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Revolver - l'interview

Belle découverte que cette "Pop de chambre". Ce joli coup de coeur, c'est un coup de Revolver ! Rencontre.

Publié par Redac . le 22/11/2009 - Mis à jour le 03/09/13 15:26
Revolver - l'interview

Comment est né le groupe Revolver ?
Ambroise Willaume - Christophe et moi nous nous sommes rencontrés au lycée et on a commencé à faire de la guitare ensemble à ce moment-là, vers 15-16 ans. Christophe m’a appris la guitare et moi je lui ai appris à chanter, ça s’est un peu passé comme ça. On travaillait Simon & Garfunfel, des choses dans le genre. Par contre, Jérémie et moi, on s’est rencontrés plus tôt, on avait 6 ans. C’était à la Maîtrise de notre Dame de Paris et c’est là-bas qu’on a reçu une formation musicale classique. On s’est retrouvés ensemble beaucoup plus tard. Avec Christophe, on a commencé à composer des chansons ensemble, à faire des petits concerts dans des bars où on faisait des reprises, des chansons et c’est au moment d’enregistrer notre première maquette que Jérémie nous a vraiment rejoint et qu’on a crée Revolver.

Jérémie et toi venez du classique et Christophe avait plus un univers plus rock. Comment avez-vous travaillé cette harmonie entre les deux styles qu’on retrouve régulièrement dans vos chansons ?
Disons que c’est peut-être moi qui ai fait un petit peu le lien, le pont entre les deux univers puisque j’avais les deux cultures : d’un côté, la culture pop et folk avec Christophe qui tournait beaucoup autour d’Elliot Smith, de Simon & Garfunkel et de l’autre côté, avec Jérémie on avait l’éducation de la musique chorale en commun et de la polyphonie classique. Disons que le pont s’est fait naturellement puisqu’ils ont appris à s’éduquer un peu l’un l’autre, mutuellement, chacun dans leur style respectif.

Comment définiriez-vous votre style ?
On a trouvé cette expression de « Pop de chambre » qui définit assez bien notre musique, c’est-à-dire l’influence de musique classique, le côté musique de chambre, et puis de pop parce qu’on fait des chansons en anglais.

Elliot Smith est l’une de vos principales influences ?
Elliot Smith ça a vraiment été une révélation, pour nous ça a été un déclic. Avec Christophe, surtout au départ, ça nous a beaucoup décomplexés, on a trouvé une espèce de grand frère qui nous a un peu ouvert la voie.

Comment vous est venue cette fascination pour l’Amérique que vous évoquez souvent dans vos chansons ? Est-ce par la musique, les voyages ?
On a pas vraiment de fascination pour l’Amérique, disons que c’est plus la musique anglo-saxonne en général qui nous a influencé. La musique de certains groupes américains très marquée par les grands espaces comme Johansson, par exemple. On n’a pas vraiment de fantasmes mais disons qu’on aimerait bien jouer aux Etats-Unis, faire des tournées là-bas mais on pas fait un disque nostalgique de l’Amérique. On est bien dans notre environnement parisien.

Par votre style, vous rejoignez des groupes anglo-saxons tels Fleet Floxes ou The Choral. Votre musique se détache-t-elle de toute influence française ou avez-vous une référence ?
Très peu. C’est un peu pour ça qu’on chante en anglais. On a quasiment aucune référence française. On a toujours écouté de la musique anglaise, toute notre jeunesse. C’est la pop anglo-saxonne qui nous a formés.

Votre musique tranche radicalement avec votre époque. Où vous situez-vous dans la scène française ? Comme, par exemple par rapport aux Second Sex ou les BB Brunes ?
Le mouvement Baby Rocker ne nous est pas trop familier. Ce n’est pas quelque chose qui nous attire particulièrement. On fait notre musique, on ne se situe pas particulièrement par rapport à une mode. On a juste nos chansons à faire et on dit ce qu’on a à dire. Mais c’est vrai qu’on ne se sent pas très proches d’une scène précise actuellement, plus des Fleet Floxes ou Empire Weekend qui semblent suivre un chemin qui nous évoque plus de choses.

Vous vous considérez donc en décalage par rapports à d’autres groupes?
En quelque sorte, oui.

Entre l’EP et votre premier album, « Music for a while », y’a-t-il une différence, une évolution ?
La différence principale est qu’il y a une batterie qui est arrivée sur l’album. On a remis une bonne partie de la réalisation de l’album à Julien Delfaux. Il y avait donc la présence d’une quatrième personne à côté de tout ça qui supervisait l’enregistrement, ce qui nous permettait de nous concentrer principalement sur l’interprétation, les arrangements et de ne pas avoir de conscience extérieure. Vraiment être juste dans la musique.
On est très contents de cet album
donc on a envie de le défendre le plus possible. Après, notre défi est de bien le défendre sur scène pendant la tournée.

Comment se sont déroulées vos premières rencontres avec le public ? Quels ont été les retours ?
Plutôt bons. Ce qui est agréable est que moins on fait de bruit plus on pousse les gens à écouter ce qu’on fait et c’est ce qui est intéressant. En ce moment ( mai 2009 ndlr ) on joue avec un micro au milieu de nous trois, assis sur des chaises, en cercle. Il y a un côté très brut, très direct et ça nous oblige à ne pas jouer fort et d’être très ensemble. C’est quelque chose de très acoustique et on remarque que les gens sont en écoute quasi religieuse et c’est quelque chose qu’on aime bien expérimenter, faire en quelque sorte participer le public dans l’écoute. Ne lui imposer rien mais suggérer sur la façon d’assister à un concert.

Propos recueillis par Salima Kettar
Photos : Nicolas Hidiroglou / DR

Dernier album disponible : Let Go
Plus d'infos : http://www.revolvermusic.tv

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