Le Théâtre des Salins présente « Chœurs de Cordoue », une expérience musicale aux multiples facettes et cosmopolite. Né de la réunion de deux amis depuis dix, Souad Massi et Eric Fernandez. L'une est algérienne et chanteuse et a évolué du rock aux chants traditionnels, du folk à la pop, du chaâbi à la musique berbère. Lui est Martégaux et guitariste flamenco, virtuose et grand compositeur. À l'origine, nous sommes amis depuis plus d'une décennie. Étant donné que nous avons un ami en commun, on s'est vu plus régulièrement ces derniers temps et on a commencé à jouer un peu ensemble. Alors, on a eu l'idée de faire un spectacle. J'ai proposé à Annette (la directrice du Théâtre des Salins) de nous produire, on a réuni des musiciens et nous voilà !, nous dit Eric Fernandez.
Le spectacle est multiforme : il y a un danseur de flamenco, un peintre en arrière-scène qui chaque soir s'exprimera selon ce qu'il ressentira sur le moment, explique Souad Massi. Et bien sûr, la guitare flamenca que la voix de Souad Massi sublime. Chœurs de Cordoue car cette ville au Moyen-âge était d'une grande diversité, il y avait des Chrétiens, des Juifs, des Musulmans et de nombreuses nationalités différentes et tout le monde arrivait à s'entendre et même malgré les différences. Tous travaillaient pour la culture, pour la science, pour faire avancer les choses. Pourquoi aujourd'hui n'en sommes-nous pas capables ? Cette sorte de société c'est un idéal que l'on veut défendre par le biais de la musique, avec beaucoup de naïveté et beaucoup d'espoirs... Pour ces artistes, comme le démontre la chanteuse algérienne, la finalisation de cette création représente une avancée culturelle, et aussi, d'une certaine manière, politique, où chacun peut travailler, participer à un projet commun par-delà diversités culturelles et barrières linguistiques.
De ce mélange né un véritable patchwork musical où influences défilent : le classique est le fil rouge de notre travail, c'est la base. Mais il y a tout un tas de style de musique : musique arménienne, andalouse, arabe, tango argentin...Eric Fernandez montre comment d'une esthétique classique fondatrice du socle musical du spectacle ils ont pu créer une musique inspirée de diverses musiques traditionnelle et pourtant totalement ancrée dans notre modernité. La constitution de la troupe n'en est pas innocente avec, en plus, un danseur, un piano, un accordéon, une batterie, un derbouka, une basse et des percussions.
Il y aura deux représentations à Martigues dans le Théâtre qui a vu naître l'œuvre et la troupe filera en tournée où déjà des dates sont programmées à Port-de-Bouc et à Châteauvallon.
Anysia Troin-Guis