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Comment le Parc National des Calanques compte limiter sa fréquentation?

Depuis l'été dernier, cette saturation est devenue insupportable, tant pour la nature que ses visiteurs. Le Parc National des Calanques travaille sur plusieurs pistes pour réduire le nombre de visiteurs dans le parc.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 12/02/2021
Comment le parc National des Calanque compte limiter sa fréquentation?

L’objectif est clair : « Il faut qu’on arrive à trouver un moyen pour que les gens s’intéressent à autre chose que de faire la photo Instagram à En-Vau ou Sugiton. Il y en a plein d’autres de sites dans cette beauté de parc national des calanques. Il n’y pas que ces quelques endroits. » explique Didier Réault.

 

Interdire l’accès aux voitures à certains sites

Depuis l’été dernier, le chemin de la Gardiole qui permettait de se rapprocher de la calanque d’En-Vau est désormais fermé (lire ici). Ce le sera aussi très prochainement pour la route qui part des Goudes vers la Baie des Singes et le Cap Croisette. Un sentier va être aménagé dès la fin du village.

Et demain, c’est tout l’accès aux Goudes qui devrait être fermé dès la Madrague de Montredon. Un projet de ‘Zone de Trafic Limité’ est à l’étude qui permettrait uniquement aux riverains et certains ayants droits. Un système de capteur scanne les plaques d'immatriculation et permet soit l'accès ou alors envoie une contravention.

La contrepartie serait une intensification des transports en commun.

 

 

Davantage de transport en commun pour accéder aux calanques, notamment les Goudes

C’état l’objet de la visite de la secrétaire d’état, Bérangère Abba, ce jeudi 11 février aux Goudes: Un projet d’une dizaine de millions d’euros doit permettre d’aménager des solutions de transports « doux » vers les calanques et plus particulièrement le secteur des Goudes.

Un système de navette est à l’étude au départ de Montredon. Des bus, mais aussi, un renforcement des navettes maritimes qui permettent d’accéder directement au port des Goudes depuis le centre ville et la Pointe Rouge.

 

Mieux informer les visiteurs sur la fréquentation des espaces

Plutôt que de marcher pendant des heures pour être déçu d’arriver sur un fond de calanque bondé, le Parc National souhaite se doter d’outils permettant d’informer en temps réel les visiteurs sur l’affluence de ses sites les plus visités. L’objectif est ainsi de mieux répartir les touristes.

Un partenariat va être mis en place avec Interxion, un fournisseur de data centers pour accompagner le développement de ces solutions techniques.

La mise en place d’une stratégie de démarketing

Non le parc des calanques n’est pas un paradis pour les baigneurs, c'est en tout cas le nouveau message officiel du Parc à propos des conditions de baignade: « Plages très fréquentées », « eau froide »… Le Parc National met en garde ses visiteurs sur la réalité qui se cache derrière les belles images Instagram.

La mise en avant des aspects négatifs est une stratégie nouvelle du parc pour décourager les visiteurs de se rendre dans les calanques les plus visitées.

 

 

Limiter certains usages récréatifs et « engagés »

Le VTT va enfin faire son retour sur tout le parc, mais cette activité devra impérativement se faire sur les sentiers et pistes, sans pour autant accéder aux fonds des calanques d’En-Vau, Sugiton et Port Pin. Pas question de dévaler les éboulis et autres espaces non balisés. Des pistes cyclables devraient permettre d’accéder au parc depuis la ville et des parkings à vélo créés.

Cette même logique va s'appliquer aux autres sports pratiqués dans les calanques qui seront davantage encadrés tout en restant autorisés: randonnées équestres, escalade, plongée...

Renforcer les équipes et les contrôles

A l’origine, le Parc National devait accueillir près de 70 agents dont une partie dédiée à la police de l’environnement chargée de surveiller et accompagner les visiteurs. Ils ne sont aujourd’hui que 50 mais le ministère promet qu’ils pourraient atteindre les 60 prochainement. Ces agents seront donc sur le terrain pour informer et sensibiliser les visiteurs, mais aussi, si besoin les verbaliser.

« Il faut qu’on se débarrasse de son enceinte connectée dans les calanques » Didier Réault, Président du Parc National

L’été 2020 a été particulièrement éprouvant sur le plan de la sécurité dans les calanques. Nuisances, tensions, incivilités… Est-ce les touristes Français qui sont moins respectueux de la nature ou cette surfréquentation qui a fait monter la tension? Une chose est sûre, personne ne veut revivre un été comme celui-là dans les calanques.

 

 

Limiter aussi les accès par la mer : mouillage et accostage interdits à En-Vau et Port-Pin

La saturation est également constatée en mer. Le parc a mis un système d’autorisation préalable pour limiter la location de bateaux et compte l’étendre à la location de kayaks et paddle.

Et surtout, il sera désormais interdit d’accoster dans le fond des calanques d’En-Vau et Port-Pin en kayak ou paddle. Des bouées seront installées et il faudra finir à la nage pour toucher terre.

Pour ces deux calanques en particulier, le mouillage des bateaux va devenir interdit, peut importe leur taille. On pourra donc toujours y accéder, mais interdiction d’y stationner. Un des objectifs souhaités par le parc est d’éviter que certains bateaux y restent toute la journée, privant ainsi les autres.

Et cette sur-fréquentation maritime a aussi des conséquences sur la posidonie. D’ores et déjà, le mouillage des navires de plus de 24m est réglementé. Il pourrait l’être aussi pour les plus petits dans d'autres secteurs du parc et pas uniquement dans ces deux calanques. L’objectif est de proposer des bouées d’amarrage d’ici 2024 permettant ainsi d’éviter d’envoyer les ancres sur les herbiers. A titre d’exemple, dans la baie de La Ciotat, 30Ha de posidonies ont été perdus en 10 ans. Un voilier ne détruit pas forcément l’herbier en posant sa petite ancre, mais c’est cette action répétée chaque jours par des centaines de bateaux qui conduit, in fine, à sa disparition justifie le parc.

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