Chaque automne, le Musée Matisse Nice explore la façon dont les artistes d’aujourd’hui regardent l’œuvre d’Henri Matisse. Cette année, il invite Alex Katz, l’une des grandes figures de la peinture américaine. Du mercredi 28 octobre 2026 au lundi 18 janvier 2027, l’exposition « Henri Matisse – Alex Katz. Le silence de la peinture » propose un parcours renouvelé de tout le musée, dans lequel les toiles du peintre new-yorkais dialoguent avec celles du maître.
L’histoire commence à New York, en février 1949. Jeune étudiant à la Cooper Union de Manhattan, Alex Katz découvre à la galerie de Pierre Matisse, le fils du peintre, une exposition consacrée aux œuvres récentes d’Henri Matisse : les « Intérieurs de Vence », dont la Nature morte aux grenades et Le silence habité des maisons (1947), des dessins au pinceau et des papiers gouachés découpés. C’est pour lui un profond choc esthétique. Dès lors, le peintre de l’Amérique quotidienne ne cessera plus de regarder l’œuvre du maître français.
Matisse lui-même avait pressenti ce destin américain. Lors de son premier voyage aux États-Unis, en 1930, ébloui par la lumière de New York, il prédisait : « Vous comprendrez, quand vous verrez l’Amérique, qu’un jour ils auront des peintres. »
Soixante-quinze ans après ce premier choc, le projet est né de la rencontre d’Alex Katz avec les collections du musée en 2024, et du dialogue qui s’en est suivi. L’exposition a été conçue avec l’artiste lui-même. Elle couvre toute sa carrière, de ses premiers travaux (Nude, 1951) jusqu’à ses œuvres les plus récentes (Lilies 13, 2025). Peintures, dessins, découpages et estampes venus de l’atelier de l’artiste invitent à redécouvrir les collections du musée, elles-mêmes issues de l’atelier de Matisse.
Né à Brooklyn en 1927, Alex Katz vit et travaille à New York et dans le Maine. Alors que l’expressionnisme abstrait domine la scène américaine, il choisit les genres traditionnels de la peinture figurative : fleurs, paysages, figures humaines. Ses aplats de couleur, ses cadrages et ses grands formats le rapprochent parfois du pop art, sans jamais s’y confondre.
Comme Matisse, il s’intéresse à la danse, à la mode et au cinéma. Les deux artistes partagent un même vocabulaire : simplification des formes, économie de moyens, surfaces planes où la perspective disparaît. Une apparente simplicité qui cache le goût du risque, celui de réduire et d’éliminer pour ne garder que l’essentiel, au service des sensations et d’une vision immédiate du monde.
L’exposition est placée sous le commissariat d’Aymeric Jeudy, directeur du Musée Matisse Nice, avec une scénographie du Studio Matters. Elle bénéficie du soutien de la galerie Thaddaeus Ropac. Un catalogue bilingue de 132 pages, avec des contributions d’Éric de Chassey, d’Aymeric Jeudy et d’Alex Katz, paraît en octobre aux éditions In Fine.