L'édition 2009 se montre à la hauteur de la réputation que le festival a su acquérir au cours des années précédentes : il s'affirme comme un événement de qualité, reposant sur un travail de recherche et de programmation fouillé et pertinent. A côté de la programmation filmique (nous retiendrons entre autres, et dans des styles complètement différents, Nocturna, la nuit magique de Victor Maldonado et Adrian Garcia, 2007 et King of New York de Abel Ferrara, 1990), nous avons été marqués une fois encore par la qualité, la fréquence et la richesse des débats engagés lors de ces journées.
L'après-midi du 17 novembre s'est ainsi révélé passionnant : au programme, deux débats autour de la question de l'éclairage architectural, avec Bruno Jourdan, délégué général du festival, comme modérateur. Le premier débat, animé et captivant, réunissait notamment Luc L'Hostis, directeur des collectivités territoriales d'EDF, Renaud Poulard, éclairagiste et collaborateur du CAUE 13 et Fraçois Migeon, concepteur lumière et président de l'Association des Concepteurs lumière et Eclairagistes. La variété des points de vue a permis un échange d'idée dynamique et stimulant, durant lequel il est apparu avec évidence que, bien que les angles d'approche diffèrent, les préoccupations d'actualité demeurent fortement liées au développement durable, et au « mieux-vivre » urbain. Il est également ressorti de ces échanges que le métier d'éclairagiste ou de concepteur lumière est une profession encore en devenir, mal définie d'un point de vue légal (il n'existe pas de diplôme), et dont les champs d'application se télescopent souvent avec ceux d'autres professionnels (électriciens, distributeurs de matériel électrique, architectes etc.). L'importance de la lumière dans la mise en valeur du patrimoine architectural a été soulignée et illustrée de façon convaincante.
Ce questionnement a également été repris lors du deuxième débat de l'après-midi, réunissant Corinne Vezzoni, architecte et Marc Speeg, concepteur lumière. La présentation du bâtiment des Archives et Bibliothèque départementales de Marseille, pour lequel elle a été nommée à l'Équerre d'argent, s'est révélée fort intéressante. On y a notamment découvert le processus créatif et l'inventivité inédite dont a su faire preuve l'architecte pour ce projet dans lequel les questionnements sur la lumière sont omniprésents, aussi bien lorsqu'il s'agit de protéger les documents fragiles des rayons du soleil, que lorsqu'il s'agit de magnifier la construction. Le travail de Keiichi Tahara, auteur de la « mise en lumière » extérieure du bâtiment est notamment à souligner. Après ces débats passionnants, le festival s'est conclu par une très agréable soirée de clôture en clair-obscur, grâce à la collaboration de l'éclairagiste Laurent Fachard.
Une seule conclusion, rendez-vous l'an prochain pour une nouvelle édition de ce festival qui demeure l'un des seuls évènements entièrement dédié à l'architecture dans le grand Sud, et touche aussi bien les publics scolaires et étudiants, que les professionnels, et tous les curieux !
Pour en savoir plus :
http://www.imagedeville.org
http://www.ace-fr.org/
Eve Roy