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Le Parc National des Calanques alerte sur une mortalité anormale des gorgones

Les récentes plongées au coeur du parc national mettent en évidence un épisode massif de mortalité des gorgones rouges, une variété de la famille du corail, commune en Méditerranée.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 30/08/2022
Le Parc National des Calanques alerte sur une mortalité anormale des gorgones

C'est lors de plongées effectuées les 18 et 19 août dernier qu'il a été constaté une forte mortalité de gorgones rouges au sein du Parc National des Calanques. Parfois, c'est la colonie entière qui a été décimée avec une mortalité qui atteint les 100%. Pour le moment, cette mortalité ne semble pas généralisée. Elle a été constatée dans les parcs nationaux de Port-Cros, des Calanques et dans la Côte Bleue, mais certains secteurs semblent encore épargnés.

Ce phénomène est d'autant plus inquiétant que les plongeurs ont constaté une mortalité d'un coup, après les orages de la mi-août "A des profondeurs de 12 à 30 mètres, les nécroses touchent de nombreuses colonies avec, pour certaines, la disparition totale des tissus vivants. Quelques jours avant l’orage, certaines colonies, aujourd’hui mortes, avaient pourtant été observées en bon état de conservation." explique le Parc National.

 

Quelle est la cause de cette mortalité soudaine?

Dans certaines colonies (Riou et Morgiou), la quasi-totalité des individus est nécrosée. © Patrick Bonhomme, Parc national des Calanques et Fabienne Henry, Narval Plongée

C'est la question que se posent aujourd'hui les chercheurs associés au Parc National. On sait que les températures élevées de la mer, les "canicules marines" affectent directement la santé des gorgones. Hors cet été, la Méditerranée est particulièrement chaude, y compris dans les eaux plus profondes: "nous savons qu’il a fait très chaud en Méditerranée cet été, avec des températures avoisinant les 26-28°C sur de longues périodes jusqu’à 20m, voire 30m de fond." souligne Patrick BONHOMME, Chargé de mission Pêche et Gestion de la biodiversité marine au Parc national des Calanques "Tous les indices pointent vers le réchauffement climatique, avec l’augmentation prolongée de la température de l’eau au-delà du seuil de tolérance des espèces, qui provoque la nécrose de leurs tissus."

Si le principal suspect reste le changement climatique avec cette hausse de la témpérature de l'eau, plusieurs autres causes sont aussi étudiées.

Les grandes nacres, pina nobilis, ont été elles aussi décimées ces dernières années, mais c'est à cause d'un parasite venu des côtes espagnoles. Une maladie ou un agent pathogène pourrait aussi expliquer cette disparition soudaine. Des analyses des gorgones mortes sont actuellement en cours.

La concomitance avec les orages de la mi-août interroge aussi. "L’apport en mer d’une pollution d’origine terrestre est par exemple possible mais l’étendue géographique du phénomène n’invite pas à attribuer l’origine des mortalités à une pollution isolée." tempère Patrick BONHOMME.

Le grand public invité à partager ses signalements

Ce weekend, le Parc National des Calanques organise sa grande opération de recensement "des espèces qui comptent". Les plongeurs sont invités à compter les poissons qu'ils vont croiser, mais un accent particulier sera mis aussi sur ces espèces fragiles.

Car au-delà des gorgones, ce sont d'autres espèces emblématiques qu'il va falloir surveiller de près suite à cette canicule marine: une attention particulière va être donnée sur les oursins, les éponges ou encore le corail rouge, eux aussi très sensibles au réchauffement climatique.

 photo: © Patrick Bonhomme, Parc national des Calanques

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