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Interview : quand un graffeur fait connaître son art au Panier

C'est par le plus grand des hasards que nous sommes tombés sur une page facebook : Street Art Tour Marseille le Panier. En fouinant un peu, nous avons découvert que l'initiative venait d'un graffeur passionné. Interview.

Publié par Redac . le 23/10/2015
Interview : quand un graffeur fait connaître son art au Panier

Il est des initiatives peu médiatisées qui mériteraient d'être mieux connues. Des projets portés par des passionnés, des secrets qui se transmettent par le bouche-à-oreille. Il suffit de jeter un rapide coup d'oeil à la page facebook du Street Art Tour Marseille le Panier, pour comprendre que le concept en fait partie. Il suffit de lire les commentaires des visiteurs, de parcourir le descriptif des événements pour comprendre que loin des objectifs commerciaux, les balades proposées s'inscrivent dans une véritable dynamique de transmission. Rencontre avec le porteur du Street Art Tour Marseille le Panier, qui préfère taire son nom pour mieux surprendre ses futurs visiteurs... 

Qui êtes-vous ? Comment vous est venue l'idée de proposer ces "Street Art Tour" ?

"Je suis graffeur et je vis au Panier. J’ai décidé de faire ces visites car je pense que le Panier est chargé en graffiti et en Street Art, qui méritent d'être connus et compris. Je dirige ma visite vers des visiteurs marseillais, pour faire redécouvrir le quartier du Panier déserté par les habitants, mais aussi pour les emmener dans l'univers du Street Art.

L'idée m'est venue en voyant en bas de chez moi des gens qui se prenaient en photo devant nos graffs. Ils nous interpellaient aussi, ils voulaient qu'on leur parle de ce qu'on fait, de nos techniques. J’ai beaucoup de gens du Panier qui participent aux visites. "

"Si le graffiti vient dans les galeries, le street art vient dans la rue."

Des graffeurs proposaient une performance "Live" au MuCEM les 26/27 septembre. L'exposition "Aux Tableaux" offrait la part belle au Street Art. Pensez-vous que le "Street Art" et le "Graffitti" soient suffisamment valorisés ? Que pensez-vous de cette considération ? Le "Street Art" peut-il être cadré ?

"Je pense que le Street Art n'est pas suffisament valorisé, malgré ces initiatives. D'un côté, le Street Art est anarchique. C'est un art anarchique. La majorité des pièces existantes n’ont pas d’autorisations administratives. Ce sont souvent des propriétaires qui nous autorisent à peindre leurs murs, mais la mairie ne nous sollicite pas.

Je pense aussi que le Street Art autorisé est moins intéressant. La démarche du moins est moins intéressante, elle manque de spontanéité. Le graffiti par contre est plus spontané. Ce sont deux choses différentes, deux arts différents. Si le graffiti vient dans les galeries, le street art vient dans la rue."


"Le Street Art est anarchique. C'est un art anarchique."

 

Vous proposez des parcours urbains dans le Panier. Comment se déroulent les visites ?

"Je propose des balades toutes les deux semaines dans le Panier. Chaque circuit dure 2h30 voire plutôt 3 heures. J'accepte au maximum 15 personnes par visite.
Pendant la visite, on parle technique, anecdotes. Ca fait 20 ans que je fais du graffiti. J’explique ce qu’on fait avec une connaissance du milieu, de ses valeurs, de ses codes, des changements et de la répression.

Il arrive aussi que des graffeurs interviennent, en surprise. On parle parfois de la mairie qui distingue les tags et le graff. Il semblerait que pour eux, le tag soit polluant, alors que le graff coloré est positif. Il arrive même que les agents de la voirie gardent les tags, et ne les repeignent pas. C'est un effort plutôt bien."

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