Un texte nécessaire, porté à voix haute par son autrice, l'avocate Negar Haeri. Elle revient sur le destin de Shaïna, adolescente prise dans une mécanique implacable de violences, de rumeurs et d'abandon, jusqu'à son assassinat. Avocate de sa famille, Haeri ne l'a pas connue vivante : elle l'a rencontrée à travers les dossiers judiciaires et les témoignages. De cette rencontre naît une nécessité : restituer une voix, dire qu'elle fut autre chose que ce à quoi on l'a réduite.
Pour le festival, ce texte devient une lecture musicale d'une intensité singulière. Sur scène, la voix de Negar Haeri se déploie accompagnée par un quatuor à cordes dirigé par Henri Demarquette, aux côtés de Geneviève Laurenceau, Adrien La Marca et Hugo Meder. Les quatre mouvements du quatuor La jeune fille et la mort de Schubert traversent la soirée comme une autre manière de dire l'inéluctable et la lutte. Une création pour que le nom de Shaïna ne soit pas effacé une seconde fois.