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Vestiges de la Corderie : la Ministre de la Culture maintient sa position et pense désormais à la valorisation du site

La Ministre de la Culture ne reviendra pas sur la décision de conservation des 635m² du site. Elle invite les marseillais et les collectivités locales à penser maintenant à la valorisation culturelle du lieu.

Publié par Redac . le 07/10/2017
Vestiges de la Corderie : la Ministre de la Culture maintient sa position et pense dsormais  la valorisation du site

"Transmission", "Valorisation", "Déception", Mission, Solution ? Une série de mots qui riment pour un débat qui semble n'en plus finir. La Ministre de la Culture s'est rendue à Marseille ce matin pour visiter le site de la Corderie, et discuter avec les représentants du CIQ  St Victor, Corderie, Tellène. Un rendez-vous très attendu, et "réclamé depuis juin" d'après Mme Gilles présidente du CIQ. Mais aussi et surtout une "déception" (présidente du CIQ) pour les militants pour la sauvegarde totale des vestiges, puisque la Ministre ne cédera pas sur la conservation uniquement des 635m² du site.

"La position tient compte de la valeur scientifique attribuée au lieu. Ces 635 m² préservent la vision de ce site remarquable." Françoise Nyssen

Pour les membres du CIQ, c'est la douche froide. Pourquoi engager une démarche de discussion pour finalement simplement rappeler la décision prise ? A ce sujet, la Ministre de la Culture est très claire : "Je viens car c'est important de venir rencontrer des gens qui posent des questions, je suis dans un processus de concertation et d'échange mais je n'ai pas à revenir sur une décision scientifique." Françoise Nyssen a effectivement largement expliqué sa position à ce sujet, rappelant également qu'elle a elle-même fait de la recherche et travaillé dans l'urbanisme, et en a profité au passage pour dédouaner l'Etat de toute accusation de collusion. "J'ai tenu à dire que les choses se sont faites et que les diagnostics qui ont été réalisés l'ont été dans une grande indépendance, et je ne veux pas prendre les paroles imaginant une quelconque collusion les acteurs. Ce sont des chercheurs qui ont travaillé sur le site", a-t-elle ainsi justifié à la suite de la réunion de concertation.

Pour la Ministre de la Culture il semblerait que le débat sur la possible conservation de l'intégralité des vestiges soit clos. L'heure est désormais à la valorisation. "Visibilité, accessibilité, transmission", doivent devenir les maîtres mots de ces 635 m², et la Ministre en appelle aux marseillais mobilisés, aux collectivités et à l'aménageur, pour réfléchir à des solutions de promotion du site. Pourquoi pas des visites en 3D pour donner une vision de ce qu'était le site à son époque d'exploitation ? La valorisation auprès des scolaires est aussi un sujet qui doit être traité.


Banderole portée par les militants devant la Préfecture ce matin 

"Nous sommes dans un Etat avec une loi de décentralisation qui prévoit que l'urbanisme est du ressort des collectivités locales." Françoise Nyssen

Dans un jeu de balles sans fin, la Ministre relance les collectivités et les invite à se mettre en relation avec l'aménageur pour penser la valorisation du projet selon les trois points susnommés :"Visibilité, accessibilité, transmission". " Le mécontentement est humain mais je veux dire aussi que nous sommes dans un pays de droits, un permis de construire a été accordé, des recours ont été reçus, la position du Ministère de la Culture concerne les fouilles et la surface protégée. Pour le reste nous sommes aussi dans un Etat avec une loi de décentralisation qui prévoit que l'urbanisme est du ressort des collectivités locales. Je demande à la ville et à l'aménageur de se concerter sur un cahier des charges qui mettrait en place des notions de visibilité, d'accessibilité et de transmission."

Visite express et rencontre secrète : la colère gronde...

Déception, colère, incompréhension, la visite de la Ministre de la Culture à Marseille aujourd'hui n'a pas fini de faire couler de l'encre. Premier point de discorde : le secret. Les associations exclues de la réunion qui militent depuis le début pour la sauvegarde du site ont été nombreuses à signaler leur mécontentement. Parmi elles, le la Sppef. Lorsque nous interrogeons Sandrine Rolengo membre de l'association présente devant la Préfecture ce jour au sujet de la non invitation du collectif, elle nous témoigne son incompréhension. "Au début nous étions des acteurs isolés et nous nous sommes adressés au CIQ pour leur demander comment  nous pouvions les aider. Les réponses ne venaient pas et on a monté un collectif, on a trouvé une association parisienne qui souhaitait nous soutenir parce qu'on ne trouvait personne, et les autres associations qui nous soutiennent à Marseille n'avaient pas forcément les statuts pour faire les recours." Sandrine Rolengo nous confie son scepticisme, notamment au sujet de la visite de la Ministre du site ce matin, alors que ce dernier était masqué par du "géotextile". Un point que ne manque pas de souligner également Louis Alesandrini, artiste plasticien très actif sur le sujet. 

Sur cette question la Ministre répond qu'elle "connait bien le dossier". Mais aussi qu'elle a fait sa propre concertation scientifique en posant directement la question à des archéologues de son entourage. Quant à l'exclusion le CIQ représenté par Madame Gilles affirme que Mr Mélenchon et Madame Rolengo ont déjà été reçus par la Ministre, et qu'une réunion à "100 voix crée la cacophonie".

Second point de discorde : la loi. L'article R523-48 modifié par Décret n°2017-156 du 8 février 2017 - art 14, prévoit effectivement qu'en cas de découverte d'importance exceptionnelle lors de travaux, ou d'une opération, le Préfet peut après avis de la commission territoriale de la recherche archéologique requérir une modification du projet de construction initial. (source légifrance) Un point qui renvoie lui aussi une autre balle, cette fois-ci à la qualification du projet. Les vestiges de la Corderie ont-ils au-delà des 635 m² un caractère "exceptionnel" ? Les avis divergent, et la mobilisation pour conserver tout le site n'est pas prête d'être terminée.

 

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