Entre industrie et biodiversité, le Port de Marseille Fos réaffirme son ambition écologique : Un projet scientifique d'envergure vient d'être lancé pour sauver la flèche de la Gracieuse, une barrière de sable de 6 km devenue vitale mais aujourd'hui menacée.
Depuis 2017, le Port a pris un tournant historique en décrétant la préservation de ses espaces. Sur un domaine immense, ce sont 4 400 hectares d’espaces naturels qui sont sanctuarisés (sur un total de 8800 hectares aménagés). Comme le rappelle Anastasia Touati, Directrice de la valorisation du patrimoine, l'objectif est clair : garder ces zones intactes, qu’il s’agisse de steppes salées, d’étangs ou de fleuves.
Le Directeur Général du port s’est engagé personnellement : la priorité est aux solutions fondées sur la nature pour protéger les activités maritimes des bassins Ouest.
Située à l’entrée du Golfe de Fos, la flèche de la Gracieuse est une formation semi-naturelle unique. Longue de 6 km, elle abrite une biodiversité exceptionnelle :
Le constat sur le terrain est préoccupant. Audrey, chef de projet « Gracieuse », observe les stigmates du temps et des éléments :
Face à ces tempêtes de plus en plus violentes et au recul du rivage lié à la proximité du Rhône, le Port ne reste pas passif. Le programme de Recherche & Développement « La Gracieuse, dune vivante » est lancé avec un budget de 535 000 €.
Il s'agit d'une démarche collective impliquant un comité technique et de pilotage, soutenu par la Métropole. Ce marché de R&D doit permettre de comprendre si l'artificialisation du littoral aggrave les phénomènes météo et, surtout, de trouver comment aider les touffes de végétation et les micro-dunes à se reformer naturellement.
Si la flèche de la Gracieuse disparaît, c'est la première ligne de défense des bassins Ouest qui s'effondre. Elle protège les terminaux, l'économie locale et les activités de conchyliculture des assauts de la mer.
Réparer cette « barrière naturelle », c’est assurer l’avenir du port tout en sauvant un patrimoine écologique inestimable.