Black Joe Lewis a une voix. Et même bien plus qu'une voix. Il a toutes les voix de la soul et du blues en une seule voix. Il chante comme un vieux crooner. On se croirait rapatrié quelques décénnies en arrière à l'époque des grand noms du blues et de la soul. Le public est venu en masse pour écouter le jeune texan, pas plus agé que 28 ans. Dans la foule, pas contre, impossible de définir une moyenne d'âge. Tous les âges sont présents, des nostalgiques de soul aux vieux rockeurs en passant par les amateurs de "soul revival" et les jeunes curieux. Black Joe Lewis et les Honeybears semblent mettre tout le monde d'accord.
Sur scène, les morceaux sonnent tantôt country tantôt soul et surtout, ils ont tous un tempo endiablé. Black Joe Lewis passe de la guitare à l'harmonica pendant que les instruments des musiciens hurlent de groove : saxo, saxo alto, trompette, guitare, basse et batterie. Les morceaux de l'album Tell Em What Your Name Is prennent toute leur dimension en live : Sugarfoot, Big Booty Woman, Gunpowder...
Un détail ne nous aura pas echappé, Black Joe Lewis aime les femmes et il les aime jusqu'à acoller des photos de filles sexy sur sa guitarre. Il réussira même à dire une phrase en français avec un délicieux accent américain : Les filles sont jolies ! ll faut dire qu'elles le lui rendent bien et dansent avec frénésie transformant le Cabaret en dance-floor. Après plus d'une heure et demie de concert, le groupe va définitivement gagner sa place dans le coeur du public en effectuant plusieurs rappels, cinq pour être plus précis.
A tous les amateurs de blues, n'ayez crainte, la relève est assurée.
L'interview
On sent des influences soul et jazz dans votre musique. Quels sont les artistes qui vous ont inspiré ?
Je dirais James Brown, Elmore James, Lightin’ Hopkins, Iggy Pop, Slim Harpo et beaucoup d’autres…
Depuis combien de temps jouez-vous avec les Honeybears et comment vous êtes-vous rencontrés ?
Nous jouons ensemble depuis maintenant 3 ans. C’est Zach, le guitariste, que j’ai rencontré en premier. Nous écoutions de la musique ensemble. Il m’a demandé de jouer pour l’université du Texas et après cela nous avons créé un groupe, notre propre groupe que vous connaissez aujourd’hui. C’est Zach qui a constitué tout le groupe et amené tout les membres.
Votre premier album est une véritable explosion musicale. Certains titres comme Sugarfoot sont très entraînants. Comment écrivez-vous vos morceaux ?
En fait je pars loin… C’est fou car bien souvent, les sons viennent à moi. Je peux rester un an sans écrire une chanson et en écrire une en quelques heures. Je suis chanceux car en général les musiques viennent directement à moi.
Votre album Tell Em What Your Name Is ! est un véritable succes en France. Vous attendiez-vous à ce succès ?
Non, absolument pas. En fait j’aime la musique que je joue, j’aime jouer et je ne fais pas attention à tout ça. Je ne pouvais pas imaginer être à ce point reconnu en France. C’est tellement loin comme pays. Et je ne connais aucun français. Mais je trouve ça cool !
Est-ce vrai que vous avez dédicacé Bitch I LoveYou à la reine d’Angleterre ?
Je pourrais vous dédicacer cette chanson ou la dédicacer à n’importe qui. Mais vous avez vu Queen Elizabeth, c’est plus drôle et bien sûr c’est une blague !
Quels sont vos prochains projets ?
Nous allons probablement enregistrer un album l’année prochaine, début 2011. Pour l’instant nous continuons à tourner pour prouver notre talent et voyager dans le monde afin que les gens connaissent et aiment notre musique.
Que pensez-vous de la France, de Marseille ?
J’aime beaucoup le sud de la France, des villes comme Bordeaux, Marseille. Je ne suis pas un grand fan de Paris à vrai dire. Les Parisiens ne vous répondent pas quand vous leur parlez anglais. J’aime Marseille car les gens sont souriant et c'est une ville cosmopolite.
Linda Mouffek