Portée par l'Institut français sous l'égide des ministères de la Culture et des Affaires étrangères, la Saison Méditerranée 2026 s'annonce comme l'événement culturel de l'année dans la Région Sud.
Voici ce que vous ne pouvez pas rater.
Annoncée par le Président de la République en juin 2023, la Saison Méditerranée 2026 se déploie du 15 mai au 31 octobre à travers toute la France — et bien au-delà. Plus de 200 événements artistiques et culturels y sont programmés, des grandes métropoles aux territoires ruraux, en lien avec les partenaires du bassin méditerranéen.
Mais c'est à Marseille que tout commence. La ville-monde, port historique au carrefour des civilisations, incarne parfaitement l'identité de cette saison : circulations, métissages, inventions.
Pendant dix jours, autour du fil conducteur "Arriver, Partir, Revenir", la cité phocéenne se transforme en laboratoire culturel vivant, ouvert à toutes et tous, gratuit pour l'essentiel.
Les thématiques qui traversent l'ensemble de la programmation sont résolument contemporaines : les utopies spéculatives, les identités plurielles, les spiritualités contemporaines, l'histoire collective des migrations et la construction des récits. De quoi nourrir les esprits autant que les sens.
Vendredi 15 mai à 19h30 — Jardin du Pharo (7e) — Entrée libre sur réservation
C'est le coup d'envoi que tout le monde attend. Pour ouvrir la Saison Méditerranée, Marseille a vu grand : un concert gratuit en plein air au Jardin du Pharo, avec vue sur la mer, réunissant deux artistes dont les univers se percutent et se magnifient.
Sofiane Saidi, surnommé le "prince du raï 3.0", a fait ses premières armes dans les cabarets de Sidi Bel Abbès, dans le nord-ouest de l'Algérie, avant de réinventer un genre entier.
Face à lui — ou plutôt à ses côtés —, Camélia Jordana, descendante d'immigrés algériens et amazigh, voix aussi libre que puissante. Ensemble, entourés de musiciens soigneusement choisis, ils rendent hommage aux femmes Médahates, ces figures oubliées qui animaient les fêtes familiales de l'ouest algérien.
Une tradition rurale devenue l'une des sources historiques du raï. Un hommage vibrant à l'Algérie, aux femmes, et à la musique comme acte de résistance.
Avant le concert, place au DJ set de KasbaH, producteur et explorateur sonore marseillais, qui mêle souvenirs de voyage, sons captés dans la nature et musiques traditionnelles réinventées pour la culture club.
La soirée commence dès 19h30
Samedi 16 mai, de 9h30 à 20h30 — Dans toute la ville — Gratuit
Le lendemain du concert d'ouverture, Marseille se transforme en musée à ciel ouvert. Une dizaine de vernissages simultanés jalonnent la ville, du Pharo au Château d'If, de la Vieille Charité au Centre Photographique.
Une seule journée pour embrasser des univers radicalement différents — et pourtant reliés par la même mer.
9h30 — Jardin du Pharo : Mar Nostro – Notre Mer, collectif UV LAB
À l'entrée du Pharo, une sculpture monumentale vous accueille jusqu'au 31 octobre : un pavillon ouvert, conçu comme une coquille poreuse articulée autour de trois grandes ouvertures — les trois continents du bassin méditerranéen. L'Afrique, l'Asie, l'Europe. Pas des façades symboliques : des seuils réels, des invitations à traverser, à circuler librement. UV LAB, collectif international né en 2014 sur la route entre la Syrie et la France, signe là une œuvre sur la Méditerranée comme territoire de passage plutôt que de frontières.
9h30 — [mac] Musée d'Art Contemporain : AFRICA, Louisa Babari
L'exposition phare de l'été marseillais. L'artiste française d'origine algérienne et russe Louisa Babari investit le [mac] avec une proposition immersive qui explore les strates antiques et mythologiques de l'Afrique du Nord. Photographies, œuvres plastiques, créations sonores : histoire, fiction et mémoire se croisent dans un parcours envoûtant. Accompagnée de la création sonore Voix Publiques, réalisée avec le centre d'art Rhizome en Algérie. À voir jusqu'au 3 janvier 2027.
Exposition labellisée Grand Arles Express.
12h30 — Château d'If : Mon plus beau plan fixe, Hassen Ferhani
Prenez le bateau. Le cinéaste franco-algérien Hassen Ferhani investit trois espaces du légendaire Château d'If avec des œuvres sonores évocatrices qui interrogent l'isolement, l'horizon et l'évasion. Un artiste qui a choisi de travailler le son plutôt que l'image — pour laisser toute la place au sensible et à l'imaginaire.
À découvrir jusqu'au 20 septembre.
14h — La Compagnie, lieu de création : Ses racines s'étendent jusqu'à 7 000 km
Une exposition collective puissante, portée par cinq artistes (Mouna Ahizoune, Nouria Behloul, Raed Issa, Lola Sahar, Oumayma Abouzid Souali) qui relient Palestine, Algérie, Maroc et France dans un tourbillon de racines invisibles, d'histoires coloniales et de rêves de réparation.
