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Voici les aménagements prévus sur la ligne ferroviaire des Alpes du Sud pour les Jeux Olympiques de 2030

367 millions d'euros vont être investis pour rénover la ligne entre Aix et Briançon. C'est le principal investissement pour ces Jeux Olympiques de 2030 dans un contexte budgétaire très contraint.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 23/02/2026 - Mis à jour le 23/02/26 19:45
Voici les aménagements prévus sur la ligne ferroviaire des Alpes du Sud pour les Jeux Olympiques de 2030

C'est sur le rail que les investissements en vue des Jeux Olympiques des Alpes Françaises en 2030 vont être les plus importants avec un chantier de rénovation de la ligne Aix-Briançon.

Autant tout divulgâcher dès le départ : non, il n’y aura pas de révolution sur le rail, comme ce fut le cas pour les Jeux Olympiques de 1992 et l’arrivée du TGV dans les Alpes du Nord au cœur du massif. 3h50, c’est aujourd’hui le temps qu’il faut pour parcourir les 464 km entre Paris et Albertville. En 2030, ce sera la même durée pour parcourir les 280 km entre Marseille et Briançon, à bord d’une ligne non électrifiée et à voie unique sur l’ensemble du parcours.

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Un bras de fer de plusieurs mois avec l'Etat pour débloquer des crédits

Et pourtant, Renaud Muselier, le Président de la Région Provence Alpes Côte d’Azur a bataillé dur pour obtenir des crédits de l’Etat.

367 millions d’euros vont être investis, principalement par l’Etat et la Région, pour moderniser cette ligne des Alpes délaissée depuis des décennies.

Dans un contexte de baisse des budgets et des investissements, il a fallu négocier durant des mois pour arracher cette rallonge exceptionnelle et pourtant nécessaire pour remettre à niveau cette ligne. Car c’est grâce à l’échéance des Jeux Olympiques de 2030 que ces travaux ont été priorisés face aux demandes des autres régions. Mais avec ces budgets contraints, pas question de créer de nouveaux tronçons. L’enveloppe permet uniquement de moderniser une ligne qui accumulait les retards.

"Ce que nous attendions depuis des années devient enfin possible : des trains plus rapides, des routes sécurisées, des vallées mieux desservies. C’est un héritage utile, durable, et attendu." souligne Renaud MUSELIER, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Président délégué de Régions de France

Une ligne modernisée pour gagner une heure entre Marseille et Briançon

La carte des principaux travaux

L’objectif annoncé est de réduire le temps de parcours entre Marseille et Briançon, pour passer de 4h40 aujourd’hui à 3h40 en 2030.

Pour gagner cette heure de parcours, d’importants travaux vont être effectués pour réparer la ligne actuelle, notamment sur ses points de faiblesse sur les ouvrages d’art. Ainsi, la grande partie des travaux consistera à réparer et conforter les tunnels, talus et murs existants. Quelques petits ponts seront remplacés, et la plupart seront rénovés.

On parle aussi de « régénération de la ligne ». Pour résumer, elle va rester telle qu’elle est dessinée actuellement, mais ses équipements de signalisation, ballast, rails vont être remplacés ou rénovés, du moins sur les tronçons abîmés aujourd’hui et qui emêchent les trains de circuler à une vitesse optimale.

Il n’y aura donc pas de nouveaux aménagements, si ce n’est pour permettre aux trains de se croiser en gares de Laragne et Savines-le-Lac. La ligne étant à voie unique, il faut aménager des zones de croisement, où elle est doublée sur quelques centaines de mètres.

Le détail des travaux prévus

- Renouvellement de 100 km de voie, principalement entre Manosque et Briançon (remplacement du ballast, traverses, rails…)
- Réparation, confortement ou remplacement de 80 ponts, tunnels, parois ou talus. Ils sont principalement situés entre Château-Arnoux et l’Argentière-la-Béssée.
- Réouverture des voies de croisement à Savines et Laragne. Ces voies avaient été abandonnées mais sont existantes, il s’agit uniquement de les remettre en service.
- Entretien courant de la ligne, et notamment de sa signalisation

Des gares rénovées mais pas de réouverture

Le programme d’investissement prévoit également 40 millions d’euros destinés à rénover et moderniser les gares du parcours, dont notamment celles de Gap, Meyrargues, Embrun, Mont-Dauphin-Guillestre, L’Argentière Les Ecrins et surtout Briançon.

