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Chico et les Gypsies

Fondateur et ex-leader des Gipsy Kings, Chico avec son nouveau groupe Chico & The Gypsies mène une carrière couronnée par 31 disques d'or et 10 de platine. En avril 2009; quelques heures avant son concert, c'est autour d'un café sur le cours Julien que la rédaction a rencontré Chico.

Votre dernier album s'appelle Suerte, qui signifie La Chance. Pourquoi avoir choisi ce titre ?
C'est notre cinquième album avec Chico & les Gypsies. C'est une nouvelle création. Tous les chanteurs et musiciens du groupe ont pu s'exprimer avec des voix et des influences différentes. Mais c'est moi qui ai choisi de l'appeler Suerte parce que je pense que j'ai eu beaucoup de chance dans la vie, et quelque part, il fallait un jour pouvoir l'inscrire sur quelque chose. Certains se font des taouages pour rendre des hommages. Moi j'ai voulu l'inscrire sur la pochette de mon album.

Comment est né ce dernier album ? Quelles ont été vos influences pour l'écrire ?
Cet album est né de l'inspiration des artistes qui l'ont fait. On s'inspire beaucoup des choses de la vie : la famille, l'amour, les voyages. On voyage beaucoup dans le monde entier. Et les influences, c'est quelque part aussi un engagement de notre part. On écoute pleins de choses qui nous influencent.

Un des titres est Marseille. Que représente pour vous la cité phocéenne ?
Marseille est un peu comme moi. C'est une mosaïque de cultures. Cette mosaïque culturelle m'a tellement apporté de chance et de bonheur que j'ai voulu rendre un hommage à cette ville. Avec la Bonne-Mère, avec l'OM, avec tous mes amis marseillais, j'ai toujours aimé cette ville.
Quand mes parents sont arrivés du Maroc ils ont débarqué à Marseille, donc c'était normal de lui rendre un hommage. C'est aussi un bonheur de pouvoir jouer ici à chaque fois.

Justement, vous avez des racines algériennes et marocaines. Alors comment en êtes-vous arrivé à la musique gitane ?
J'ai grandi à Arles. Autour de moi, il y avait pas mal de gitans qui sont vite devenus mes amis. On a grandi ensemble. Ils jouaient beaucoup de musique et j'aimais ça. Je suis rentré dans cette musique et dans leur famille par chance, encore une fois. Ça faisait parti peut-être de mon destin.
Je me suis vraiment mis à la guitare à l'âge de seize ou dix-sept ans, mais je ne sais même pas comment. Ça jouait tellement autour de moi, et un jour, j'ai pris une guitare et je me suis mis à jouer un peu comme ça. Et j'avais le rythme sans le savoir. Un ami m'a montré deux ou trois trucs, et après, j'ai fait ma route seul. J'ai appris sur le tas, sans prendre de cours. Et de toute façon, ceux avec qui j'étais n'avaient pas la patience de vous apprendre. Mais la musique faisait en fait partie de mon éducation, sans même que je me rende compte.

Comment votre nouveau groupe s'est-il formé ?
La séparation des Gipsy King a eu un côté positif. Elle a permis l'émergence d'artistes qui seraient peut-être restés dans l'ombre. C'est génial parce c'est un vivier de talent. Le public pourra découvrir ces talents lors du concert le 9 juin.
J'ai eu beaucoup de musiciens au cours de ma carrière. C'est très compliqué de former un groupe car il y a le côté musical évidemment, mais il y a aussi le côté relationnel qui est indispensable. Pour arriver à allier les deux c'est parfois difficile. Mais aujourd'hui, on est très bien ensemble et le public le ressent à tous nos concerts.

Quel est le rapport avec votre public depuis la création de votre nouveau groupe ? Est-ce le même public que précédemment ou votre public a-t-il évolué ?
Le public est en partie le même. En fait, il n'y a pas des public, il y a un seul public. On a la chance de le rencontrer partout dans le monde. On a le plus beau public du monde car il n'a pas de barrières de langage, il n'a pas de barrières sociales. C'est extraordinaire. On a ensemble un langage universel, même quand ils ne comprennent pas les paroles, l'émotion dépasse la compréhension. Les gens se laissent porter par notre musique, que ce soit en France où au Japon, les riches ou les pauvres.

Comment parvenez-vous à réunir un public aussi large et aussi diversifié ?
L'amour. Le partage. Et la sincérité. Quand on est sur scène, on ne ment pas. Quand les gens nous écoute, ils savent que ce sont des passionés qui jouent. Notre public est en plus assez jeune, la moyenne d'âge est de trente ans. Et quand vous les écoutez, c'est la voix d'un peuple qui parle derrière. Les gens ne le réalisent peut-être pas, mais on a une relation très profonde avec notre public.

Brigitte Bardot est la marraine du groupe ? Comment cette relation est-t-elle née ?
Brigitte Bardot, je l'ai connu à Saint-Tropez dans les années 1970. On a eu la chance d'être invités par elle à un de ses anniversaires. C'était en 1978, ça fait trente ans. Nous sommes devenus copains, et après c'est elle qui venait à mes anniversaires et nous sommes aujourd'hui très amis. Elle vient souvent en Camargue. Et encore aujourd'hui, c'est une vrai amitié entre nous.

Comment vivez-vous aujourd'hui votre succès mondial, aves plus de 20 millions d'albums vendus dans le monde entier ?
Tranquille, heureux et simplement
. C'est vous qui me rappelez ces chiffres, mais moi je n'y pense pas. Je vis ça normalement.

