Dans un précédent article nous vous disions que les festivals cherchaient pour la danse les voies du futur, bien pas de panique Marseille a sa réponse.
Avec « Vertical road » Akram Kahn nous emporte loin très loin de tout et pourtant tout près nous. Le sens de la notion même de création est remis en question . Qui du créateur de la créature inspire l'autre ...(tiens je me fredonne du M là...pas vous ?)
Les anges veillent-ils sur nous, sont ils juste nos consciences du bien, de l'autre...
Oui bien sûr on peut philosopher des pages sur « Vertical Road », mais on peut aussi se laisser porter par la virtuosité des danseurs, leurs interprétations incroyablement sensibles et justes, la délicatesse et la perfection des images d'Akram Khan .
L'inventivité et la modernité des images esthétiques ne seraient pourtant pas si impressionnantes, si elles n'étaient servies et précédées des ces temps d'ensemble parfaits, d'une puissance et d'une rapidité d'exécution d'un autre monde ; celui d'Akram Khan.
Et le monde d'Akram Khan de quoi est- il fait ? Dans Vertical road il est fait d'une mise scène novatrice, d'une mise en lumière qui n'est que poésie, de costumes aussi élégants que Karl L. soi même les souhaiterait, et surtout et avant tout de la musique de Nithin Shawney. Ces deux êtres étaient faits pour se rencontrer et, le fruit de leur rencontre est fait pour toucher nos cœurs, et inpirer les merveilleux jeunes interprètes de la compagnie.
Un groupe qui se meut comme une tribu à la ville comme à la scène, tous si différents, tous si solidaires, tous des techniciens d'exception faut il le rappeler... car tout cet univers chorégraphique complexe dans leurs mouvement nous semble si facile, si palpable, presque accessible...alors ça et là une quintuple pirouette ou une chute des plus acrobatique et des plus silencieuses, nous rappelle que nous sommes de pauvres humains et que oui finalement ce sont bien des anges voilà tout.
Alors oui cet ovation debout était le minimum pour juste dire merci pour ce partage, ce n'est pas tous les jours qu'on voit danser les anges après tout...
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Agnès Rosa-sentinella
photo : R.Haughton