Renaud Muselier est revenu ce lundi 1er juin lors d'une conférence de presse sur ce « gâchis historique » que représente le départ des épreuves de glace de Nice suite au refus d’Eric Ciotti de mettre à disposition le stade de l’Allianz Riviera. « Nous avions mis cinq ans à construire ce dossier, Monsieur Ciotti l’a détruit en deux mois. » a ainsi résumé le Président de la Région très déçu d’avoir perdu une grande partie de ces épreuves dans lequel il est très impliqué personnellement depuis le début.
Si les épreuves du « cluster » du Briançonnais sont bien confirmées, il reste encore la question de la cérémonie de clôture à trancher. « On avait gagné la cérémonie de clôture avec un match qui était assez simple : C'est la cérémonie d'ouverture dans le nord, la cérémonie de clôture dans le sud. Et on avait imaginé un truc assez phénoménal en réalité, sur Nice, sur la Promenade des Anglais, dans la baie des Anges. Cela aurait été un spectacle extraordinaire, pour tous les Niçois et pour le monde entier. C'est plus de 600 millions de téléspectateurs. Ce n’est pas rien, on ne fait pas ça tous les jours à la télévision.» explique Renaud Muselier.
Mais désormais c’est officiel, la cérémonie de clôture n’aura pas lieu à Nice.
La question est donc désormais de savoir si la Région Sud peut encore conserver cette cérémonie comme c’était prévu initialement.
La principale difficulté va être de convaincre le CIO de pouvoir proposer ce spectacle hors des zones de compétitions.
Le CIO a rejeté les offres alternatives proposées par la Région et la Ville de Nice concernant le pôle glace car elle a refusé de voir éclater davantage les sites des compétitions et souhaitait que les athlètes sont regroupés au maximum. « il y a une nouvelle histoire à raconter dans une cérémonie de clôture » précise Renaud Muselier, « mais beaucoup d’athlètes seront en Auvergne Rhône Alpes. Ce n’est pas simple. »
De la théorie à la pratique, il suffit cependant de regarder ce qui vient de se faire en Italie. La cérémonie de clôture a été organisé dans les arènes de Vérone, situées à plus de 100km des sites olympiques et le spectacle a été magnifique. Il suffirait donc d’être séduisant pour convaincre le CIO ?
Renaud Muselier le reconnait « On n'a pas 50 solutions. Il y a une proposition qui est de l’organiser sur le lac de Serre-Ponçon, à côté de Briançon. Mais je ne sais pas très bien comment on peut gérer la billettique là. » Car la cérémonie de clôture est un événement qui coûte cher et qui doit s’autofinancer avec la billetterie.
On pourrait cependant imaginer quelque chose du côté du plan d’eau d’Embrun où seraient installés des gradins éphémères et une scène sur l’eau ou avec le lac en arrière plan. Interrogée par nos confrères du Dauphiné Libéré, la maire d’Embrun, Chantal Eyméoud, se met à rêver et rappelle que ce territoire à l’habitude d’accuillir des événements sportifs d’envergure que ce soit le Tour de France, l’Embrunman ou le festival de sports extrêmes Outdoormix.
La cérémonie de clôture est aussi un événement plus réduit que celle d’ouverture. Celle de Vérone n’avait réuni que 12 000 spectateurs contre 60 000 à l’ouverture à Milan. Une telle jauge n’est pas insurmontable à organiser dans un site en plein air. Pour le Grand Prix de France de F1, on avait créé 40 000 places de tribunes temporaires et beaucoup de festivals en plein air dépassent la jauge de 10 000 spectateurs.
Sur le papier, le site du Lac de Serre Ponçon coche de nombreuses cases :
- une proximité avec le cluster de Briançon,
- un accès relativement facile en train ou en voiture,
- une expérience événementielle
- et surtout un magnifique décor naturel qui pourrait trancher et être complémentaire avec une cérémonie d’ouverture organisée dans un stade, probablement à Lyon-Décines.
Une autre piste pourrait être une cérémonie de clôture organisée à Marseille, et notamment au stade vélodrome.
« Je vais également réfléchir à Marseille. » explique Renaud Muselier. « On peut probablement faire un clin d’œil à Paris 2024 avec la flamme qui est arrivée ici. Il faut que je raconte une nouvelle histoire maintenant. On pourrait aussi se servir du vélodrome pour faire quelque chose de grand. » mais avant de conclure de manière très prudente désormais : « Ce n’est pas simple. Il faut que les instances olympiques soient capables de changer de territoire comme ça aussi facilement. »