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Cette petite calanque de Marseille est enfin dépolluée et peut rouvrir au public

Depuis plus de 200 ans, une bonne partie du littoral entre la Madrague de Montredon et les Goudes est polluée par les rejets des industries voisines qui y ont travaillé la soude, le plomb et autres métaux lourds. L'Etat a entrepris depuis l'an dernier un important chantier de dépollution qui permet aujourd'hui à cette calanque de la Samena de rouvrir sans pollution.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 06/05/2026 - Mis à jour le 06/05/26 19:04
Cette petite calanque de Marseille, enfin dépolluée, rouvre au public

C’est une première étape, mais elle a un caractère très symbolique : On peut enfin se baigner dans la petite calanque de la Samena sans mettre les pieds sur un sol pollué. « Aujourd’hui, il n’y a plus de sujet d’expositions des populations, plus de risque » se réjouit Mélody Gros, chef de projets sites et sols pollués chez ADEME et en charge de ce chantier XXL de dépollution.

Depuis septembre dernier, l’Etat a débuté un chantier de dépollution entre cette calanque de la Samena et Callelongue. Des scories, ces rejets fortement pollués par des décennies d’industries lourdes à proximité ont été identifiés sur une vingtaine de sites : Parfois ils ont servi de remblais pour construire la route, parfois ils ont été déversés à la mer depuis le littoral.

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Des sandwichs à l'arsenic au milieu du Parc National des Calanques

Les scories sont un résidu provenant de la fusion de minerais utilisés dans les industries du secteur

Plomb, mercure, arsenic… des résidus remplis de métaux lourds jonchent le sol de cette zone très touristique et peuvent causer de réels problèmes de santés en cas de contact et d’ingestion involontaire. L’exemple typique est un enfant qui ferait tomber son sandwich au sol et qui le mangerait ensuite souillé par cette pollution.

Ce travail de pollution s’organise autour de deux grands axes. Quand c’est possible, les terres polluées sont extraites du sol et envoyés en traitement dans un site spécialisé en Languedoc. 3500 tonnes ont ainsi déjà été évacuées depuis septembre dernier. D’ici la fin des travaux en 2027, on devrait atteindre les 6000 tonnes. C'est cette option qui a été choisie pour la calanque de la Samena.

Dans la calanque de la Samena, les terres polluées ont été retirées


Mais ici, c'est l'option de l'enfouissement qui a été retenue, sous un éboulis calcaire

Mais dans certains secteurs, c’est l’option de l’enfouissement qui a été choisie plutôt que d’enlever la terre polluée. C’est par exemple le cas sous la route ou à quelques centaines de mètre de la calanque de la Samena. Un imposant « ébouli calcaire » recouvre en réalité toute une zone polluée par les scories. A défaut d'être très esthétique, cela protège durablement le public d'un contact avec les terres souillées.

Reprise du chantier à la rentrée

Le chantier s'est installé sur le parking Napoléon, entre les Goudes et Callelongue

Avec l’arrivée du printemps, des touristes mais aussi pour des enjeux environnementaux autour d’espèces protégées, les travaux ont été suspendus au 1er mai. Ils reprendront au premier septembre et jusqu’en mars 2027.

Pour cette première phase, 7 secteurs ont été traités sur les 20 du chantier. Mais ce travail est complexe et la météo capricieuse a empêché les ouvriers de terminer le travail. Il y aura donc à la rentrée 13 dépôts de scories à dépolluer ainsi que les 3 non achevés durant cette première phase. C’est par exemple le cas dans la calanque de Samena. Si la dépollution du site est achevée, il faut encore terminer les travaux d’habillage paysagers.

Le projet de dépollution se cantonne aujourd’hui à la partie terrestre et pas celle sous-marine, qui restera encore polluée pour de longues années. La pêche et la consommation des coquillages y est d’ailleurs interdite devant tout ce secteur.

Tant qu'on évite de pêcher et gratter les galets immergés, on peut donc désormais profiter et se baigner en toute sécurité dans la calanque de la Samena à Marseille.

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