C’est un rendez-vous artistique qui transcende les frontières philosophiques et psychologiques de la nature humaine. Une exposition qui pousse à se remettre en question et à détourner le regard des normes établies pour explorer un rapport au monde plus libre.
« SUSPECTS » n’est pas une simple exposition : elle interroge le rôle de la figure du « trickster » dans l’art moderne, ce personnage subversif et provocateur qui traverse les œuvres d’une trentaine d’artistes dits « perturbateurs ».
La Fondation Vincent van Gogh Arles, fidèle à son éponyme, met en lumière des artistes qui, à l’image de Van Gogh, « brandissent la déchéance comme un étendard », selon Jean de Loisy, l’un des commissaires de l’exposition.
« La naissance de cet art est accompagnée d’un rire aigre », affirme-t-il. Un rire que l’on retrouve dans les œuvres de Gino De Dominicis ou encore dans les provocations sardoniques de Jacques Lizène.
L’exposition explore aussi des artistes qui ont fait de la crise identitaire, de l’excès et de la marginalité une véritable matière artistique. Urs Lüthi, par exemple, détourne sa propre image à travers l’autodérision et le travestissement afin d’exprimer le doute, le malaise et les multiples facettes de son identité. Son travail fait écho aux propres interrogations de Van Gogh sur sa place dans le monde.
Cette exploration de soi se retrouve également chez Luciano Castelli, figure androgyne de la scène underground berlinoise, dont les performances et autoportraits brouillent les frontières du genre et des conventions sociales.
l’exposition rend également hommage à Leigh Bowery, artiste radical des nuits londoniennes des années 1980, célèbre pour ses performances extravagantes et provocatrices. À travers une liberté totale et un goût assumé de l’excès, Bowery a transformé son corps et son image en manifeste artistique, défiant les normes de la mode, de l’art et du spectacle.