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Rencontre avec Patrick Fiori

Publié par Clémentine Carreno le 20/11/2014
Rencontre avec Patrick Fiori

En séance de dédicace le mercredi 12 novembre au Cultura d'Aubagne, Patrick Fiori nous a parlé de son nouvel album Choisir

Votre nouvel album s'intitule Choisir, qu'est-ce que cela signifie ?

Cela fait plus de vingt ans que je fais ce métier et cela détermine une vie. Pour moi c'est un choix de vie que j'ai fait il y a longtemps mais les choix de tous les jours sont plus difficiles à faire. C'est aussi pour cela que je fais cette grimace sur la pochette, quand je choisis je pince la lèvre et je ferme les yeux. C'est rapide mais j'ai voulu figer ce moment pour que ce soit raccord avec mes envies.

 

La chanson Choisir m'a donné le ton de l'album. Juste avant sa création, je suis passé par une période personnelle très compliquée. J'ai fait des choix mais ils étaient tellement compliqués, tellement traumatisants pour moi qu'il fallait que cela sorte. Je ne pouvais pas les garder enfouis au fond du ventre. Comment transformer le difficile en mignon, sympa et surtout moins compliqué ? Il faut faire des chansons ! Ma thérapie a été, un petit peu, ces choix qu'il a fallu que je fasse. C'est marrant parce que je sortais d'un concert et c'est dans la voiture que Choisir m'est venue pratiquement de la tête au pied. La musique s'est écrite du début jusqu'à la fin, après j'ai travaillé le texte.

La chanson Choisir m'a donné le ton de l'album.

Ca y est, tout rentre dans l'ordre dans ma vie ! Dans ma tête de chanteur, je me suis dit "cela fait vingt ans que tu choisis de faire des concerts, de faire des albums", donc l'album va s'appeler Choisir et il ne restait plus qu'à choisir les chansons. C'est une liberté, des émotions, un regard sur les choses. Je suis toujours dans l'observation depuis tout petit. Cet album est un coup de rétro personnel mais aussi sur cette société, sur ce monde, sur ce qui se passe. Dans la chanson Demain, je montre que la nouvelle génération me pointe un peu du doigt en tant qu'adulte responsable. Nous sommes plein dans ce cas là, en tout cas moi je dois certainement en faire partie. J'en parle parce que la paternité fait penser à cela aussi, comment va se comporter cette planète sur laquelle vive nos enfants ? C'est pour cette raison que Demain, co-écrite avec Jean-Jacques Goldman, m'a énormément séduit. C'est un choix ici aussi, le choix de laisser un endroit un peu déplorable à une génération qui arrive et qui va essayer de redresser un peu la barre. Et j'y crois très fort !

 

En parlant de Jean-Jacques Goldman, il est une fois de plus très présent sur ce nouvel album. C'est important pour vous qu'il fasse toujours partie de vos projets ?

 

C'est plus qu'un besoin, c'est une envie parce que ce mec est top, il sait ! Il n'y a pas de discussions qui ne veulent rien dire, c'est clair et net avec lui. Et puis moi je travaille avec les mêmes musiciens depuis des années. Dans mon équipe, quasiment 80% des personnes sont toujours les mêmes qu'il y a quinze ou seize ans.  J'aime cette fidélité là parce que je pense qu'on peut quand même évoluer en se parlant musicalement, dans la vie. Il y a souvent des équipes où cela tombe dans le "côté pantoufle" et là non parce que les mecs avec qui je bosse sont des fous furieux ! Ce sont déjà des grands professionnels, des gens avec une tendresse incroyable et avec qui, c'est rare aujourd'hui, s'est liée une amitié. Avec Jean-Jacques, c'est un pareil. Cela fait treize ans que l'on travaille ensemble et on se régale, c'est super ! C'est un mec de ma famille musicale, ce qu'il écoute moi j'écoute.  

Dans mon équipe, quasiment 80% des personnes sont toujours les mêmes qu'il y a quinze ou seize ans.