En partenariat avec la Résidence Daret (Maroc).
Jusqu'au 29 août.
15h15 — Centre Photographique Marseille : Photo Kegham de Gaza, une archive inachevable
L'histoire bouleversante de Kegham Djeghalian Sr. (1915-1981), rescapé du génocide arménien devenu le premier photographe professionnel de Gaza, documentant la ville pendant près de 40 ans. Son petit-fils, Kegham Djeghalian Jr., a retrouvé ses négatifs dans des placards familiaux au Caire et en a tiré une exposition qui refuse les dates et les légendes pour mieux interroger la nature même de l'archive.
Une unmade archive : ouverte, vivante, inachevable.
Jusqu'au 12 septembre.
16h30 — Jeanne Barret : Déplacer le silence, 40 artistes et poète·sses de Gaza
Quarante artistes palestinien·nes, soutenu·es par le collectif Ma'an for Gaza, exposent leurs créations nées sous la guerre : dessins, peintures, sculptures, vidéos, poèmes, films d'animation. Une ode à la dignité créatrice, en écho au symposium Gaza face à l'anéantissement qui se tiendra au Mucem les 21 et 22 mai. Jusqu'au 5 juin.
17h30 — Château de Servières : Mémoire en transit, Elias Kurdy
Un parcours géographique et symbolique entre Damas, Beyrouth et Marseille. L'artiste Elias Kurdy explore, à travers sculptures et trompe-l'œil, la circulation des objets archéologiques et les déplacements forcés des populations. Une archéologie poétique qui interroge la manière dont l'histoire est construite et transmise.
Jusqu'au 31 octobre.
19h — Centre de la Vieille Charité : Dormir comme le soleil, Adrien Vescovi
Pour clore ce parcours en beauté, l'artiste Adrien Vescovi investit l'intégralité du Centre de la Vieille Charité — la chapelle, les coursives, le monument entier — avec une installation textile inédite à l'échelle du bâtiment de Pierre Puget. Un dialogue entre art contemporain, architecture du XVIIe siècle et savoir-faire artisanaux méditerranéens.
Jusqu'au 10 janvier 2027.
20h30 — J4 : Re-lighthouse, Shareef Sarhan (allumage)
En fin de soirée, face à la mer, s'allume Re-lighthouse : une sculpture lumineuse monumentale de l'artiste palestinien Shareef Sarhan, construite à partir de débris recyclés. Née au port de Gaza, cette œuvre commence sa traversée vers Marseille avant de parcourir la France et l'Europe. Jusqu'au 24 mai.
Du 15 mai au 25 octobre 2026 — La Citadelle, Marseille
Il y a des lieux qui parlent avant même qu'on y entre. La Citadelle de Marseille est de ceux-là. Entre 1939 et 1942, elle servait de prison politique. C'est là qu'était détenu Habib Bourguiba, le leader indépendantiste tunisien, avant de devenir le premier président de la Tunisie.
C'est précisément à partir de cette mémoire enfouie que deux artistes — Saber Zammouri et Ugo Mir Valette — ont été invités à produire des œuvres inédites. Le projet Résistances & Désobéissances aborde de front les questions décoloniales et mémorielles, avec des méthodes alternatives de collecte d'archives et des médiums numériques. La Citadelle dispose de peu d'archives sur cette période.
Elle a donc croisé son patrimoine avec des recherches universitaires pour reconstituer l'histoire, invoquant la création artistique pour donner corps à une archive immatérielle et réinventer les lieux de l'oppression en espaces de mémoire et de résistance. Les œuvres créées à Marseille seront ensuite présentées à Tunis.
Une circulation symbolique et nécessaire entre les deux rives. En partenariat avec le Centre d'art B7L9 / Fondation Kamel Lazaar, Museum Lab, l'IRMC en Tunisie, l'Iremam et la biennale CHRONIQUES (Marseille).
Un weekend de rencontres et de performances avec les artistes du projet Mondes marins de la Fondation Camargo est également prévu autour du vernissage du 15 mai.
Vendredi 23 mai de 18h à 1h — Grand Port Maritime de Marseille (2e) — Gratuit sur réservation
Imaginez : les docks du Grand Port de Marseille ouverts à toutes et tous, une nuit entière, jusqu'à l'aube. C'est la promesse folle et magnifique du 23 mai.
18h — Le repas méditerranéen (payant)
La soirée commence à table. Les Grandes Tables / ICI les cuisines de l'extraordinaire proposent un repas méditerranéen conçu pour l'occasion. Se retrouver autour de la nourriture, avant que la nuit ne commence.
