A l'occasion de leur première partie du concert d'Olivia Ruiz, nous avons rencontré les 6 musiciensqui forment le groupe Coming Soon. Découverte...
Bonjour Coming Soon, votre dernier album s'appelle The Gost Train Tragedy, c’est quoi cette histoire de train fantôme ?
Howard Hughes - C’est le nom du deuxième album, qui est sorti en septembre. Ca n’a pas de lien direct avec les chansons. Ce titre de The Gost Train Tragedy est arrivé au moment de l’enregistrement et c’est l’histoire d’un train fantôme qui a brulé à Sydney et qui était à la fois drôle et terrifiant. Les gens en brûlant criaient, mais à l’extérieur les autres personnes croyaient qu’ils s’amusaient. Donc c’était de jouer sur ce côté là. Dans les chansons il y a quelques liens directs notamment dans la chanson School Trip Bus Crash, mais ce n’est pas un album concept ; on trouvait juste que le titre sonnait bien.
Alex Banjo - A Rouen, on était allé dans une maison hantée très cheap, et ça nous avait ému. Rien ne marchait, mais c’était un bon moment de groupe avant un concert, et ce titre Gost Train nous plaisait déjà bien. C’est pas un hasard si on est tombé sur ce fait divers.
Howard Hughes - Cette histoire était assez représentative de ce que l’on avait envie après le 1er album qui était très folk, même s’il était déjà très rock. Et pour celui-là, on avait envie d’un son un peu plus musclé, plus fait pour la scène. On a beaucoup joué ces derniers temps et le titre allait très bien avec les chansons et le projet. Même en studio, à Carpentras, on avait l’impression de rajouter des pièces à ce train fantôme.
Comment se passe l’écriture ? Notamment le fait que vous soyez 6, chacun y participe ?
Howard Hughes - On arrange tous ensemble, on le fait vraiment en commun. Tout le monde écrit, même si on est trois à écrire un peu plus que les autres. Idéalement, celui qui chante la chanson écrit son texte, et naturellement ce qui va avec sa voix. On a tous des voix assez particulières et aucun de nous n’a une voix d’opéra ou classique.
Alex Banjo - Après, par contre, on arrange tous ensemble et on trouve très vite sans trop discuter le son que l’on veut trouver. Un chanson peut être menée par 5 personnes à tour de rôle même si ça part d’un truc assez individuel.
Le fait d’être un groupe, vous permet aussi d’être très productifs… Vous en êtes quasiment à un album par an en ce moment…
Howard Hughes - Même plus ! Parce que entre temps, on a sorti plein d’EP. A un moment on sortait des CD-R tout le temps que l’on vendait en concert… C’est vrai que l’on a du enregistrer en quelques années peut être 10 projets. Après le plus important, c’est quand même Coming Soon, mais il y a aussi les projets solo. Et ça nourrit vachement le groupe de pouvoir partir tout seul et de revenir avec ce que l’on a appris.
Quelques mots sur les participations ?
Howard Hughes - C’est toujours une belle rencontre ! Ca s’est fait avec Olivia Ruiz, Etienne Daho, Kimya Dawson (la chanteuse des The Moldy Peaches ). Autant Olivia qu’Etienne Daho, ce sont des gens avec lesquels on a beaucoup échangé, et on s’est rendu compte que l’on avait beaucoup de choses en commun. On n’a pas donné une chanson à nous, non, c’était vraiment important que l’on fasse la musique et toute la démarche pour l’artiste.
Alex Banjo - C’est une chose que l’on vraiment eu envie de faire, en groupe et individuellement. En ce moment, ça se fait beaucoup d’envoyer une chanson avec un texte et la maison de disque te trouve un artiste. Non, nous on aime l’idée de rencontrer quelqu’un. Avec Olivia, ça s’est fait comme ça. Elle avait une idée de base, on a écrit le texte. On a enregistré avec elle et dans la foulée on a écrit une deuxième chanson.
Et pourquoi ne les retrouve-t-on-pas sur votre album ?
Alex Banjo - Déjà on l’a fait pour offrir, et puis on avait pas envie sur notre album de mettre trop de collaboration. Peut être qu’on le fera dans l’avenir.
Pourquoi vos textes et vos pseudos sont-ils en Anglais ?
Howard Hughes - Ca date même d’avant le groupe. Ce coté anglais, c’est juste que ce sont nos influences directes. Dans la chanson française, il y a finalement très peu de choses sur lesquelles on se raccroche. Ce sont des Gainsbourg et autres, qui ont déjà ce son anglais ou américain. Maintenant on arrive à faire de bonnes chansons en anglais et on n’est pas certain de pouvoir en faire en français, et puis on n’en a même pas envie.
Alex Banjo - Et puis on a pas forcement envie de tourner toute notre vie en France. Dès le début, il y avait cette idée de faire une musique un peu internationale, pour avoir l’occasion d’aller plus loin. Puis très vite on s’est retrouvé à New York, à Berlin… Tout de suite les gens comprennent la musique.
Howard Hughes - On a fait une tournée anglaise qui était super pour ça aussi. Il y a une autre dimension que les concerts en France. Les gens ne réagissent pas uniquement à la musique mais aussi aux paroles. Forcement c’est beaucoup plus évident quand les gens comprennent ton texte.
Vous êtes originaires d'Annecy et pourtant vous citez régulièrement Kinderminster, c'est quoi cette ville ?
Howard Hughes - Au départ, c’était une ville imaginaire et puis en tournant on a découvert qu’elle existait vraiment en Angleterre. Mais c’était vraiment un néologisme à partir de Kinder. C’est un peu comme ça que l’on a surnommé Annecy, c’est une ville où l’on ne passe plus beaucoup de temps. Il n’y a plus que Leo qui habite là-bas, et c’est l’endroit où l’on répète. Ce n’est pas une ville que l’on déteste, mais on ne l’adore pas non plus. C’est juste une ville dont on a envie de partir quand on a 18 ans.
Vous êtes jeunes, comment cela se passe pour les études ?
Leo est en première Eco. On est trois à être intermittent, les trois autres font des études à coté.
Mais du coup, ce doit être compliqué à gérer ?
Alex Banjo - De moins en moins, au début cela nous faisait très peur, on avait l’impression que l’on tournait beaucoup moins que les autres groupes. Puis toutes ces peurs ou supposées faiblesses du groupe ont fini par devenir une force. On a tous devant nous cette date du bac de Leo, car à partir de là toutes les portes nous serons ouvertes.
Howard Hughes - On s’est laissé un peu de temps pour développer le projet, pour affiner le jeu, apprendre les mécanismes. On né pas musicien prodige… On a fait des centaines de concerts et c’est vrai que cela aide beaucoup.
Propos recueillis par Jean-Baptiste Fontana
Photos : DR / JBF / F.Mortagne