J'ai commencé à m'ouvrir un peu, il y a Bénabar. J'ai fait une entrave à la règle ! Je l'ai trouvé tellement super Bénabar, je ne savais pas qu'on allait faire une chanson ensemble en lui parlant. En tant que bénévoles au Restos du Coeur, on a bu quelques cafés ensemble. J'avais une musique et puis je cherchais un auteur, j'ai eu cette idée de lui envoyer. J'ai cru que j'allais me la reprendre dans la gueule et qu'il allait me dire "attends Fiori c'est bon, buvons des cafés, fais tes chansons et voilà !". Et puis pas du tout, il a fait le texte vingt-quatre heures après. J'étais en train d'enregistrer des maquettes de chansons de l'album Choisir. Le texte est apparu sur l'écran et j'ai dit à Patrick Hampartzoumian "laisse-le, laisse-le !". J'étais derrière mon micro, j'ai chanté et il m'a sorti la session. J'ai écouté, on l'a gardé. On l'a envoyé à Bénabar en lui demandant ce qu'il en pensait, il a répondu que c'était top ! Une belle coïncidence car je connaissais déjà son travail et c'est un bel artiste Bénabar. En tout cas on a posé des jalons tous les deux et on a compris que la variété était un mot adapté à tous les styles musicaux finalement. 

Je l'ai trouvé tellement super Bénabar, je ne savais pas qu'on allait faire une chanson ensemble.

Il y a aussi Tommy Chiche, beaucoup l'ont découvert lors de vos premières parties sur l'Instinct Masculin, pouvez-vous nous parler de lui ?

 

Déjà on ne parle pas de Tommy, on parle de sa famille. Ses parents sont amis de la famille depuis trente ans et même plus, j'ai toujours l'impression que cela fait trente ans mais on se connait depuis tellement longtemps. Dans cette famille là, il y a un enfant qui s'appelle Tommy. Au départ, on part en vacances, il est là, il est bébé. Les années passent, Tommy grandit et commence à chanter un peu. C'est rigolo au début, c'est comme moi quand j'avais cinq ans je poussais la chansonnette, cela faisait rire tout le monde. Et puis il revient avec une guitare et en un an il sait jouer comme un fou furieux, il écrit et il compose. Un jour, il vient et il me dit "assieds-toi je vais te faire écouter deux trois trucs". Il me joue trois chansons et là je me dis que je n'ai pas vu passer cela ! C'est un garçon talentueux qui a envie de chanter comme j'ai pu avoir envie de chanter, on se ressemble pas mal finalement sur ce genre de choses.

Tommy est un garçon talentueux qui a envie de chanter comme j'ai pu avoir envie de chanter, on se ressemble pas mal finalement sur ce genre de choses.

J'ai l'intime conviction que c'est de plus en plus difficile, pour la nouvelle génération, de trouver des parrains.  Alors, je ne suis pas du tout "parrain" de Tommy, je suis juste son ami mais moi j'aurais aimé, à l'époque, que l'on me tende la main. Il a fallu que je me batte plus fort, que j'aille au charbon. Il n'y a rien sans rien, c'est sûr mais peut être que j'aurais pu éviter trois petites bricoles pas très sympa. Tommy est là, il a du talent et puis moi je suis son ami, ce qu'il propose à moi et au public c'est bien donc je l'ai emmené avec moi. On a fait une grosse tournée en Belgique, ensuite il est venu sur l'Instinct Masculin chanter et là sur Choisir, il est venu au Zénith de Paris. C'est génial parce qu'on a fait notre premier Zénith tous les deux, je ne l'avais jamais fait et lui non plus. On a une chanson, J'espère que tu vas bien, ensemble sur l'album et là il va venir au Dôme de Marseille le 22 novembre. C'est un garçon qui fédère, j'ai vu qu'il y avait beaucoup de gens qui fréquentaient les réseaux sociaux le concernant et qui sont là. Il sait se faire aimer, parce que c'est juste un amour et surtout il a du talent c'est pour cela qu'il est là !

C'est génial parce qu'on a fait notre premier Zénith tous les deux, je ne l'avais jamais fait et lui non plus.

Ecrire pour les autres, c'est quelque chose que vous aimez ?

 

J'écris déjà pour quelques artistes, quelques filles, puis là je suis en train d'écrire à nouveau. Mais en fait, cela prend beaucoup de temps de s'occuper de soi. Déjà défendre un album et une tournée, c'est beaucoup. Il faut trouver du temps pour les autres et surtout les bonnes chansons qui vont séduire les gens qui vont peut être les chanter. Mais il y a déjà des jeunes femmes qui sont en train d'enregistrer des chansons que j'ai composé l'année dernière et où Tommy a participé d'ailleurs. Alors attention à Tommy, il vous réserve des surprises. Enfin moi je dis ça, je dis rien ! 

