Jonathan, vos spectacles mêlent piano, percussion, chant, sketchs, théâtre et délires indescriptibles. Parlez moi du processus de création, cela commence en musique, sur une idée ?
Cela commence en générale sur une idée "musicale", c'est le langage qui nous est le plus familier. Idée musicale qui s'inscrit dans la trame de base qui va nous servir de spectacle. Et tel un puzzle, les choses s'assemblent, parfois rapidement car tout semble tellement logique, des fois c'est plus long.
Puis avec le temps et les premières représentations, le spectacle évolue jusqu'à ce qu'on trouve et fixe la forme qu'on estime la plus juste, la forme définitive.
Mais c'est un peu plus complexe que cela. Il n'y a pas de règle ou de "modus operandi", et le processus de création peut être différent selon le morceau, et je dirais même selon le moment, ou selon ce que nous avons envie d'en faire.
Très souvent, nous partons avant tout de l’œuvre, ou du morceau tel qu'il est. Très vite une ré-interprétation s'en dégage, où nous ne nous fixons pas de limite. Cela peut être simplement musicale, ou alors partir dans des choses plus délirantes, voir non-musicales. Des fois cela part d'une improvisation, ou bien d'un désir de jouer tel morceau parce-qu’il nous plait énormément. Des fois d'une idée qui nous fait éclater de rire (ou kiffer notre race), idée qu'on a eu en voiture, en tournée, ou autres ...
J'ai eu la chance de voir plusieurs fois Opéra Molotov et j'ai été très surpris par le fait que des répliques qui semblent spontanées sont en fait très écrites. Vous arrive-t-il encore d'en modifier l'écriture en fonction de l'actualité ou des réactions du public ?
C'est assez rare. Si une très bonne idée arrive, on va bien sûr la garder. Mais le texte et le jeu de comédien est écrit et respecté. Avec bien sûr les aléas du spectacle vivant.
Les moments d'impro, pour ma part (ndrl : Jonathan est le pianiste du duo), ressortent beaucoup plus dans la musique. Tout simplement car il y a des morceaux du répertoire jazz, avec des moments d'improvisation donc.
Ces instants d'improvisation sont codifiés et dans certains passages du spectacle, je peux me permettre de sortir de ce qui est prévu pour jouer avec ce qui se passe dans le public ou l'environnement.
Je me suis laissé dire que le duo que vous formez avec Cathy Heiting est aussi à l'origine d'une formation plus jazzy, pouvez-vous m'en dire plus ?
Oui. Nous travaillons en effet sur un duo Jazz. Mais vu notre personnalité artistique, nous devrions qualifier cet univers de "jazz, mais pas que". ;)
C'est une performance quelque chose de beaucoup plus axée sur une formule concert, et non spectacle. Pas de mise en scène ici, de costume ou de réplique écrite.
Le répertoire est centré autour du jazz, mais il y a des choses plus personnelles comme des compositions, ou des morceaux d'autres styles, mais joué en jazz, ou des morceaux jazz plus classique, mais joués avec notre propre approche, notre univers. Nous nous nourrissons de tout ce qui touche notre sensibilité et de plusieurs style musicaux que nous aimons et jouons.
Parlez-moi du futur, quels sont vos spectacles en préparation ?
Nous travaillons donc sur ce duo jazz. Autant au niveau musicale donc, qu'au niveau de la comm'.
Nous avons passé beaucoup de temps sur nos créations lyrico-dejanté ("BIZET ETAIT UNE FEMME" et "OPERA MOLOTOV"), mais également sur le quartet jazz'n'groove "SUDDEN". Il nous manque, pour ce projet jazz, des photos, il faut que nous enregistrions (chose que nous allons faire courant Mars), il nous faut aussi de la video. Bref, toutes ces choses qui vont nous servir à communiquer, et décrocher d'autres engagements.