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Pollution des côtes varoises: Plus de 135.000 heures de nettoyage pour les rendre propres comme avant

Après six mois de travail, les opérations de nettoyage prennent fin sur les côtes provençales. Près de 500 tonnes de déchets ont été ramassés. Les côtes sont désormais propres.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 06/04/2019
Pollution des côtes varoises: Plus de 135.000 heures de nettoyage ont été nécessaire pour les rendre propre

Six mois après l’arrivée des galettes de mazout, les plages et côtes varoises sont enfin nettoyées. Il reste encore quelques rochers à terminer, mais ce n'est qu'une histoire de jours. A certains endroits, on peut même affirmer que les plages sont plus propres qu'avant, car cette opération de nettoyage a aussi permis d'évacuer des déchets et anciennes traces de pétrole.

135.000 heures cumulées de nettoyage au total pour la société spécialisée.
130 personnes en moyenne pendant près de six mois, avec une pointe à 230 personnes les premiers jours.
38 km de côtes traitées par l'entreprise spécialisée

A ces heures, il faut aussi rajouter celles de la Marine Nationale pour le pompage en mer et des autorités locales (pompiers, mairie, militaires) qui sont intervenus les premiers jours sur les plages en urgence.

« On ne peut plus dire qu’il n’y en a plus, mais s’il en reste ce serait vraiment minime » explique Jean-Pierre Vanbaelinghem, le Pdg de Le Floch Dépollution. L’entreprise va continuer à travailler encore quelques jours, jusqu’à la fin du mois d’avril. Il faut espérer aussi ne pas avoir de mauvaises surprises cet été. L'image d'enfant tombant sur du pétrole lorsqu'ils vont creuser leur château de sable serait particulièrement désagréable. Les plages ont été traitées en priorité et en profondeur.

Ce vendredi 5 avril, François de Rugy, le Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie était sur les plages de Ramatuelle ce vendredi 5 avril pour constater la fin des travaux de dépollution.

Retour sur six mois de pollution

 

Dimanche 7 octobre 2018, 7h30

Un navire roulier tunisien, Ulysse, rentre en collision avec un porte-conteneurs chypriote, CLS Virginia. Ce dernier est alors au mouillage à environ 28 km au nord-ouest du cap Corse sur un haut fond (100m de fond).
« Environ 1h30 après, l’hélicoptère de la Marine Nationale est sur place » souligne le Préfet Maritime, Charles-Henri du Ché.

 

Lundi 8 octobre

En moins de 24h, six bateaux sont sur zone, dans un premier temps pour venir au secours des équipages et éviter que les navires ne coulent.

 

 

Mardi 9 octobre

Dès le lendemain, le fioul commence à être ramassé en mer par les navires de la Marine Nationale.

 

 

Mardi 16 octobre

Un coup de vent d’est empêche le traitement de la pollution en mer, les premières boulettes arrivent sur les plages de Pampelonne le 16 octobre au matin.
A terre, le plan POLMAR est déclenché immédiatement. Il mobilise 150 personnes : pompiers, militaires, agents communaux pour commencer le rammassage des plaques de pétrole sur les plages souillées. Chaque jour, on découvre de nouvelles plages et côtes touchées.

Le Golfe de Saint Tropez est touché en premier, puis ce sont les Iles d’Hyères, la Seyne. Quelques jours ensuite, c’est le Parc National des Calanques. La pollution continue de s’étendre à l’est, on en retrouve à Port de Bouc, Arles et même vers Sète, mais dans des quantités moindres.

 

26 octobre

Dix jours après l’arrivée des premières galettes sur les plages varoises, l’entreprise Le Floch Dépollution est mandatée par les assureurs des deux navires. Spécialisée dans ce type d’intervention, elle prend le relai des pouvoirs publics. Elle va traiter 38km de côtes.

 

Fin décembre

Dès la fin du mois de décembre, les plages du Golfe de Saint Tropez sont rendues au public, entièrement nettoyées. La priorité a été d’abord mise sur les plages. Plus faciles à traiter, elles sont aussi un poumon économique pour toute la région.

 

Début d'année

Vient ensuite, le fastidieux travail de nettoyage des rochers. Les caps Taillat et Lardier sont particulièrement touchés, et nécessiteront des mois de travail, rocher par rocher. Difficile d’accès, travail périlleux, il aura fallu le concours d’hélicoptères pour accéder à certaines zones.
Dans le même temps, sur certaines zones sensibles, comme dans le Parc des Calanques ou de Port Cros, le choix est fait de laisser la nature faire son travail de nettoyage seul. Relativement moins touchées, ces zones sensibles auraient subit davantage de dommages écologiques par un nettoyage humain que par ces boulettes de pétrole.

 

Avril

Fin des opération de nettoyage, juste avant le début de la saison touristique.

Le bilan des opérations de collecte du pétrole

On estime à 520 mètre cubes, le volume qui s’est échappé des cuves du bateau.

- 450 tonnes ont été pompées en mer, soit 90% 

- 10% est arrivé sur les côtes, mais s’est aussi mélangé avec le sable et les algues présentes sur les plages. Ce qui fait, au final, entre 400 et 500 tonnes de déchets qui  été ramassés sur les côtes, soit l’équivalent de 50 tonnes de pétrole.

Ces déchets ont été retraités et valorisés. Une partie du sable pu être nettoyée. 

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