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Les fouilles de la Corderie seront accessibles 9 jours par an

La ville de Marseille doit voter lundi une convention avec Vinci pour déterminer les conditions d'accès du public aux vestiges sauvegardés.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 06/12/2017
Les fouilles de la Corderie seront accessibles 9 jours par an

C'était la promesse de la Ministre de la Culture, Françoise Nyssen : "garantir la visibilité et une meilleure restitution des vestiges conservés, de favoriser leur accessibilité et de développer les médiations à destination des publics". Dans son communiqué de septembre, elle souhaitait notamment que " des visites à destination des élèves des écoles, des étudiants, et du public, via l'Office municipal de tourisme, soient organisées régulièrement".

Dans les faits, la réalité sera bien différente : la ville de Marseille doit voter lundi 11 décembre en conseil municipal une convention avec Vinci ( exactement la SCCV Marseille Corderie ) en vue de définir les conditions d'accès. Fini les visites régulières organisées par l'Office du Tourisme, le public ne pourra approcher les vestiges que 9 jours maximum par an, et plus exactement durant 3 fois 3 jours. Les scolaires eux, auront droit à une seule journée par mois.

Les points clés de cette convention :

3x3 jours de visites accompagnées pour le grand public par an, à l’occasion d’événements culturels exceptionnels en lien avec le patrimoine ou l’archéologie (du type journée nationale de l’archéologie ou journée européenne du patrimoine).

Une visite organisée par mois maximum pour les scolaires

Maximum 30 personnes par visite (scolaires compris)

Uniquement entre 10h et 17h

Les visites doivent être planifiées au minimum 30 jours avant et expliquer le motif de la visite

 

La ville se défend d'être à l'origine de ces conditions très restrictives. Jean-Claude Gondart, le Directeur Général des Services précise que "c'est l'état qui a la main sur ce dossier et c'est lui qui a fixé les servitudes" tout en rappelant que ces conditions seraient si besoin révisables par la suite, mais doutant de l'intérêt du public pour ces vestiges : "Une fois passé le tourbillon médiatique, plus grand monde ne souhaitera y aller".

Du côté de l'opposition socialiste, on critique une "confiscation d'un site préservé" selon Eugène Caselli. "Comment vont faire les classes de plus de 30 élèves ? Le site est condamné, il va devenir un terrain vague, coincé entre une barre d'immeuble et les remparts. Le métier de Vinci est de construire la ville, ils ont là le témoignage de ceux qui ont fait leur métier il y a 2600 ans, et ils le détruisent ! C'est fou !" souligne le chef de file de l'opposition PS Benoît Payan. 

Reste également à définir quand et comment sera construit le "belvédère" ? Il devrait permettre lui de voir les vestiges de manière permanente, toute l'année. Deux options sont envisagées : utiliser la terrasse du restaurant situé dans le jardin de la colline Puget. "Mais il faudra prendre des jumelles !" expliquent les opposants au projet car il est situé à plusieurs dizaine de mètres des fouilles. L'autre solution serait de construire un mirador sur l'actuel terrain de boules. Là aussi, de nouvelles questions se posent : une telle construction devra obtenir un permis de construire. A quelques mètres d'un site désormais classé, l'affaire est loin d'être gagnée.