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Gush en interview

Jeune groupe en devenir, officiant en première partie de -M-, Gush sera en concert au Poste à Galène le 27 mai prochain et pour l'occasion, le jeune groupe, par la voix de Mathieu, nous a accordé une interview. Prise de connaissance.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 20/04/2010 - Mis à jour le 21/05/10 18:11
Gush en interview

Pour commencer, pouvez-vous me raconter la genèse de Gush ?
On est quatre (deux frères et deux cousins) : Yan, Xavier, Vincent et Mathieu (moi). On a commencé ensemble au lycée, avec un groupe qui s’appellait « Kawa », sans Yan car il était plus âgé. C’est en 2004 qu’on a formé le groupe avec lui. C’est un groupe où l’on chante et compose tous : Il n’y a pas vraiment de membre plus en avant qu’un autre.

Vous avez sorti votre premier album (Everybody’s God) le 15 février dernier, à l’heure où il est très dur d’en sortir un. Comment tout ça s’est mis en place ?
Jusqu’à cet album, on a fait beaucoup d’autoproduction en s’enregistrant nous même et en payant tout de notre poche. En 2008, on a commencé à travailler avec Loic Barrouk, notre producteur, qui s’occupe aussi du Café de la Danse, une salle assez réputée à Paris. On a donc enregistré le disque grâce à lui. Et c’est donc lui qui nous a trouvé le label, notre tourneur.

A l’écoute de votre album, les influences se font entendre et d’ailleurs le titre qui ouvre l’album « Big Wheel » annonce faussement la couleur de l’album car, contrairement au reste, ça part un peu ailleurs. Pourquoi ?
C’est un peu tout ça. On fait ce qu’on décide de faire, sans se mettre de barrière. On adore tous ce morceau, notamment son côté décalé par rapport aux autres morceaux et en même temps, il représente le côté tribal qu’a tous les quatre, ce retour à la terre qu’on voit sur notre pochette d’album où on jaillit d’une marre de boue, comme si on sortait du centre de la Terre. Et donc, tout ça est très lié. On est très contents d’avoir un album homogène, sans barrière stylistique.

D’ailleurs, par rapport à la réalisation de votre album, aviez-vous une liberté ?
En fait, on a tout enregistré nous même, on était les quatre réalisateurs de l’album. On avait donc 100% de liberté, ce qui était volontaire, ce à quoi on tient.

Vous formez un véritable quatuor (vous n’avez pas de leader), rare chez les groupes : est ce venu naturellement ou est ce volontaire ? Vous vous battez souvent ?
Ce fonctionnement à quatre est venu naturellement. Au début, c’était plus Yan et Xavier qui composaient et chantaient. Ensuite, Vincent a commencé à ramener ses morceaux et enfin, moi. Donc, ça été naturel. Il y a eu un équilibrage. Et non, on ne se bat pas ! Il y a forcément des tensions de temps en temps qu’on règle comme tous les groupes qui ont envie de durer. Dès qu’il y a un soucis, on communique… Mais s’il n’y en avait pas, ce serait pas normal.

Votre musique est un sacré mélange de styles (pop sixties, soul, rock n’ roll, riffs funk…) : comment travaillez-vous cela ? Car c’est pas évident d’allier tant de styles...
Pour cet album, on a écrit toutes les chansons en guitare-voix. Donc, pour nous, c’étaient des morceaux qu’on pouvait arranger à « toutes les sauces ». On avait chacun notre petite idée de reprendre le morceau, puis on l’arrangeait ensemble. On a vraiment voulu porter chaque morceau au mieux de sa forme, avec un touche ou dance ou rock, etc. On ne voulait pas le même son et on est assez contents de ça. On voulait un album homogène sans qu’il soit décousu, à s’en perdre à son écoute.

Vous appartenez à cette mouvance, apparue dans les années 2000, qui voit les jeunes groupes français adopter le style et la langue anglosaxons (par ex, Revolver, Phoenix qui marchent très bien,). Quel votre point de vue là-dessus ? d’où ça vient ?
Avant, on avait un groupe dans lequel on chantait en français. Pour Gush, on s’est mis à l’anglais pour plusieurs raisons : Yan est à moitié anglais et parle donc un anglais parfait et sans accent ; on écoute beaucoup de choses anglophones depuis tous petits. Tu es donc forcement inspiré par les choses que tu as écouté. Pour nous, la langue, c’est comme le style, ça ne fait pas le fond. Donc, un jour, la langue pourrait être de l’espagnol ou de l’hébreu. L’anglais est juste un instrument pour faire passer l’émotion, une sensibilité. Et si, un jour, on fait des choses en français, ça ne sera peut-être pas la même musique.

Vous aussi, vous prenez la voie du succès, qui est traduit par vos dates et lieux de concerts, vous faites la première partie de –M-. Comment est-ce que vous appréhendez tout ça ?
Et bien en fait, ça fait presque 15 ans qu’on fait de la musique, des concerts, qu’on rencontre des gens, qu’on frappe aux portes, qu’on imprime nos disques et tout ça s’est fait dans une évolution très progressive et logique. Du coup, ce n’est pas du tout un effet Star’Ac où du jour au lendemain tu deviens connu alors que la veille, personne ne te connaissait. Nous avons vraiment gravi toutes les marches une à une en passant par toutes les étapes de l’évolution, où on est encore en ce moment. Pour le milieu professionnel, on est encore en développement et pour nous, c’est déjà la fin d’un cursus, on commence autre chose. Pour eux, on est au tout début. On est contents de voir qu’on passe à la radio, à la télé mais sans être dépassé. On a encore toute notre tête.

Vous allez vous produire sur une scène marseillaise, le Poste à Galène, le 27 mai prochain. Qu’attendez-vous du public marseillais ?
On n’attend rien du public. C’est plutôt à lui d’attendre quelque chose de nous. Un bon concert, c’est une bonne relation groupe-public. La magie est là ou pas.

Propos reccueillis par Salima Kettar
Photos Romain Chassaing

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