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Deleuze, Hendrix par Angelin Preljocaj le reportage

Entre mouvement de la pensée et mouvement de la danse, il n'y a qu'un pas et il est brillamment chorégraphié par Angelin Preljocaj.

Publié par Pauline . le 15/07/2021
Deleuz, Hendrix par Angelin Preljocaj le reportage

Dans l'univers d'Angelin Preljocaj, il y a toujours un vocabulaire chorégraphique unique, incisif, percutant, précis. Il y aussi des œuvres que l'on pourrait qualifier de « grand public » et d’autres plutôt « d’expérimentales » en cela qu’elles sont construites de façon plus atypiques, en apportant un regard nouveau.


Baptisée « Deleuze / Hendrix », la création de ce mois de Juillet 2021 est du deuxième type et c'est un excellent cru.

Vue à « Montpellier Danse » puis à Aix en Provence dans le cadre de « Un air de Danse #1 », « Deleuze / Hendrix », se situe, pour les connaisseurs, quelque part entre la création 2018 "Gravité" et l'OVNI "Empty Moves" aux multiples opus. De "Gravité" il conserve l'esthétique et les ensembles sculptés par les créations lumières de Eric Soyer ; de "Empty moves" il reprend des éléments de bandes-son narratives. A cela s'ajoute la sensualité des duos, des costumes et des sons.

Quelle idée folle ! Celle d'unir sur une même bande-son, d'un côté la voix du philosophe Gilles Deleuze évoquant rien moins que les pensées de Spinoza sur le sens de la vie, le sexe, la mort et l'éternité - de l'autre les accords hyper sensuels de la musique de Jimi Hendrix.
Alors que la musique du guitariste nous pousse à l'abandon, les propos du philosophe eux accaparent notre réflexion. Ce va et vient, cette ambivalence, collent parfaitement à l'univers de la danse en général mais particulièrement à la gestuelle d'Angelin Preljocaj. C'est-à -dire un langage du corps évoluant sur le fil entre laisser-aller des mouvements et contraintes des techniques.



La chorégraphie elle-même fait la part belle aux images fortes et à l'évocation du cycle de la vie : sexe, naissance, mort... philosophie et rock’n roll.  
Les 8 danseurs sont absolument irréprochables. On ne peut pas ne pas mentionner l'interprétation impressionnante de la danseuse Clara Freschel enceinte dont le corps attire évidemment tous les regards et cristallise le propos chorégraphique.
Les duos sont sensuels et les ensembles pleins d'énergie, parmi de nombreuses pépites celui qui accompagne le titre "Foxey Lady", très esthétique, fait la part belle à la fougue du danseur Baptiste Coissieux entouré des autres interprètes – il est mémorable.

Chacun trouvera avec plaisir ce qu'il veut dans ce « Deleuze / Hendrix » :

Une parabole sans manichéisme ni naïveté, une réflexion philosophique sans prise de tête sur le cycle et le but de la vie, une chorégraphie et une interprétation inspirée ... mais beaucoup y verront une pièce incontournable ! 











 Didier PHILISPART

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