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Rock & Goal : ça match !

Lors des répétitions ouvertes au public de la dernière création Rock ans Goal de Michel Kelemenis, la rédaction rencontré le chorégraphe qui fait danser le sport. Reportage...

Publié par Pauline . le 01/12/2016
Rock & Goal : ça match !

Après Henriette et Matisse le chorégraphe marseillais Michel Kelemenis revient avec une nouvelle pièce accessible aux plus jeunes (dès 5 ans) mais avec laquelle les grands se régalent tout autant ! Dans ce spectacle de danse, il est question de sport et de rock (comme son titre l'indique) !

Sur scène, 4 danseurs, qui au fil du spectacle, nous parlent de sport avec le corps, d'efforts, de performances mais aussi des émotions des grands champions et des déceptions ! On ne peut s'empêcher de jouer, en regardant le spectacle, à reconnaître les sports qui sont dansés sous nos yeux, (et il y en a beaucoup !) Un spectacle bien rythmé, ne manquant pas d'humour qu'il faut aller voir en famille.

Pour en savoir plus sur cette chorégraphie orchestrée avec minutie, nous sommes directement allés nous renseigner à la source en posant nos questions à Michel Kelemenis, le chorégraphe de Rock & Goal.

Pouvez-vous nous parler de ce spectacle fraîchement créé ?

Michel Kelemenis: C'est le troisième programme que je fais pour les enfants. La maison pour la danse souhaite léguer aux enfants ce que nous avons de meilleur au monde, cette capacité d'invention, de traduire le monde avec des modalités qui sont artistiques, en l'occurrence la danse.

Pour le sujet, j'aime pour ce type de cadre travailler avec une poésie plus simplifiée, plus directe. J'aime aller me créer des petites fables avec des thèmes qui portent leur universalité et dont j'essaie de les simplifier. C'est après avoir fait Henriette et Matisse qui explorait la figure de l'inspiration avec la muse, le peintre et les outils du peintre, j'ai cherché un autre sujet et je me suis appuyé sur un petit trait biographique personnel. Moi-même gymnaste enfant, j'ai été amené à croiser la danse, un petit peu par hasard. J'ai imaginé adresser au public cette métaphore sur la réalisation de soi, avec un préalable qui est de dire que le sport représente le commun, la famille, la culture... et puis petit à petit les glissements qui vont amener la réalisation personnelle. 



D'autres chorégraphes se sont inspirés du sport...

Michel Kelemenis : Je ne saurais pas dire ce qui a motivé les autres chorégraphes, il y a une source inouïe d'inspiration, de l'ordre de la construction de soi à travers des notions d'échec, d'efforts, de compétition, de fatigue. Toutes ses choses la sont des sensations qui, en les traversants font grandir ! Il y a de vraies valeurs de construction de soi qui relèvent tant du sport que de l'art. Après, je ne me sens pas pris dans un élan commun qui fait que je traite aussi du sport. Mon exercice aura été au fil de cette pièce de réussir une oeuvre qui procède dans sa dramaturgie plutôt par glissement de références que par construction de lieux et de situation. Partir d'un état, voir comment ça s'explore et trouver les moments de décrochage de l'un de mes personnages, qui, petit à petit va choisir de se réaliser à travers la danse.

Comment avez-vous voulu traiter les différents sports ?

Michel Kelemenis:  Par rapport à tous les sports évoqués, ils sont traités un petit différemment. On insiste sur certains, c'est le cas de la boxe, que l'on comprend par le miroitement de deux combattantes et de quelqu'un au milieu qui est l'arbitre, ça suffit, ce n'est pas nécessaire qu'elles se battent réellement. Pour beaucoup de sport, un geste suffit pour que l'on comprenne basket, un geste suffit pour que l'on comprenne football... Ce sont des gestes qui sont tellement spécialisés pour leur efficacité qu'un danseur peut s'en saisir et soudain transporter un sport entier avec un seul geste !

Qui s'est occupé de la musique très marquante dans ce spectacle ?

Michel Kelemenis:  Je me suis appuyée sur un ancien danseur de ma compagnie qui est aujourd'hui devenu professeur  de sport et qui en marge de tout cela c'est créé un personnage, dj Moulinex. C'est un bonhomme qui par son amour pour la musique et notamment la musique populaire, a un musicothèque incroyable. Je me suis adressé à lui en lui parlant de l'intention du spectacle et de la tonalité. Je ne voulais pas de musique enfantine, j'avais envie de m'adresser aux enfants comme je m'adresse aux adultes avec modernité. Les enfants sont vifs, intelligents et baignés dans un présent qui est très rapide. Il y a une dimension de Pop ludique, il y a la nécessité pour moi d'amener des références, car ce spectacle veut parler de la danse d'où cette variation autour d'un extrait de Casse-noisette de Tchaïkovski qui apparait avec une guitare électrique , une orchestration moderne... Il y a toujours des respirations nécessaires avec toujours des glissements vers de la musique contemporaine.

 

C'est un spectacle qui souhaite la bienvenue aux enfants et que les adultes vont adorer !

 

Par Pauline Alcina
Photos : Didier Philispart

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