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Un mois après, où en est le nettoyage des côtes souillées par le pétrole?

A la mi-octobre, les plages du Var puis celles des Bouches du Rhône étaient souillées par des galettes de pétrole. Un mois après, le nettoyage est bien avancé, mais certaines zones vont nécessiter des mois de travail.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 20/11/2018
Un mois après, où en est le nettoyage des côtes souillées par le pétrole?

Les plages rendues au public

Quasiment toutes les plages ont été rouvertes au public. Seule celle de Pampelonne est fermée sur certains secteurs.

Les plages ont été les premières touchées, mais aussi les premières à être nettoyées. Que ce soit dans le Var, les Bouches du Rhône ou même l’Herault (on a retrouvé du pétrole jusqu’à Palavas), leur nettoyage a été assez rapide.

Les plages du Var les plus touchées ont été nettoyées par l’entreprise spécialisée LeFloch Dépollution. Pour celles peu touchées, ce sont des équipes municipales accompagnées de la Sécurité Civile qui se sont chargées du nettoyage. Ce fut notamment le cas dans les Calanques de Marseille ou à Port de Bouc.

Aujourd’hui, toutes les plages, sauf Pampelonne et celles du Cap Lardier/Taillat sont nettoyées et rouvertes au public.

Aujourd’hui, sur la commune de Ramatuelle, c’est désormais une phase de nettoyage de précision, à la cribleuse.

La situation toujours compliquée sur la presqu’île de Saint Tropez

Le constat est radicalement différent sur les différents caps de la presqu’île de Saint Tropez (Taillat, Lardier, et St Tropez). Les quantités de pétrole sont importantes et nécessitent un nettoyage en profondeur. Il est réalisé par les équipes de Lefloch Dépollution depuis plusieurs semaines déjà.

Ces opérations de nettoyage vont au minimum jusqu’à la fin mars.

C’est un travail de longue haleine, avec des nettoyeurs haute pression d’eau chaude et des absorbeurs de pétrole. Compte tenu du relief, c’est un travail complexe à mettre en œuvre.

Autre difficulté, pour accéder à ces zones, il faut souvent passer par des propriétés privées. Demander l’autorisation des différents propriétaires prend beaucoup de temps.

On va laisser faire la nature sur les autres zones rocheuses

Si la presqu’île de Saint Tropez nécessite un nettoyage en profondeur, avec des karchers et une organisation assez lourde, pour le reste des zones rocheuses, c’est la nature qui va faire son travail.

Dans les parcs nationaux de Port Cros et des Calanques, l’utilisation de ces moyens de nettoyage risquerait de causer davantage de dommages que les quelques boulettes de pétrole.

En raclant la roche, en déployant d’importantes équipes humaines, on risque de fragiliser ces écosystèmes fragiles.

Nicolas Tamic, directeur adjoint du CEDRE, l’organisme de référence pour l’étude des pollutions aux hydrocarbures, explique qu’il est parfois naturel que le pétrole se propage dans la nature. « Il existe des résurgences naturelles au Vénézuela et en Asie dans l’Océan Indien. » Dans ces région, la nature a la capacité à absorber la pollution, à condition bien sûr que les concentrations sont acceptables.