chargement en cours

Dans les coulisses du feu d'artifice de Toulon

Comment sont tirés les feux d'artifice ? Découvrez l'envers du décor du spectacle pyrotechnique de Toulon de ce dimanche 11 septembre.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 12/09/2016 - Modifié le 13/09/16 18:55
Dans les coulisses du feu d'artifice de Toulon

Dimanche soir, 22h15, l'anse du Fort St Louis s'embrase pour le feu d'artifice qui clôture trois jours de fête pour la Coupe de l'America. Le show dure 16 minutes précisément et fait l'unanimité parmi les 20.000 spectateurs environ présents sur les plages.
En amont, c'est tout un travail de préparation pour réussir le spectacle dans des conditions de sécurité optimales.

J-21 - La conception artistique du feu d'artifice

La ville prépare trois jours de grand spectacle pour les régates de la Coupe de l'America, ils seront conclus par un feu d'artifice. Les artificiers de Jacques Couturier Organisation imaginent leur spectacle dans leur entrepôt en Vendée. Ils écrivent sur le papier et sur ordinateur les différentes séquences. "Tout est écrit, comme un scénario, à la manière d'un peintre" nous expliquent t-il. Ces artificiers ne fabriquent pas pour autant les fusées, elle proviennent de Chine ou d'Europe.

Pour ce feu de Toulon, pas de musique en accompagnement cette fois-ci, on parle alors de "Feu Sec". Du coup les artificiers travaillent sur des projectiles plus ou moins bruyants. Ils jouent aussi avec le plan d'eau qui permet l'utilisation de bombes aquatiques : elles partent dans l'eau, et explosent dans un second temps.

Ces dernières années, de nouvelles fusées sont apparues permettant d'écrire des motifs dans le ciel. C'est un exercice délicat, car les fusées tournent sur elles-mêmes lors de leur envol, il est donc difficile de positionner bien comme il faut les lettres.

J-7 - Fabrication du feu

Les fusées sont préparées dans les entrepôts des artificiers et envoyées à Toulon. Fini les temps des artificiers qui allumaient le feu à la main avec une mèche, désormais tout est automatisé. C'est donc à ce moment que les artificiers programment leur machine avec le déroulé complet du feu d'artifice.

J-3 Préparation de la barge

Une équipe de six artificiers va travailler à la Seyne durant trois jours pour monter le pas de tir sur une barge.

H-3 Arrivée de la barge sur le site de départ

Un périmètre est établi. La baignade et la navigation sont désormais interdits sur la zone. Cet espace est calculé très précisément : La plus haute fusée partira au maximum à 200m depuis un tube de 200mm, la distance minimum de sécurité sera donc de 260m minimum pour ce feu.

C'est à ce moment là également qu'un point sécurité est réalisé. Outre les distances de sécurité, il faut savoir si le feu pourra être tiré.

Pour chaque feu d'artifice, une étude de sécurité est réalisée en amont, la préfecture donne son avis, mais c'est au maire que revient la décision finale. Pour le 14 juillet, exceptionnellement, la préfecture avait interdit tous les feux d'artifice dans le Var à cause du mistral. Depuis l'attentat de Nice, les conditions sont beaucoup plus strictes pour la sécurité du public, mais pour un risque d'attentat.

Le vent est un paramètre important. Au delà de 54km/h, pas question de le tirer, c'est trop dangereux, y compris si le vent souffle vers la mer, comme c'est souvent le cas au Mourillon. L'absence de vent n'est pas non plus une bonne chose. Certes aucun danger dans ce cas là, mais une légère brise permet d'évacuer les fumées et donc un plus beau spectacle.

Selon les artificiers, la pluie n'est pas gênante. "Sauf en cas de trombes d'eau, les fusées sont bien protégées de la pluie et ne craignent pas plus que ça l'humidité" nous expliquent les artificiers. Par contre, attention aux orages et aux éclairs qui eux pourraient, d'une part, endommager les installations électriques mais aussi déclencher accidentellement des fusées. En fait, en cas de pluie, ce sont souvent les mairies qui préfèrent annuler pour le confort des spectateurs.

H-1 La barge est évacuée, derniers préparatifs

Il n'y aura personne sur la barge durant le feu d'artifice. Les fusées sont allumées de manière électrique : une impulsion allume la mèche noire et la bombe part immédiatement.

Si la barge a jeté l'ancre au milieu de l'anse, la liaison avec les artificiers se fait uniquement par radio HF. Le poste de tir est installé à quelques centaines de mètres, sur la plage. C'est d'ici que seront envoyées les commandes de tir par l'ordinateur.

22h15 - Top départ

L'heure H arrive. Depuis l'attentat de Nice, la ville de Toulon a décidé de maintenir l'éclairage public pendant le feu d'artifice. La procédure d'autorisation du tir est essentielle. C'est le maire en personne, Hubert Falco qui donne le coup d'envoi après avoir eu la confirmation par les différents services de sécurité, en mer et sur terre que tout était OK.

Côté artificiers, une fois l'autorisation obtenue, ils peuvent enclencher leur programme. Concrètement, c'est un jeu d'enfant : ils entrent la clé dans la machine, la tourne et appuient sur le bouton "top départ". Outre les trois coups prévenant l'imminence du feu, tout se fera automatiquement selon le programme du tir, sans que les artificiers n'aient besoin d'intervenir. Ils peuvent néanmoins quitter à tout moment ce pilote automatique pour reprendre manuellement la procédure de tir.

C'est parti pour 16 minutes de spectacles, plusieurs milliers de bombes vont être tirées.

H+1 Procédure de déminage

Le feu est terminé, le public a quitté la zone. Place désormais aux "opérations de déminage" comme pour une alerte à la bombe. Il s'agit pour les artificiers de vérifier que les fusées sont bien partie et de neutraliser si besoin celle restées sur la barge. Les artificiers finiront leur longue soirée aux alentours de 4h du matin.

 

On en parle sur Frequence-sud.fr