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Vasarely Plasticien, le maître de l'Op Art comme vous ne l'avez encore jamais vu

A partir du 6 octobre 2018, la Fondation Vasarely vous propose de découvrir le parcours atypique de Victor Vasarely au travers d'une exposition inédite "Vasarely, Plasticien".

Publié par Sylvie B le 15/10/2018 - Modifié le 11/10/18 09:42
Vasarely Plasticien

Victor Vasarely,  un artiste multifacette ? 

Comment cet artiste hongrois est-il parvenu à s’imposer en tant que figure incontournable de l’Abstraction et à bouleverser complètement les codes de l’Art du XXème siècle ? C’est ce que nous propose de comprendre la salle des présentoirs via un parcours didactique retraçant les différentes périodes qui ont marqué son travail à travers des œuvres inédites.

Fidèle à ses convictions et à l’enseignement dispensé à l’école d’Art « Mühely » dans laquelle il a étudié, Vasarely souhaitait l’Art fonctionnel et à la portée de tous.  En 1930, alors dessinateur assoiffé de créativité, il quitte Budapest pour Paris, capitale des Arts et de l’avant-garde où il travaille comme graphiste publicitaire pour faire vivre sa famille (Air France, L’Oréal…) 

Fort de ses nouvelles fréquentations d’artistes de « l’Ecole de Paris » et de ses études de médecine qui lui permettent d’acquérir une grande connaissance du corps humain, il réalise plus tard des œuvres plus symboliques presque réalistes. Des paysages, des portraits d’une finesse de trait inouïe….il fait un peu de tout sauf du Vasarely. Il déclassera ces œuvres au rang de « Fausses Routes » en 1946. 

C’est alors que les paysages réalistes se muent en abstraction géométrique. Désireux de rompre avec la tradition picturale, les galets deviennent des ellipses et les craquelures de carreaux en faïence des lignes. Ses recherches le mènent à la découverte du losange en tant que version cinétique du carré : vu de biais, il est en mouvement dans l’espace-temps.

Naissance de l’Op Art et de l’Art Cinétique

C’est grâce à la photographie et à travers l’opposition du noir et blanc, de l’ombre et de la lumière, du négatif et du positif que Victor Vasarely va pouvoir créer ses premiers effets optiques de manière plus simple et inventer l’Op Art qui exploite la faillibilité de l'œil à travers des illusions ou des jeux d'optique en associant l’Art et la Science. L’Op Art fait l’objet d’une exposition aux Etats Unis en 1955 qui révolutionne la perception, l’oeuvre d’Art et qui consacre Vasarely « père de l’Op Art » et personnage le plus éminent de cette époque. 

Mouvement artistique de l’Art en mouvement, l’Art Cinétique s’attache à rendre les œuvres évolutives, transformables par le spectateur qui devient acteur de sa contemplation sensorielle.

Désireux de diffuser son Art au plus grand nombre, il invente un alphabet plastique universel coloré faisant référence aux éléments graphiques fondamentaux qu’il compose d’unités plastiques. Chaque unité comprend deux éléments géométriques s’emboîtant l’un dans l’autre. Ce principe est breveté en 1959.

Si la salle des présentoirs nous explique comment Vasarely a inventé l’Op Art, nous sommes invités à expérimenter sa maîtrise des illusions optiques et à jouer de notre regard avec les œuvres prêtées par le collectionneur Lucien Arkas dans la salle éponyme.

Démocratiser l’Art.

Nous avons tous admiré au moins une fois dans notre vie une œuvre de Victor Vasarely sans parfois même le savoir. Du Centre Architectonique qu’il a créé en 1976 à Aix-en-Provence jusque dans la rue, du logo Renault à la façade du siège RTL, Vasarely a envahi le monde entier de son Art social visant à créer un monde meilleur 

Dans la salle des présentoirs, Les 6 présentoirs restaurés sur les 22 conçus par l’artiste nous permettent d’admirer de nombreuses études sur l’Art et la Cité grâce à des vitrines animées par un ingénieux système mécanique et sont présentées dans leur scénographie originale. 

Parmi ces études,  celles sur sa « Cité polychrome du bonheur », vaste programme urbain utopique d’intégrations architecturales monumentales visant à soulager les habitants des vicissitudes de la vie quotidienne. Ces créations avaient pour vocation d’être intégrées à la fois sur les façades des immeubles mais aussi dans les appartements. 

Au lieu de s’inspirer traditionnellement des formes d’expression artistiques de la société pour créer de l’Art, Vasarely veut créer de l’Art pour le diffuser dans la société. La salle des éditions nous présente le multiple qui s’inscrit dans l’utopie de la démocratisation de l’Art accessible à tous et à toutes les bourses.  Grâce à la machine mise au service de l’Art, l’œuvre n’est plus un exemplaire unique mais se multiplie en 15, 100, 1000 exemplaires. Des sérigraphies visant à améliorer le quotidien des citoyens et qui peuvent s’intégrer sur les murs, dans les appartements, sur les façades…jusqu’à conquérir l’ensemble de l’espace urbain.

Bien que sa « Cité polychrome du bonheur » soit restée une utopie, les œuvres de Vasarely ont inspiré et inspirent toujours les mondes de la mode, de l’architecture, du design…Nous pouvons nous demander finalement si Vasarely n’a pas gagné son pari de démocratiser l’Art à travers l’héritage qu’il a laissé derrière lui. 

                                                                                             Betty Nicolas