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Renaud Muselier souhaite tester des spectacles et la réouverture des restaurants avec un nouveau protocole sanitaire

Le Président de la Région souhaiterait qu'un spectacle puisse être organisé début février à Marseille afin de mesurer les risques de contamination. Des tests qui pourraient être élargis à tous les lieux de culture, aux stations de ski et aux restaurants.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 19/01/2021
Renaud Muselier souhaite organiser un spectacle test en février à Marseille avec un nouveau protocole sanitaire

« Nous voulons montrer qu’il y a une capacité d’action pour un retour à la vie » expliquait Renaud Muselier ce mardi matin lors de ses vœux à la presse. Et pour cela, il souhaite renouveler l’expérience réalisée à Barcelone avec l’organisation d’un concert à Marseille pour étudier les risques de propagation du virus. Dans la capitale de la Catalogne, un concert à réuni 500 personnes sans qu’aucune n’y soit contaminée.

"Trop souvent, j’ai entendu qu’on ne pouvait pas ouvrir car on ne savait pas vraiment si c’était dangereux ou pas." Renaud Muselier

A Marseille, il pourrait s’agir du spectacle Parallèle 26 qui est organisé dans le cadre de la Biennale Internationale des Arts du Cirque, la représentation aurait lieu le 4 ou le 5 février. L’édition 2021 de ce grand rendez-vous culturel a été annulée pour sa partie publique. Les organisateurs vont donc tenter de reprogrammer en quelques jours ce spectacle pour permettre de réaliser cette expérimentation.

Pour cela, il faudra d’abord obtenir une dérogation de la part du Ministère de la Santé. « Il s’agirait de mesures expérimentales, nous sommes en train de faire un protocole expérimental, en espérant que (le ministère de la Santé) nous donne l’autorisation. » souligne Renaud Muselier.

Il y a quelques jours déjà, l’INSERM avait suggéré la possibilité de réaliser un test en grandeur nature, qui reprendrait le protocole sanitaire établi à Barcelone : Maximum 500 personnes et respect des gestes barrières.

Une expérimentation sur la fiabilité des tests ou sur les risques de contamination lors des spectacles?

Le point clé de cette expérimentation est la nécessité de réaliser un test rapide, PCR ou antigénique, à l’entrée du concert et de laisser rentrer uniquement ceux dont il est négatif.

Pour qu’il y ait une personne contaminée malgré tout au sein du concert, il faudrait donc que l’on soit dès le départ avec un « faux négatif » (une erreur du test) ou une personne contaminée récemment, qui est contagieuse mais pas encore détectable avec un test PCR ou antigénique. Les tests antigéniques sont réputés pour être fiables à 80%. En clair, si une personne a réellement la covid, dans 20% des cas le test sera trompeur et lui indiquera qu’elle ne l’a pas. Pour les PCR, on tombe à moins de 5%.

Si en plus, on y rajoute un protocole sanitaire avec masque et distanciation sociale pendant le spectacle, il y a fort à parier que la possibilité d’y être contaminé y sera quasiment nulle.

Des tests élargis à d’autres secteurs de la culture et des loisirs

Renaud Muselier aimerait également que ce type de test soit réalisés pour mes cinémas, les salles de sport, les événements de type congrès ou encore les stations de ski.

Pour la restauration, l’idée serait de faire un test avec une vingtaine de restaurants « du restaurant étoilé à la brasserie du village, avec des protocoles stricts, appuyés par une expertise scientifique précise qui pourra en tirer des conclusions claires».

Des tests seraient réalisés avant et après le passage des clients, dans le respect des gestes barrières.

« Si on est capable de donner du placebo à des patients COVID pour s’assurer qu’un traitement marche ou non, alors on doit pouvoir faire des expérimentations sur la base du volontariat qui permettront de sauver notre vie économique et sociale !» explique l’élu. La Région souhaite s'impliquer dans l'organisation et le financement de ces tests et s'appuyer sur une expertise scientifique de l'INSERM ou d'un institut capable.

« Je veux montrer qu’avec des gens testés négatifs, on peut organiser des spectacles » Renaud Muselier

 

Un nouveau protocole sanitaire qui pose de multiples questions

Quel est le prix de la réouverture des secteurs des loisirs et de la culture ? Car s’il faut réaliser un test avant d’aller au cinéma ou boire un verre, la question du financement de ces tests covid « de confort » risque de se poser rapidement.

Aujourd’hui, les tests antigéniques coûtent 34€ et sont remboursés à 100% par l’Assurance Maladie.

Certes, certains spectacles culturels sont largement subventionnés, et on peut retrouver un montant comparable ramené au prix d’achat d’un billet de théâtre ou de danse. Et ce montant reste aussi à remettre en perspective avec le soutien de l'état pour indemniser les établissements fermés.

Il y a aussi la question logistique : Tester 500 personnes d’un coup peut prendre un certain temps. Par exemple, à l’aéroport Marseille Provence, quand les tests étaient réalisés obligatoirement à l’arrivée de certains vols, ils arrivaient difficilement à tester plus de 150 personnes par heure. Renaud Muselier plaide pour la diffusion d’auto-tests. Désormais plus besoin de passer par un labo ou une pharmacie, à l’image d’un test de grossesse, chacun serait capable de réaliser soit même un test. Là aussi, il faut que le ministère de la santé valide ces dispositifs.

Enfin, la nécessite de présenter un test négatif pour accéder à un restaurant ou un spectacle amène directement à un autre débat : celui du passeport vaccinal. Réserver l’accès aux secteurs de la culture et des loisirs aux personnes négatives à la covid, c’est se rapprocher de l’idée d’un passeport sanitaire obligatoire. C’est déjà le cas pour les déplacements à l’étranger et dans certaines régions où il faut déjà présenter un test négatif. Il est probable que les personnes vaccinées en soient rapidement dispensées.

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