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Le ballet Preljocaj en triptyque : une odyssée chorégraphique à La Criée

La semaine dernière, le Théâtre National de La Criée accueillait le ballet Preljocaj pour son triptyque Annonciation, Torpeur, Noces. Un voyage intense à travers quarante années de création chorégraphique présenté du 12 au 16 mai 2026.

Publié par Pauline le 17/05/2026 - Mis à jour le 20/05/26 14:54
Le ballet Preljocaj en triptyque : une odyssée chorégraphique à La Criée.

Le programme permettait de traverser plusieurs périodes du travail de Preljocaj à travers trois créations majeures.

La première pièce, Annonciation, créée en 1995, est inspirée des tableaux de la Renaissance italienne, elle évoque l’annonce faite à Marie par l’ange Gabriel qu’elle portera l’enfant Jésus.
Sur scène, deux danseuses incarnent ce moment fondateur dans un dialogue physique d’une grande précision. La chorégraphie est envoûtante tant dans ses mouvements que dans les regards des interprètes.
La simplicité du décor et limpidité des couleurs primaires laissent toute la place aux corps et à l’émotion. La bande-son quant à elle oscillant entre élans musicaux, silences et bruitages évocateurs est remarquable.




Avec Torpeur, la pièce la plus récente de ce triptyque (2023), l’atmosphère change complètement. Les danseurs semblent évoluer dans un monde ralenti, presque irréel. Les mouvements s’étirent, les corps flottent dans une lumière douce et surnaturelle. Le temps paraît suspendu. On passe d’une pièce narrative à une atmosphère plus abstraite et hypnotique pour évoquer un état bien réel.




Enfin avec Noces, créée en 1989 sur la musique d’Igor Stravinsky, qui on est frappé par la violence symbolique et la modernité intacte. À travers cette chorégraphie, Preljocaj expose clairement les mariages arrangés et forcés, la place assignée aux femmes dans certaines traditions des Balkans. La scénographie est particulièrement forte : les mariées apparaissent sous forme de poupées de chiffon, manipulées comme des objets. Les danseuses sont soulevées, déplacées, contraintes par les hommes dans une succession de tableaux brutaux. Sans jamais tomber dans le démonstratif, la pièce interroge le rapport de domination et la négation de la liberté féminine.

Entre spiritualité, poésie et critique sociale, la soirée a profondément marqué le public marseillais, qui a réservé au Ballet Preljocaj une ovation méritée.





 

Didier Philispart

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