent malmené par les déchets sauvages en bordure des routes.
Certains agents sont assermentés au titre de la police de l'environnement. Ils interviennent notamment contre les dépôts sauvages de déchets, un phénomène qui touche particulièrement les Bouches-du-Rhône.
Gravats, encombrants, déchets du bâtiment ou résidus parfois dangereux avec de l’amiante sont repérés lors des patrouilles. Les agents ne se contentent pas de dresser un constat : ils mènent également des investigations afin d'identifier les responsables, en recherchant des indices dans les déchets abandonnés ou en croisant différents éléments d'enquête. Même si les auteurs restent parfois difficiles à retrouver, ces investigations permettent régulièrement d'engager des poursuites.
Enfin, la garde départementale participe aussi à des missions plus discrètes mais essentielles pour la connaissance et la préservation des espaces naturels.
Les agents réalisent parfois des comptages d'espèces, surveillent la progression de la faune et de la flore invasives, signalent les anomalies observées sur le terrain et contribuent au suivi de l'état de santé des massifs. Autant d'informations qui permettent d'adapter les actions de gestion et de protection de ces espaces naturels.