La commune d’Hyères-les-Palmiers fut un lieu de villégiature très apprécié des riches familles anglaises au XIXe siècle. Parmi les épisodes les plus célèbres de cette époque figure le séjour de la reine Victoria, au printemps 1892. C’est dans ce contexte que fut décidée la construction d'une chapelle anglicane à Costebelle, à la fin du XIXe siècle, dans le quartier qui surplombe la gare. Une autre église anglicane existe dans le centre-ville d’Hyères. Construite en 1884, elle fut elle aussi désacralisée en 1953 et demeure en excellent état.
À l’époque, ces édifices tranchaient déjà avec les églises provençales traditionnelles. La construction de celui de Costebelle témoigne de l’influence architecturale britannique, avec un style néogothique caractéristique. Longtemps propriété privée, la chapele fut progressivement abandonnée avant de tomber dans un état proche de la ruine, dégradée par les assauts de la nature : plus de toiture, des murs abîmés par les infiltrations d’eau et des enduits détériorés par les tags.
Cette ruine est finalement rachetée par la commune en 2013, avant d’être sélectionnée par le Loto du patrimoine en 2024, en partenariat avec la Fondation du patrimoine et la Mission Bern. Il s’agit désormais d’un véritable projet de reconstruction, bien au-delà d’une simple rénovation.
Depuis mars 2026, une douzaine d’entreprises s’affairent sur ce chantier complexe, qui mêle restauration historique et reconstitution de plusieurs éléments disparus, notamment la charpente, le clocher et les vitraux.
Parmi les interventions les plus remarquables figure la reconstitution intégrale des toitures, avec le choix d’une charpente en bois visible depuis l’intérieur. Le clocher, qui faisait autrefois partie de l’édifice religieux, sera également reconstruit.
« C’est un projet avec une charpente de notre époque, mais avec une inspiration anglicane », explique l’architecte du patrimoine Philippe Donjerkovic, en charge du projet.
Autre enjeu de la restauration : les vitraux, dont il ne reste quasiment aucune trace, ni sur le site ni dans les archives et les photographies. Leur fabrication a été confiée à un atelier de vitrail marseillais, avec un parti pris contemporain et des teintes vertes. L’objectif est de les intégrer au mieux dans l’environnement très végétal qui entoure l’église, tout en conservant une certaine neutralité pour les expositions et les activités culturelles qui seront organisées à l’intérieur.
La chapelle anglicane de Costebelle ne sera plus une église consacrée, mais un édifice à vocation culturelle. Des expositions et des concerts pourront y être organisés, avec une jauge pouvant atteindre 180 personnes.
La chapelle n’aura donc pas vocation à accueillir des cérémonies religieuses. Seule la croix en pierre située au-dessus de l’entrée de la nef sera restaurée et réinstallée.
Les travaux de rénovation s’élèvent à 3,1 millions d’euros. Le financement est assuré pour moitié par la Ville, mais aussi par la Région (468 000 euros), le Département (650 000 euros) et la Fondation du patrimoine (210 000 euros), avec une participation de la métropole Toulon Provence Méditerranée également envisagée.
Débutés en mars 2026, les travaux devraient s’achever à la rentrée 2027.