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Tortues d'Hermann, espèces rares...le lourd tribu payé par la biodiversité suite à l'incendie du Massif des Maures

"C'est une catastrophe écologique" qui se joue dans le Massif des Maures. La Réserve est l'un des derniers importants lieu d'habitation de la tortue d'Hermann.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 17/08/2021 - Modifié le 18/08/21 13:55
Tortues Hermann, espèces rares...le lourd tribu payé par la biodiversité suite à l'incendie du Massif des Maures

On estime pour l'heure qu'environ la moitié de la réserve naturelle des Maures a été ravagée dans l'incendie des 16, 17 et 18 août 2021. A l'heure où nous rédigeons ces lignes, mercredi 18 août matin, le feu n'est toujours pas maîtrisé. Il a parcouru plus de 7000 hectares et brûlé 5.000 hectares d'après les estimations.

Un désastre pour la biodiversité dans cette zone préservée qui abrite  241 espèces différentes. A cette heure, impossible de quantifier avec exactitude les dégâts. Les acteurs locaux ont pu faire un premier repérage sur les lieux, mais tant que le feu ne sera pas maîtrisé, ils ne pourront dresser un bilan précis du désastre. Le Conservatoire d’espaces naturels de Provence Alpes Côte d’Azur, la Soptom et la Réserve Naturelle Nationale de la Plaine des Maures font état d'un "paysage de désolation"et d'une "catastrophe écologique". 

Plusieurs décès de tortues d'Hermann ont été constatés. Il faudra au moins 3 jours après l'incendie pour mesurer réellement l'ampleur des dégâts.

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Les Tortues d'Hermann en première ligne

Ce sont souvent les plus durement touchées lors des feux de forêt dans les massifs provençaux qui les accueillent. Lors d'un incendie, les tortues ont pour seule solution de s'enterrer, mais avec un feu rapide ( 4km/h) difficile pour ces espèces d'en réchapper.

"Une catastrophe écologique"

Le Massif des Maures est le noyau principal des populations de tortues provençales d'Hermann. C'est même l'un des derniers bastions de ces tortues à l'état sauvage. A titre de comparaison "c'est comme si le rhinocéros blanc était sur une seule réserve et qu'il n'y avait plus de rhinocéros blanc" déclarait Marie-Claude Serra, conservatrice Réserve Naturelle Nationale de la Plaine des Maures, au sujet de la catastrophe.

A cette heure il est impossible de quantifier avec exactitude les décès des tortues d'Hermann.

Comment se déroule le recensement des Tortues d'Hermann ?

Les interventions des équipes sont soumises à la situation et à l'autorisation des pompiers. Elles ne peuvent agir que si la zone est sécurisée. Les équipes progressent et ratissent la zone à la recherche de tortues blessées, intactes ou mortes. Chaque personne doit rester dans le champ de vision de l'autre pour des raisons évidentes de sécurité.

Les tortues blessées sont ramenées au Centre de soins de la faune sauvage de la SOPTOM afin d'être soignées. Les tortues vivantes sont laissées sur place. Elles sont indispensables à la repopulation du milieu.

La population de tortues étant l'une des dernières, elle fait l'objet d'une surveillance et d'un recensement. Chaque année scientifiques et bénévoles estiment la taille de la population avec la méthode statistiques de Capture Marquage Recapture.

La méthode CMR1 est couramment utilisée pour déterminer la taille d'une population animale. Une partie représentative des individus est prélevée, marquée et relâchée à l'endroit précis où elle a été prélevée. 

 

Une tortue sur le lieu de l'incendie ? Les bons gestes à adopter :

Les Massifs ne sont toujours pas ouverts au public. Si vous observez une tortue dans une zone incendiée, il ne faut pas la ramasser. Les tortues peuvent survivre dans des conditions extrêmes sans eau ni nourriture. Les survivantes sont l'avenir de la population de tortues d'Hermann et ne doivent donc pas être prélevées de leur environnement.

Vous pouvez en revanche les hydrater avec une bassine d'eau pendant 5 à 10 minutes.

Si vous trouvez une tortue blessée ou morte, appelez la Soptom :04 94 78 26 41. Les équipes vous indiqueront comment agir.

Des espèces sont plus résilientes que d'autres

Si les tortues sont les premières victimes des incendies, avec les 241 espèces différentes abritées dans la Réserve Naturelle, c'est un drame pour plusieurs années qui s'est joué. Le Massif des Maures accueille,des espèces de lézards, le Narion laurier-rose ou encore le Gattilier ou Poivre sauvage. Des espèces rares et menacées qui ne sont pas les seules dans la Réserve à faire l'objet d'une protection nationale ou régionale et même internationale.

Restaurer la biodiversité, l'accompagner en jouant des atouts naturels c'est un plan sur 10 ans. Lors de l'incendie du Cap Taillat en 2017, les experts estimaient qu'il faudrait entre 10 et 20 ans pour que les paysages désolés laissent place à la végétation que le massif connaissait.

Quelles solutions pour accompagner la reprise de la nature ?

Le feu détruit les espèces mais aussi la terre indispensable à la reprise de la nature. Face à cette situation, les organisations sur le front ont deux options : "laisser faire" la nature, opter pour une intervention humaine avec notamment un reboisement.

Les espèces provençales sont hyperspontanées et ont de bonnes chances de recoloniser les sols. Lors de l'incendie du Cap Taillat, l'option du reboisement avait été exclue malgré la forte présence de pins sur les lieux. Laisser faire la nature pour ne pas dénaturer a été l'option privilégiée. Cette nature avait tout de même était accompagnée de fascines, des restanques qui permettent de retenir la terre.

Au Massif des Maures, il est encore trop tôt pour entrevoir les détails du plan de restauration. Nous pouvons toutefois imaginer que des mesures similaires pourraient être prises.

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