Pour l’année 2026, les expositions adopteront ainsi une démarche inverse à celle d’une actualité qui ne cesse de s'accélérer ; à l’instar de la Méditerranée, elles se veulent oniriques et dilatées. L’objectif est d’en faire de véritables lieux de rencontre et de dialogue, avec une priorité particulière pour toucher le public jeune.
C'est d'ailleurs une des fiertés du Mucem, celle de proposer un accès à la culture pour tous, en particulier pour les publics qui y sont le plus éloignés, avec par exemple cet objectif de maintenir la représentativité des quartiers nord à hauteur de 15 %.
Avec 1,4 million de visiteurs en 2025 et plus de 2 515 œuvres exposées, le Mucem reste l'étendard culturel de Marseille. Il réaffirme ainsi sa vocation de musée de société et de transmission, une identité que l’on retrouve au cœur de ses expositions en 2026.
"La maternité est aujourd'hui un sujet brûlant" explique Anne-Cécile Mailfert, commissaires de l'exposition, voire un enjeu politique majeur. Cette exposition l'esquisse sous un angle artistique, retraçant son histoire de l’antiquité à nos jours. Ce voyage à travers les époques nous transporte des déesses-mères antiques aux mères patriotiques, sans oublier les mères artistes.
En interrogeant les représentations classiques souvent chargées d'injonctions, « Bonnes mères » dévoile la pluralité des vécus. Elle met en lumière des réalités parfois occultées, telles que le deuil périnatal ou les interruptions de grossesse. Plus de 350 œuvres sont réunies pour rendre compte de cette complexité intime et sociale.
Le Mucem met à l'honneur Mossi Traoré, créateur audacieux de la scène française. Son exposition propose une mode qui concilie engagement et accessibilité. Elle se compose de 105 œuvres ; ces pièces ont été inspirées par des artistes tels que Madame Grès, Lee Bul, Aishwarya Rai, le rappeur Sefyu et bien d'autres, leur conférant ainsi un style à la fois contemporain et classique.
En tant que consommateurs fidèles, que faisons-nous concrètement des images qui nous entourent? C'est la question centrale de cette troisième exposition temporaire. Un objet figuré qui s'impose perpétuellement à nos yeux possède-t-il le pouvoir de nous soigner, pour peu que l’on soit superstitieux ou religieux ?
Ici, là où le goût semble s'altérer au contact du toucher, nous explorons comment notre imaginaire collectif — qu'il soit religieux, littéraire, politique ou philosophique — nous pousse à nous imprégner métaphoriquement des images, jusqu’au point de leur « ingestion réelle ».
Le MuMA (Musée de Mayotte) s'invite au Mucem avec une exposition inédite qui concilie transmission et métissage.
Sans céder à la folklorisation ni à la nostalgie, le parcours retrace l’identité plurielle de l’île : les influences austronésiennes, malgaches, swahilies, persanes et européennes y sont représentées à travers plus de 100 objets, témoins de la richesse de ce patrimoine.
Le chef d'oeuvre de Miguel de cervantès est toujours présent au Mucem pour dire son aspect comique, populaire et philosophique à travers plus de 200 oeuvres issues des collections du Mucem, de pret remarquables d'institutions francaises et internationales et d'une collaboration exceptionnelle avec la bibliothèque nationale d'Espagne.
Dans cette œuvre, Clément Cogitore métamorphose un fait divers géologique de 1831 en une méditation fascinante sur la curiosité humaine et l'absurdité du pouvoir. Il retrace l'épopée de ce volcan sorti de l'eau qui créa une île, disputée avec acharnement par quatre puissances mondiales avant que l'érosion ne l'engloutisse en seulement six mois.
L’artiste souligne le contraste saisissant entre utopie et dystopie. Il ressuscite techniquement cette île disparue en mêlant archives et imagerie virtuelle (scans 3D et relevés sonars) pour donner corps à ce « spectre numérique ». Clément Cogitore nous confronte ainsi à l'invisible : une terre tapie à seulement six mètres sous la surface de la Méditerranée, échappant physiquement à l'homme tout en demeurant un détonateur géopolitique potentiel.