Vous allez chanter le 26 juin à Nîmes avec de jeunes artistes comme Grégoire, Stanislas, ou la comédie musicale Mozart. Avec une carrière de presque 30 ans, comment faites-vous pour être toujours au devant de la scène, à côté des plus jeunes artistes ?
L'humilité. C'est important de donner une marge aux jeunes artistes. Cette alliance de jeunes artistes avec nous est vraiment bien. Quand j'étais jeune, je rêvais de pouvoir jouer aux côtés d'artistes plus accomplis.
Mais je ne cherche pas pour autant à faire de la musique pour plaire à ce jeune public. Je ne me questionne pas, je profite de la vie, je suis heureux. Il faut encourager les jeunes artistes qui sont parfois pleins de doutes. C'est vrai que la musique est un milieu parfois compliqué mais il faut avancer. C'est ce qu'on essaie de dire aux jeunes. Quand on est passioné, il ne faut pas avoir peur d'avancer.

Vos chansons les plus connues sont aujourd'hui reprises dans la rue, dans les grandes fêtes populaires. Quel sentiment cela vous procure-t-il ?
C'est le plus bel hommage que le public pouvait nous rendre. On entend souvent des reprises de nos chansons dans des pays différents et c'est génial. C'est aussi une forme de consécration pour nous. Nos vieilles chansons sont aujourd'hui ancrées dans le collectif. Sans prétention, j'ai toujours cru dans le succès, et pourtant à l'époque où j'ai commencé ce n'était pas simple de défendre ce style musical. Aujourd'hui, on peut au moins servir d'exemples pour les jeunes musiciens gitans. Ils peuvent se dire, ils y sont arrivés, pourquoi pas nous. La musique gitane était ma détermination, ma passion. Je suis arrivé avec mon baton de pèlerin pour la défendre, et on a plutôt bien réussi.
Alors évidemment, c'est important pour nous de reprendre tous les classiques qui ont fait notre succès lors de nos concerts. Et c'est un véritable plaisir à chaque fois. Nos deux heures de spectacle, c'est un mélange de vieilles et de nouvelles chansons, jouées par des guitaristes fabuleux. Nous les premiers, sur scène, on se régale.

Vous avez été envoyé spécial pour la paix de l'UNESCO, notamment pour donner de grands concerts en Israël et devant les dirigeants israéliens et palestiniens. Que représente aujourd'hui pour vous cet engagement ?
Je continue depuis 1996 à accomplir cette mission, à promouvoir la tolérance et la paix à travers différentes actions. Je crois que c'est très important pour moi de témoigner, moi qui ai été touché dans ma chair. Cet été on va retourner à Ramallah. Alors certes c'est compliqué mais il faut persévérer et c'est justement tout le sens de notre démarche.

Concrètement, comment se traduit cet engagement ?
Concrètement, c'est d'aller au coeur des problèmes. Par exemple, pour aller à Ramallah cet été, je peux vous dire que ce n'est pas facile. On a aussi été le premier groupe à retourner en Algérie après les événements en 1990, d'abord pour montrer notre solidarité, et aussi pour montrer aux autres artistes qu'ils pouvaient eux aussi y aller. On s'est retrouvé aussi en Yougoslavie. On essaie de faire passer des messages à travers nos concerts.
On se mobilise également en faveur de plusieurs associations. On participe à un projet en ce moment avec l'association Santé France Laos qui est basée à Arles, et dont le but est de ramener des enfants malades du Laos pour les opérer en France. Dans leur pays, ces enfants qui ont des malformations cardiaques sont condamnés à mort. Alors cette association les fait revenir en France pour les opérer à l'hôpital Necker à Paris. Ils s'en occupent et ils les ramènent chez eux.
On participe également à des événements organisés par l'UNESCO. On se retrouve une fois avec le dalaï-lama, une autre fois avec l'Abbé Pierre, ensuite face à Shimon Pérès et Yasser Arafat. Notre rôle est d'être à certains moments à des endroits pour servir d'exemple.

Justement, vous croyez à la musique et à la culture comme vecteur pour rassembler les peuples ?
Evidemment. Notre musique est en elle-même une musique qui rassemble. Le public nous adore autant en Palestine qu'en Israël. Pourquoi la musique ne serait-elle pas un trait d'union entre les peuples ? Si les gens réagissent déjà de la même manière à la musique, c'est que quelque part, le cœur est le même. Les possibilités existent des deux côtés. Il faut maintenant apprendre à les faire grandir.

Quels sont désormais vos projets pour l'avenir ?
On a toujours des projets. On a des concerts un peu partout. On ne fait pas des grandes tournées d'un an. On préfère partir pas longtemps mais très souvent à travers la planète et ça nous convient très bien.
Sinon, on continue d'écrire et on met de côté, mais nous ne sommes pas des acharnés de l'écriture. Quand ça vient, ça vient. On est pas au résultat, et nous ne sommes pas en compétition.

Pour finir, auriez-vous un petit mot à dire aux marseillais ?
Les Marseillais, on les aime. C'est pour ça qu'on leur a donné ce rendez-vous le 9 juin à l'Espace Julien. C'est pour leur prouver notre amour. Ce qu'on fait dans le monde entier, on a voulu venir le faire à Marseille. On est donc très heureux et très fiers de ce rendez-vous.

Pauline Volton

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Publié le 01/01/70