Ainsi à Gap, c’est une passerelle avec ascenseur et d’importants travaux qui vont permettre de moderniser la gare.

A Briançon, la ville va devenir un site des Jeux Olympiques et disposera d’un pôle d’échange multimodal, permettant de faire le lien avec la ville et les liaisons routières vers les sites de compétition et le village olympique du Fort des Têtes. Des travaux importants permettront la création d’une passerelle piétonne, de nouveaux accès à la gare, la réorganisation du hall de la gare et autour, l’aménagement de parkings pour les bus, cars, vélos et voitures. Ces travaux à Briançon sont estimés à 20,5M€.

Outre la rénovation de ces gares majeures sur le parcours, la région et la SNCF doivent composer avec un double enjeu : réduire le temps de parcours à 3h40 entre Marseille et Briançon, c'est-à-dire proposer un train rapide qui limite le nombre d’arrêts, mais aussi permettre une desserte de proximité avec un maximum de communes desservies.

Venelles, Mirabeau, Sainte Tulle, Volx, Villeneuve, Peyruis, Mison, Montmaur, La Roche des Arnaud, La Freissinouse, La Bâtie Neuve, Savines, Saint-Clément, Saint-Crépin, La Roche de Rame… Plus d’une quinzaine de gare ou de haltes ferroviaires sont aujourd’hui désaffectées et voient les trains passer sans qu'ils s'y arrêtent. Ce programme de rénovation ne propose pas, aujourd'hui, de réouverture de gares, même si celle à Savines-le-Lac cela aurait eu du sens pour permettre notamment de mieux desservir la station de Réallon. C'est en tout cas une demande répétée des associations d'usagers des transports.

En 2030, il y aura donc deux types de trains qui circuleront : deux allers-retours express quotidiens, les « trains bolides » qui permettront de relier Marseille à Briançon à 3h40 et avec probablement 6 arrêts seulement, et des trains omnibus ZOU! qui desserviront, comme aujourd’hui, les 16 gares ouvertes de la ligne.

Tous ces travaux doivent être réalisés entre la mi-2027 et la fin 2029, pour être prêt au moment des Jeux Olympiques de 2030. La ligne sera ainsi coupée au trafic durant ce chantier, probablement entre l’été 2028 et novembre 2029. Les études et concertations sont ainsi programmées en 2026 et début 2027. La loi spéciale sur les Jeux Olympiques votée il y a quelques jours permet d’accélérer ce processus de décision et de mise en route des chantiers.

Le budget total de ces travaux relatifs à la rénovation de la ligne entre Aix et Briançon sont estimés à 367 millions d’euros, financés par l’Etat et la région Provence Alpes Côte d’Azur principalement (150M€ chacun). La SNCF, la métropole Aix-Marseille, le département des Hautes Alpes et la SoLiDéo (organisme chargé des ouvrages des JO2030) participent aux aussi au financement des ces investissements.

Enfin, pour être complet, il faut préciser que ces projets de modernisation de la ligne confortent aussi le train de nuit entre Paris et Briançon, qui fut menacé ces dernières années par la SNCF. De nouvelles rames viennent d'être d'aillerus commandées.

La réouverture de la ligne entre Digne et Les Mées reste dans les cartons et pourraient être à nouveau étudiée après 2030, permettant ainsi un maillage et interconnexion avec le Train des Pignes et les Chemins de Fer de Provence permettant de relier Nice.

Et pour les Jeux de Milan Cortina en 2026 ?

Trains à Milan © scaliger - Depositphotos.com

Nos voisins transalpins ont eux aussi engagé d'importants travaux de modernisation de leurs lignes ferroviaires pour ces jeux d'hiver. Dans une situation économique bien meilleure que la France, la compagnie ferroviaire italienne RFI a débloqué 650 millions d'euros d'investissements en vue des Jeux Olympiques de Milan Cortina 2026. C'est donc quasiment le double qu'en France.

En Italie, c'est la compagnie nationale en charge du réseau ferré qui prend en charge la plus grande partie du financement de ces travaux. L'Etat italien y participe à hauteur de 120 millions d'euros, une somme finalement proche de la participation de l'Etat français.

Comme en France, une dizaine de gares ont été rénovées, principalement dans les zones olympiques de Lombardie, du Trentin-Haut-Adige et de Vénétie.

A la différence de la France, un budget important a été alloué pour supprimer des passages à niveau et électrifier des tronçons jugés stratégiques, avec là aussi la volonté de laisser un fort héritage après les Jeux Olympiques pour les populations.

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