 

Si Patrick Fiori devait choisir une chanson, sur cet album, ce serait laquelle ?

 

Non là, je ne peux pas choisir parce que j'ai choisi le nombre de chansons. Je pourrais répondre à cette question mais il faudrait me laisser un peu plus le temps en tournée, après une cinquantaine de dates à peu près. Ce sera alors une des chansons sur scène mais là de l'album, je suis super bien avec toutes. En fait, je crois que c'est devenue une question de chanteur pur et moi je ne suis pas que chanteur. Je co-réalise mes albums, j'écris et je compose. Je prends un tel plaisir à passer autant de temps sur la compositions, l'arrangement, la réalisation, les percussions... le paquet cadeau autour de la chanson, que du coup j'ai une affection, une tendresse pratiquement identique pour toutes les chansons de l'album.  Même si Jean-Jacques m'offre un texte, il faut faire l'arrangement derrière. Lorsqu'on la reçoit elle est piano/voix ou guitare/voix, derrière il faut savoir où l'on va. Si on la laisse telle quelle, les radios n'en voudront pas car c'est trop triste ou trop lent. Il faut réfléchir, elles se formatent un petit peu dans ma tête pour répondre à une certaine exigence et envie mais celle du cœur des gens on ne peut pas la changer c'est eux qui décident. C'est ce qui est magique, on ne s'attend pas forcément à un succès.

 

J'ai une tendresse pour chaque chanson de l'album

Le public a une autre perception, une autre vision des choses et je pense que c'est une histoire de période aussi. On se dit, parfois, "ah tiens cette chanson je vais la sortir en été parce qu'elle fait été" et c'est un flop ! Il y a tellement d'exemples, de contre-exemples que ce sont, au final, les gens qui font la pluie et le beau temps. Si je vous parle de Notre Dame de Paris et de Belle, personne n'en voulait à l'époque. On en a vendu 19 millions, c'est un truc de fou ! Donc moi j'ai mes idées, je me dis Elles pour le premier single, on tente le coup. Je suis crédible par rapport à l'album Choisir, des "Elles" je connais, j'en ai eu beaucoup autour de moi rien que dans ma famille. Donc oui je suis crédible quand je parle des femmes. Le deuxième single, J'espère que tu vas bien, peut être un peu risqué parce que Tommy n'est pas spécialement connu, on m'a dit un milliard de trucs mais je m'en fous. J'ai annoncé à Tommy que ce serait le deuxième single, qu'on tournerait le clip dans deux semaines, il était heureux et moi aussi ! Et le troisième c'est Choisir et on est en tournée. Pour l'instant les radios sont plutôt gentilles avec nous, elles commencent à pas mal diffuser la chanson.

 

Sur scène, vous interprétez des nouvelles chansons entremêlées aux anciennes, pourquoi ce choix ?

 

Je fais cela parce que quand je vais voir un concert, par exemple de Bruce Springsteen, j'attends qu'il me chante Streets of Philadelphia ou Born in the USA. S'il ne la chante pas, ok c'est bien mais j'ai besoin, à un moment ou à un autre, que le chanteur me chante la chanson qui m'a fait craquer. Alors c'est pour cela que, sur un album jeune de quelques mois comme Choisir, je chante Que tu reviennes parce qu'il y a des gens qui ont adoré cette chanson. Je joue aussi Sans Bruit, Je sais où aller, Toutes les peines, Quatre mots sur un piano et, évidemment, les chansons de l'album Choisir. J'imagine à chaque fois, le moment où la personne dit à son amie "tu vois, je t'avais dit qu'il allait la chanter" ! Et là cela veut dire qu'elle s'identifie et qu'elle se dise "je la connais, elle est passée dans mon salon ou dans ma voiture". Je pense que c'est important de toujours aller chercher, sur les albums précédents, les chansons qui ont pu marquer les gens ou en tout cas qui leur ont fait plaisir. 

Quand je vais voir un concert, par exemple de Bruce Springsteen, j'attends qu'il me chante Streets of Philadelphia ou Born in the USA

Patrick Fiori sera en tournée dans la région pour présenter Choisir à son public. 



Propos recueillis par Clémentine Carreno

 

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