21h — La Symphonie Portuaire (gratuit sur réservation)
Puis vient la musique. Une fanfare immense et collaborative, condensé sonore de toute la Méditerranée : de la Sicile aux Balkans, de la Kabylie à l'Andalousie, de la Turquie à la Camargue. Le Campus Art Méditerranée, sous la direction du musicien Raphaël Imbert, rassemble amateurs, professionnels et solistes autour d'un répertoire riche en traditions orales. La polyphonie se mêle alors aux sirènes géantes de la compagnie Mécanique Vivante — un dispositif scénographique et acoustique spectaculaire pensé pour l'espace du port. Vents, cuivres, chants, oralité, prière, fête : tout se confond dans un grand final collectif.
22h30 — Tarab, d'Éric Minh Cuong Castaing (Cie Shonen)
(gratuit sur réservation)
Tarab : en arabe, une extase, une communion des sens entre spectateur et interprète qui invite les corps au mouvement dans une envolée proche de la transe. Le chorégraphe Éric Minh Cuong Castaing plonge le public dans la culture musicale et poétique contemporaine du Levant, autour de la danse dabké revisitée.
En collaboration avec Rayess Bek et des danseur·euses de la diaspora du Levant. Le port de Marseille comme scène de transe collective, jusqu'à 1h du matin.
Réservation indispensable sur saisonmediterranee2026.com
Samedi 23 mai de 18h à 01h au Grand Port Maritime de Marseille
– accès par le Port Center (24 boulevard Jacques Saadé, 13002 Marseille / GPS : 43.30097 / 5.364128)
Entrée libre - Gratuit - Tout public
Voici le meilleur de la programmation musicale et scénique, en entrée libre pour la plupart.
19h30 — Jardin du Pharo — Gratuit
Le concert d'ouverture de la Saison, et il s'annonce exceptionnel. Le "prince du raï 3.0" et la chanteuse franco-algérienne unissent leurs univers pour rendre hommage aux femmes Médahates, figures oubliées des fêtes de l'ouest algérien et sources historiques du raï. Entre liberté et glamour, un hommage vibrant à l'Algérie, aux femmes et à la musique comme acte de résistance. Précédé d'un DJ set de KasbaH.
19h — Jardin du Pharo — Gratuit
Trois femmes, trois générations, une révolution sonore. La légende marocaine du chaâbi Najat Aatabou, la Tunisienne Emel et son électro trip-pop envoûtante, et la rappeuse franco-egypto-marocaine Nayra : un plateau 100 % féminin et méditerranéen qui redéfinit la création contemporaine.
15h — Espace Mistral, l'Estaque — Gratuit
La fête populaire débarque dans ce quartier emblématique au pied des quartiers nord. Des artistes venus de Naples et d'Algérie, engagés dans la préservation des traditions collectives, pour un après-midi placé sous le signe du partage et du métissage. Le concert est précédé d'une sardinade offerte par la Mairie des 15/16.
19h30 — Centre de la Vieille Charité — Gratuit
Une performance musicale hors du commun : la rencontre inédite entre l'ensemble égyptien Mazaher, porteur de la tradition du Zâr, et des artistes des héritages gnawa du Maroc. Deux traditions de transe et de guérison issues des routes de l'esclavage et de l'exil qui cherchent, ensemble, un langage commun.
21h — Mucem, Fort Saint-Jean — Gratuit sur réservation
Le metteur en scène Mohamed El Khatib fait monter sur scène des mères méditerranéennes — grecques, marocaines, syriennes — pour qu'elles prennent enfin la parole. Une performance monumentale mêlant scène, film et archives vivantes, à la lisière de l'intime et du politique. Réservation sur saisonmediterranee2026.com.
19h — Digue du Large, Grand Port Maritime — Gratuit sur réservation
Que se passe-t-il durant ces 24 heures de bateau entre Alger et Marseille ? Le metteur en scène Sébastien Kheroufi a demandé à six auteurs algériens et français d'écrire depuis cette traversée, cet entre-deux, cet exil. Une performance sur le temps suspendu, les doubles cultures, les histoires qu'on se raconte autrement.
19h — J4 — Gratuit
Plus d'une centaine d'amateurs mêlés à des danseurs professionnels pour une performance chorégraphique participative dans l'espace public. Le chorégraphe marocain, fondateur du festival On Marche à Marrakech, transpose son projet à Marseille : tous les âges, tous les corps, sans prérequis. Danser jusqu'à l'épuisement, passer d'un corps politique à un corps poétique.
Plusieurs lieux — Gratuit
Un monologue politique et culinaire : une comédienne libanaise raconte son pays à travers la recette du taboulé. Entre humour, intime et chaos politique, une performance légère et acidulée, servie en trois soirées dans trois lieux différents de la ville (Cantine 13 Solidaires le 19, Couvent Levat le 20, Le LICA le 21).
23h30 — Friche la Belle de Mai
Pour clore la séquence d'ouverture en beauté : une œuvre multidisciplinaire qui mêle musique électronique, danse et film pour explorer les nouvelles mythologies arabo-amazighes. Mahragan, raï waiwai, breakdance amazigh, imaginaire visuel du cinéma égyptien des années 50 — la Méditerranée comme espace de transformation culturelle.
Téléchargez le programme complet de l'ouverture du 15 au 24 mai à Marseille