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reportage : Mix-up Beyrouth

A l'issue d'une résidence de 10 jours au Poste à Galène, le collectif de Mix-Up Beyrouth, réunissant artistes français et libanais plus qu'inspirés, a donné un concert d'exception au Cabaret aléatoire dans le cadre du Festival de Marseille et initié par Marsatac.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 11/04/2010 - Mis à jour le 01/07/11 19:38

Entres spectacles et créations, le Festival de Marseille s'investit également dans les quartiers nord de la cité en propulsant un atelier artistique, justement intitulé "Des milliers de sons", en collaboration avec les acteurs des quartiers (AssociationMade et le Centre Social l'Agora) et des artistes marseillais (la pianiste Nathalie Négro, Frédéric Nevchehirlian, Olivier Stalla, entre autres). Ce travail d'amener l'artistique à des publics n'y ayant pas l'accès facile, a donné une belle union, à l'unisson, entre le son de "Piano et Compagnie" et la parole des 8 jeunes filles et un animateur venus présenter une Restitution de leur atelier sur la scène extérieur du Cabaret aléatoire.

Après une première partie toute en émotion provoquée par la belle voix de la Libanaise Youmna Saba accompagnée par Julien Perraudeau, la scène a ensuite été investie par le collectif de Mix-Up, crée par le festival Marsatac et dont la volonté est de réunir des artistes français et, cette année, libanais. Carte blanche est ainsi donnée à ces artistes qui, durant 10 jours, ont élu le Poste à Galène comme lieu de création. Travail qui a été présenté ce samedi 11 juillet lors du Festival de Marseille par Rodolphe Burger, Frédéric Nevchehirlian, Vincent Perraudeau et la crème de la crème de la scène beyrouthine : Fady Tabbal, Ziad Saad, Youmna Saba et Abed Koreissy.

Le verdict du public n'a pas été long à se faire entendre. A peine les premières notes lancées, on est comme surpris par ce groupe, qui vient à peine de naître, livrant son travail avec un plaisir manifeste et parfaitement coordonné dans ses cultures musicales, qui se heurtent et se métissent en symbiose. D'emblée, le groupe, alors composé d'identités musicales distinctes, s'impose en tant que tel et livre ce qu'il a mûri pendant (seulement) 10 jours avec une évidence et une classe naturelles.

Rodolphe Burger, riche de collaborations passées avec entre autres Bashung, Higelin et Ezekiel, installé ou debout, charge sa guitare avec une rockitude élégante et, pour un morceau, le mariage de sa voix avec celle de Youmna est un rare moment d'émotion. Ainsi, le rocker jonglera entre les voix (moment d'autant plus beau lorsque tous chantent ensemble), notamment avec celle du rappeur Rayess Bek qui doit sa virtuosité, notamment, au débit, très (très) rapide, de son flow de mots racontant ses blessures, ses joies et ses heurts avec un pays meurtri par la guerre et ce en prenant la métaphore de l'histoire d'amour.

Artiste complet, Frédéric Nevchehirlian compose son slam et rameute sa guitare pour dire et chanter ses mots en toute unité avec ceux de son homologue libanais. Ping Pong verbal, joué en collectif avec les sons du buzuk de l'éclectique Abed Kobeissy, du synthér et de la guitare de Vincent Perraudeau et du son électro du génial Ziad Saad qui prendra guitare et voix pour un morceau funk (made in Liban) qui fera se déhancher le public, décidemment conquis.

Pop, traditionnel, rap, électro et rock n'ont formé qu'un lors de ce concert exceptionnel et détonnant de créativité donné par une belle brochette d'artistes réunis le temps d'un concert, à l'intérieur d'une même frontière musicale, d'une rencontre avec son public trop furtive: pas assez de morceaux…

Ce Mix-Up Beyrouth donne également à voir et constater que la scène artistique libanaise garde son optimisme et un souffle étonnant (à l'image de celui de Rayess) pour décrire leur rage, leur peine, leur joie et, surtout, leur avenir.

Mix-Up Beyrouth n'en reste évidemment pas là car un second volet (donc plus de morceaux) sera présenté lors de la soirée d'ouverture du Festival Marsatac, le 24 septembre 2009.

Renseignements:
> http://www.marsatac.com/festival/

Sali K
Photos: Cyrille L

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