Quelle est la place des entreprises dans Marseille Provence 2013 ? Et au-delà des aspects économiques, qu'est ce qu'elles peuvent apporter à la culture ?
Je crois que la place des entreprises est très large. Bien entendu, comme moteur économique, en élément additionnel au financement institutionnel, mais elles vont plus loin que ça. Nous sommes parmi les premiers à avoir anticipé, avec la création des Ateliers de l'Euroméditerranée, des endroits où l'on va accueillir des créateurs et des artistes dans les entreprises de tout le territoire. Il y a une dimension qui tient compte des cultures internes des entreprises : on veut accueillir des artistes, on veut faire parti de la création artistique du projet Marseille Provence 2013. Donc, il y a cette dimension financière et nous sommes un grand moteur économique, je pense, au sein de la Chambre de Commerce, Et aussi, entreprise par entreprise dans le cadre de l'accueil des artistes avec les Ateliers de l'Euromediterranée. Enfin, troisièmement dans l'accompagnement de ce projet, en terme d'accueil, d'infrastructures, d'hôtellerie...
N'y a-t-il pas le risque que cette implication des entreprise ne transforme Marseille Provence 2013 en un vaste espace publicitaire ? Avec une culture à deux vitesse, celle pour les partenaires et celle pour le grand public.
On verra. On n'a pas peur du succès. Donc, il vaut mieux gérer l'abondance. Maintenant, ce ne sera pas une foire publicitaire. Les entreprises le savent bien. Les grands partenaires le seront sous forme de mécénat. Le mécénat, ce n'est pas comme du sponsoring. C'est une participation, en général relativement discrète et s'intègre dans le projet plutôt qu'elle l'encadre.
Quel sera l'impact de la crise dans la recherche de partenaires ?
Le travail qui a été fait par l'association, et Hugues de Cibon en particulier qui est en charge de cela au sein de l'association a été de bien définir les différents niveaux, les différentes prestations et degrés d'interventions des entreprises, dans une échelle très large de 0 à 1,5 Million d'euros. Ce travail a pris du temps, comme le travail de programmation qu'est en train de faire Bernard Latarjet. Cela va permettre aux entreprises de savoir sur quoi elles souhaitent rentrer. Donc tout cela nécessite une mise en place et nous n'avons pas eu le temps de juger s'il y avait une incidence de la crise ou pas. Le fait que l'on signe bien en avance sur notre planning le premier grand partenariat est plutôt encourageant. De même, le fait de voir cet engouement qu'il y a au sein même du monde économique sur ce projet est aussi très encourageant. Ils n'ont pas encore sorti leur carnet de chèque, cela va venir, mais j'ai confiance.
Un premier partenariat a été signé avec la Poste, où en sont les négociations avec les autres entreprises ? Quelle devrait être la part des entreprises dans le budget global de Marseille Provence 2013 ?
Dans le cadre de la présentation de la candidature au jury européen, la part du monde économique a été présentée entre 15 et 20 % du budget, c'est-à-dire de l'ordre de 20 millions d'euros étalés sur les quatre ans. La part des collectivités est très importante, et donc nous sommes très vigilants là-dessus. Parce que les collectivités, elles-aussi, ont des soucis, mais elles ont jusqu'à présent montré véritablement beaucoup d'engagement et de volonté dans le fait d'accompagner ce projet.
En ce qui concerne les entreprises, on a une chance. C'est que l'on a un tissu d'entreprises très large, donc au fond, on ne cible pas toutes les entreprises. On a un « marché », si je puis dire, à aller chercher qui est très vaste. Par contre, c'est certain, que le monde économique a été très impacté par la crise.
Donc on a une bonne nouvelle, c'est que le marché est très large. On a une mauvaise, c'est que la crise a impacté. Mais nous avons en plus une autre bonne nouvelle : on est sur une recherche de trois, quatre ans, donc on a un peu de temps pour avancer.
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Propos recueillis par Jean-Baptiste Fontana