Comment composer avec une histoire que l’on n’a pas vécue ? Anna Chirescu répond par le mouvement et transforme le geste martial du kata en solo où se joue la mémoire familiale et la quête des origines.
La précision du karaté rencontre l’histoire intime. 26 suites de mouvements, comme un alphabet secret, dessinent une cartographie du souvenir et de la transmission. Anna Chirescu ouvre son solo sur cette pratique martiale en la faisant dialoguer avec l’exil de son père de la dictature roumaine. De ce départ, elle façonne un geste qui devient survivance, émancipation et héritage, en convoquant une mémoire qui la traverse dans son corps et l’interroge. Entremêlant danse, musique, voix, archives et costumes, l’artiste brouille les frontières du réel et de la fiction. Elle transforme la rigueur du kata en une écriture sensible, où chaque geste devient la trace d’un récit qu’elle s’emploie à faire vibrer. Son corps devient un lieu politique autant qu’intime, où les origines se réinventent. Et, sur le plateau, on assiste alors à la naissance d’un nouveau folklore.
Durée 55mn
Infos/billetterie en ligne : preljocaj.org

