Le Ballet est puissant, drôle, virtuose et pétri de poésie à l'exacte image de la jeune compagnie qui nous l'offre en scène. De retour de tournée, le BNM partage sa dernière de Moving Target avec son public et c'est un cadeau qui tient de la magie.
Il y a plusieurs raisons à cela.
La mise en scène, la création vidéo, la trame musicale, l'humour décapant du livret. Tout cela pourrait déjà être un grand spectacle en soi.
Mais là est le plus beau, le plus délicat, le plus émouvant : car ce gigantisme n'est là que pour servir la danse et les danseurs et les inventions chorégraphiques merveilleuses de Yasuyuki Endo et Katharina Christl.
En cinq tableaux, dans une extraordinaire architecture scénique de Diller+Scofidio, Flamand orchestre avec passion et brio le monde schizophrène de Vasslav Nijinski, ou sans doute est ce le notre.
L'humour corrosif du "livret" vidéo nous livre une métaphore laborantine de notre vie, de notre société. Mais le véritable génie de Moving Target réside dans la capacité à créer de la pure magie autour de l'humain qui danse, sans nous noyer dans l'évidente machinerie.
Tout simplement par ce que l'impressionnant dispositif scénique est avant tout et déjà une œuvre d'art.
Mais d'où vient alors la magie me direz vous ? Et bien tout simplement de la danse puissante de Vito Giotta et David Cahier, des envolées sans
de Nahimana Vandenbussche et Christian Novopavloski, des ports de bras sans fin de Nonoka Kato et Valeria Vellei, de la folle énergie de Katharina Christl et Angel Martinez Hernandez...
Avec Moving Target F. Flamand adresse une véritable déclaration d'amour a sa compagnie et plus loin au genre humain rempli de doutes et d'espoirs.
Agnès Rosa-Sentinella
Photo : Didier Philispart
