Les photographies de Bertien van Manen (1935−2024) ne tiennent ni du journal intime, ni de l’album de famille. Si certains codes visuels peuvent y faire penser, elles ne répondent à aucun de leurs prérequis. Il n’est question ni d’elle, ni de rituels, d’événements ou de mises en scènes planifiées. Son oeuvre pourrait se définir comme une chronique intime et subjective de la vie des gens ordinaires, qui, ballottés par les vents d’une histoire qui s’écrit sans eux et parfois les dépasse ou les écrase, tentent de s’en sortir du mieux qu’ils peuvent — et c’est souvent bien plus héroïque qu’on ne le croit. Le hasard d’un autoportrait nous montre la photographe, une femme audacieuse, les cheveux en bataille, manches retroussées : on l’imagine libre, forte, rebelle et tenace. Une éphémère carrière de mannequin conduit Bertien van Manen à passer de l’autre côté de l’objectif pour commencer une vie de photographe dont l’engagement la mène à parcourir des terres lointaines pour révéler l’acuité sociale et le déterminisme d’une communauté.
Vernissage 3.07.2026, 19h
Commissariat : Jérôme Sother, François Cheval, Yasmine Chemali
Exposition coproduite avec le Centre d’art GwinZegal, Guingamp et avec la Fondation Bertien van Manen, Amsterdam.

