chargement en cours

Du Guimard à Chanel : le Château Borély plonge Marseille au coeur de l'Art nouveau et de l'Art déco

Publié par Pauline le 21/05/2026 - Mis à jour le 21/05/26 09:51
Du Guimard à Chanel : le Château Borély plonge Marseille au c?

Près de 300 oeuvres exceptionnelles, des prêts du musée d'Orsay, de Sèvres, de Chanel ou de la Fondation Alaïa. Le Château Borély signe l'exposition la plus ambitieuse de la saison culturelle marseillaise.

Ouverte depuis le 8 mai 2026 et visible jusqu'au 25 avril 2027, Art nouveau, Art déco convoque près de 300 œuvres pour raconter un demi-siècle de révolution esthétique — et replacer Marseille exactement là où elle mérite d'être : au cœur de l'histoire.

1889-1937 : quand les formes ont tout changé


Tout commence avec une date, 1889, et une ambition : traverser la période la plus fertile de l'histoire des arts décoratifs européens, des arabesques organiques de la Belle Époque aux lignes géométriques et sobres du modernisme des années 1930. L'exposition ne cherche pas à opposer Art nouveau et Art déco comme deux ennemis esthétiques, mais à en déplier les correspondances, les glissements, les points de tension. Entre les deux, ce n'est pas seulement un changement de style qui s'opère — c'est une transformation profonde de la façon dont on conçoit les objets, les espaces, les vêtements et, au fond, la vie quotidienne elle-même.

Le parcours, thématique plutôt que purement chronologique, s'adapte à l'écrin exceptionnel du Château Borély. Certaines salles plongent dans le foisonnement de l'Art nouveau — le végétal, l'univers marin, la figure féminine comme motif central — tandis que d'autres font basculer le regard vers la stylisation géométrique, l'élégance sobre et l'imaginaire du voyage propres à l'Art déco. Entre les deux, une transition progressive que les artistes eux-mêmes ont vécue : les membres de l'École de Nancy, Gallé, Majorelle, Daum, qui ont dû réinventer leur vocabulaire après la mort de leur fondateur et l'onde de choc de la Première Guerre mondiale.

Des œuvres venues des plus grandes institutions

Pour construire ce panorama, le Château Borély a bénéficié du concours de partenaires de premier rang : le musée d'Orsay, les Manufactures nationales Sèvres & Mobilier national, le musée de l'École de Nancy, le Musée Lalique, mais aussi Chanel — direction du patrimoine — et la Fondation Azzedine Alaïa. Des pièces inédites des collections marseillaises viennent s'y mêler, dont un cabinet en bois d'amboine, acajou et ivoire réalisé vers 1930 par les ateliers David Frères — une maison fondée à Marseille au milieu du XIXe siècle, qui a équipé les cabines de première classe du paquebot le Maréchal Joffre — et qui intègre en 2026 les collections permanentes du musée. Une acquisition qui dit, à elle seule, tout du projet scientifique de cette exposition.

Des noms qui résonnent traversent les salles : René Lalique, Jean Dunand, Jacques-Émile Ruhlmann, Émile Gallé, Louis Majorelle, Mariano Fortuny, Gabrielle Chanel, Madeleine Vionnet, Jean Patou, Paul Poiret… La mode y occupe une place à part entière, révélant l'évolution du rôle des femmes autant que celle du goût — des lignes souples du tournant du siècle aux silhouettes modernistes des Années folles.

Marseille, carrefour discret mais décisif


L'une des grandes forces de l'exposition est de ne pas se contenter de raconter Paris et Nancy. Elle replace Marseille dans l'histoire — non comme un simple récepteur des courants venus du Nord, mais comme un espace de diffusion, d'adaptation et de réinterprétation singulière. La ville n'a pas constitué un foyer structuré de l'Art nouveau, mais elle en a accueilli les formes dans ses intérieurs bourgeois, ses façades, ses affiches. Le Marseillais David Dellepiane, formé auprès de Jules Chéret à Paris, en est l'incarnation : ses lithographies pour l'Exposition internationale d'électricité de 1908 ou le Salon de l'Automobile de 1913 ont popularisé les codes du style dans l'espace public de la cité phocéenne.


L'Art déco, lui, a trouvé à Marseille un terrain autrement plus fertile. Le port, premier port de l'Empire colonial français, alimentait un imaginaire du voyage et de l'ailleurs — paquebots de la Compagnie des Messageries Maritimes décorés de motifs inspirés de l'Égypte antique, trains PLM reliant Paris à la Méditerranée en wagons de luxe, céramiques des ateliers d'Aubagne ou de Saint-Jean-du-Désert ancrées dans l'imaginaire provençal. L'Opéra reconstruit par Gaston Castel en 1924, la fontaine « Poissons » de Lalique, les mosaïques des ateliers Patrizio dans les cafés de la ville : l'Art déco a bel et bien habité Marseille.

Autour de l'expo : Une programmation culturelle dense pour tous les publics


L'exposition ne se visite pas seule. Autour d'elle, le Château Borély déploie une programmation ambitieuse :
visites commentées, visites sensorielles et en LSF, ateliers pour les enfants dès 2 ans (le Safari Nouveau pour les 4-7 ans, La courbe ou la ligne pour les 8-12 ans, Affiche ton style pour les 9-14 ans), jeux de rôle pour les adolescents.

L'Office de tourisme de Marseille propose également, tous les premiers mardis du mois à partir du 2 juin, un parcours urbain pédestre de deux heures dans les quartiers marqués par ces deux styles.

À noter dans les agendas : la Nuit européenne des Musées le 23 mai, avec une déambulation de poésie sonore créée par Iris Le Fur mêlant textes et beatbox ; et une nocturne festive le 28 mai — DJ set, jazz band, défilé de mode, ateliers et mapping — ouverte à tous.

 

   

 

Tarif plein : 6 € / Tarif réduit : 3 €

Gratuit le 1er jour de l'exposition et chaque premier dimanche du mois

 

Plus d'infos sur l'expo

agenda
Du 8 mai 2026 au 25 avril 2027
>
Tarif
6/3€
Connectez-vous pour voir vos amis qui veulent y aller.
Je veux y aller !
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies.