Première partie, Justin Adams et Juldeh Camara avec un pari audacieux. Il s’agit de rassembler la guitare de Justin Adams ( guitariste de Robert Plant ex Led-Zeppelin rien que ça!) avec les instruments traditionnels de Juldeh Camara. C’est une explosion de sons électriques qui viennent se noyer parmi les notes stridentes du kologo africain. Pendant que Juldeh Camara en habits traditionnels nous conte aventures, Justin Adams complice pose avec justesse chaque accord sur ces mots. La foule ne tarde d’ailleurs pas à se laisser transporter et à se déhancher tantôt aux rythmes lancinants du riti (violon à une corde) tantôt à celui endiablé de la guitare électrique. Un duo surprenant en prémices du punk-gypsy des Gogol Bordello mais qui se savoure à la tombée du jour sur les ruines antiques.
Guitare et kologo pliés, le théâtre antique se remplit. Les chefs de file du gypsy-punk, cette tendance qui allie le punk new yorkais aux musiques tsiganes étaient en effet très attendus. Connu pour ses concerts déjantés il faut pourtant dire qu’à son arrivée, le groupe ne paie pas de mine. Eugene Hütz (et sa légendaire moustache) déboule sur scène torse nu, bouteille de vin à la main, suivi des autres membres du groupe aussi survoltés. Bienvenue en terre de punk.. On craint légèrement pour les colonnes du théâtre mais tant d’énergie ravigote !
Car la musique des Gogol Bordello c’est comme une bombe. Le détonateur enclenché, impossible d’arrêter la machine qui vous explose en pleine figure. Accordéons, violons, guitares, une lampée d’alcool, tambours, danses,… le concert se déroule avec frénésie, le public est en véritable transe. Alors que le groupe épuise les morceaux extraits de son dernier opus, les premières notes de Start Wearing Purple sont lancées. Les fans des débuts sont ravis et le chanteur également. Si bien qu’il décide de faire fi des tenues blanches estivales et de gratifier son public de jets de vin rouge lancés ci et là. Les Gogol Bordello sont généreux, non seulement ils se donnent à fond sur scène mais ils sont également prêts à partager leur breuvage. C’est sur cette note que la soirée s’achève quelques chansons plus tard, un petit lavage à 60° prévu pour tout le monde et une soirée somme toute inoubliable.
Fanny Nicolas