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Shy'm ''J'ai moins peur de me montrer telle que je suis.''

Quelques jours avant son concert à Marseille, Tamara Marthe alias Shy'm se confie sur sa passion pour la musique et la scène, mais aussi ses envies de théâtre et de cinéma.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 09/03/2018
Shy'm

 

Bonjour Shy'm, quel est le point de départ de ce nouvel album ? C’est déjà votre sixième.

Un retour aux studios, tout simplement. Après le précédent album, une envie de recréer, une envie de retrouver un public, de retourner sur scène. Faire un album c’est excitant, mais l’envie première c’est de retrouver son public.

Quand on a goûté à la scène ça devient essentiel un besoin plus qu’une envie finalement. On a été piqué assez vite même si j’ai commencé assez tard, mais une fois que j’y ai goûté, ça me manque très vite finalement.

Comment décrire les sensations du live ?

C’est difficile à expliquer, c’est unique. On ne les retrouve pas ailleurs, il n’y a que sur scène qu’on peut les avoir. Devant un public, c’est grisant, c’est excitant. C’est un mélange d’angoisse, de stress, de trac. Je suis une personne très très "traqueuse".

Le trac continue une fois que le concert à commencé ?

Il continue ! Et en même temps c’est tellement bon ! Je crois que le trac fait aussi partie du plaisir. Il y a une énergie qui est différente. Ce qui s’y rapprocherait peut être, c’est la sensation que l’on retrouve avant de faire quelque chose qui fait peur. Un saut à l’élastique, un saut en parachute, quand on fait des choses que l’on n'a pas l’habitude de faire et qu’on a cette sensation de danger.

"Je suis poussée par l’adrénaline, la passion… et le public"

Et du coup, quand le concert s’arrête, c’est une frustation, de la fatigue ?

C’est un tout, parce que, évidemment, quand on sort de deux heures de scène et qu’on a tout donné forcément on ressort un peu lessivé. C’est un peu le vide. Mais ce qui fait du bien, c'est qu'on sait qu’on va remettre les pieds sur une scène le lendemain.

Après, il y a des soirs qui se passent mieux que d’autres. Des soirs qui sont magiques. Des fois où la rencontre avec le public se fait de façon incroyable et on ne peut expliquer pourquoi ou comment. Ca dépend des gens qui sont là, de votre forme, des musiciens… de plein de choses. D’autres fois on ressort un peu déçu de sa performance. Mais ça n’empêche pas que ça a plu au public. Et vice versa.

"C’est toujours différent. On répète toujours les même concerts, mais on ne répète jamais la même soirée. Chaque soirée, chaque ville et chaque public sont uniques."

Des souvenirs particuliers dans le sud ?

Les dates dans le sud sont toujours remplies d’énergie et d’expressivité. Le Marseillais est expressif ! Il dit quand il est content. Quand ça lui plaît ou pas.

C’est déstabilisant ?

Oui, très. Forcément, il y a des moments un peu particuliers. Mais c’est ça qui est bien aussi et qui fait que les soirées diffèrent. On a des réactions très différentes dans le show. Marseille fait partie des villes qui sont importantes.

C’est aussi un retour sur scène. Ca faisait pas mal de temps ?

Ca fait trois ans je crois. Il y a une appréhension, parce que ça fait longtemps, qu’il y a moins d’automatismes. Il y a un nouveau concept, une nouvelle formule de concerts dans des salles plus intimistes. Donc forcément le show sera différent.

C’est un nouveau challenge pour moi. J’ai toujours eu l’habitude d'être portée par un show très monté. J’étais rarement seule sur scène. C’est une mise en danger de me retrouver seule, de ne pas savoir quoi faire, pas savoir quoi dire.

Au bout du sixième album, je me dis que c’est le moment de le faire, de me mettre en danger. Le peu de fois où j’ai pu le faire dans ce contexte, j’ai trouvé ça super excitant, davantage libéré. De me retrouver seule avec mes musiciens, il y a quelque chose de plus organique, il y a moins d’artifice.

Et plus de proximité avec le public aussi…

Forcément. Un public que je vais voir et sentir davantage. C’est quelque chose qui est à double tranchant : ça m’angoisse autant que ça m’excite. J’ai très envie d’y aller !

Il n’y a que la musique dans votre actualité. Il y a eu la danse, la présentation de la Nouvelle Star, les aventures… Il y a plein de métiers. Qu’est ce qui vous pousse à explorer ces univers ?

Tout simplement l’envie, la curiosité. Je pense, ça fait aussi partie de mon caractère, de mon tempérament.

"J’ai toujours été quelqu’un de très curieux avec l’envie de découvrir les choses, de me mettre en danger."

Même dans la vie perso, ce sont toujours des choses à sensation. Je suis toujours attirée par les nouvelles expériences. J’aime beaucoup apprendre. J’adore avoir peur, sortir de ma zone de confort. J’aime bien me sentir vivante dans ces moments là, sentir que j’ai mal au ventre, que j’ai le cœur qui bat à 10.000 à l’heure.

Mike Horn, c’était des douleurs physiques. Je n’ai jamais autant souffert de ma vie. La Nouvelle Star, c’est vraiment un stress.

Je me souviens de mon équipe qui m’a dit « voilà, on ne t’a jamais vue autant stressée depuis le début de ta carrière ». J’étais en train de trembler entre mes plateaux du cheveu à l’orteil. C’était un stress énorme de me retrouver à faire un direct sur M6 d’une émission que je regarde depuis des années. Me retrouver à la place d’animateurs que j’admirais. Il faut être un peu fou pour se mettre en danger comme ça !

Et à la fin, il y a du plaisir. Et c’est ça qui est important.

Après la tournée, quels pourraient être vos nouveaux défis ?

Le cinéma et le théâtre. C’est un fantasme. J’en ai fait quand j’étais plus jeune. Aujourd’hui, de le faire plus sérieusement, et via Shy'm, je serai attendue.
Je sais que pour beaucoup je serai attendue au tournant. Et en même temps, ça fait partie du jeu, et je n’ai pas envie de me priver pour ça.

Et le cinéma ?

J’ai toujours une petite superstition. J’aime bien parler des choses quand elles sont faites. Pour le moment, il n’y a pas de choses concrètes, mais c’est une réelle volonté pour moi.

On vous connaît sur scène comme Shy'm, on sent là, une volonté de vous affirmer sous votre vrai nom, Tamara?

Pendant un temps, j’ai eu la volonté de montrer ce personnage au travers de la musique et montrer une partie de ma personnalité. J’ai toujours été très pudique, même si ma timidité aujourd’hui est différente. En revanche, les années ont fait que je connais mieux mon métier et que j’ai moins peur de rapprocher ces deux facettes. J’ai moins peur de me montrer telle que je suis.

Et pas uniquement la femme que l’on voit sur scène.

"On fait tomber le masque, il n’y a plus d’artifices, de déguisements. Il y a les sentiments, il y a des mots, sans filtre, il y a juste vous."