Faut-il oser faire le premier pas ou attendre que l’autre s’y risque ? Dans un espace domestique devenu impraticable, deux femmes tentent de cohabiter. Le Bonheur clandestin, nouvelle création de la compagnie Ar, met en scène un duo de contorsion, sur et en dehors des clous, qui explore un lieu où le bonheur ne se donne pas immédiatement à voir.
Il ne s’agit ni d’une épreuve d’endurance solitaire ni d’une utilisation de l’autre à des fins personnelles, mais d’une traversée qui suppose la construction d’un échange fragile et délicat, obligeant à inventer une manière de partager le fardeau sans le transférer. La ressemblance avec les fakirs est volontairement détournée. Il n’est pas question ici d’ascèse ou de goût du spectaculaire, mais plutôt de tentatives d’attention. La planche à clous n’est pas un numéro, elle matérialise l’adversité...
Dès lors, la contrainte devient la possibilité d’une expérience de perception et de ralentissement dans une forme d’interdépendance. Le clou du spectacle, c’est la façon dont on tient ensemble dans cette métaphore du monde où il nous faut avancer même quand ça pique.
Alice Rende
Compagnie AR
>Billetterie en ligne : www.lezef.org