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L'envoûtement

Publié par Pierre Lévy le 06/03/2019 - Modifié le 15/03/19 11:39
L'envoûtement

D'après l'oeuvre de Jean-Pierre DOPAGNE Comédiennes : Nathalie GUELTON et Anne-Laure GAILLARD Mise en scène : Gerard Moreni Décors : Giorgio LOMBARDO

Dans l’univers du travail, deux femmes. Une équipe, une concurrence, une guerre. Exister côte à côte, aimer, abîmer, dominer, écraser, ridiculiser, broyer, travailler, manipuler, s’apitoyer, haïr, s’écrouler, se relever, dégrader, être manipulé, obéir, séduire, pleurer, prendre la place de l’autre, gagner, manipuler, se valoriser, s’indigner, être influencée, devenir folle, prendre le pouvoir, mépriser, perdre…

La compétition, la rivalité entre deux femmes pour exister aux yeux d’un directeur, d’une hiérarchie. L’engrenage du système, l’exigence de la société : il faut être la meilleure, la première.

« L’envoûtement » est une pièce radicale, une pièce qui met en scène l’espace de l’humain, ce qui me lie à l’autre et ce qui me détruit, ce qui me fait vibrer et ce qui précipite ma chute. Où sont les frontières ? Où sont les responsabilités ? Jusqu’où aller pour exister ? Qui est victime, qui est bourreau ? Les mécanismes d’un harcèlement psychologique en direct.

Deux employées, un bureau, un patron invisible, des chats, une mère acariâtre : bienvenue au
Concert-Hall !

Le mécanisme est enclenché. La victime n’est pas celle que l’on croit.
Emprise, faux-semblants, ironie, acharnement, manipulations, absurdité, cruauté ordinaire, course à la reconnaissance. Dans l’univers du travail se joue la vie des êtres en mal d’amour. La quête d’un bonheur, d’une reconnaissance, d’un regard, amène chacun à bafouer ses valeurs. Les amitiés sont trahies, les ordres sont exécutés avec délice.

Dans « L’envoûtement », la vie privée et la vie professionnelle s’enlacent en un duo amoureux et vénéneux. Une danse de mort, une danse de l’achèvement. On glisse doucement au bord des frontières de l’humain, on glisse sournoisement au bord du monde.
Au bord du monde, des êtres tombent.
Au bord du monde, il ne faut pas se fier aux apparences.
Au bord du monde se faufilent des ombres de chats, s’entendent les cliquetis féroces des photocopieuses, se respirent les âmes de la réussite.

On rit, on est ému, on est séduit, on est bouleversé.