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Raul Paz

 Son authenticité, sa vitalité, sa voix exceptionnelle et le choix de musiciens servant impeccablement sa musique font de chaque concert de Raul Paz un événement. C'est ce qui lui a permis au fil des années et de ses cinq précédents albums de se créer un public fidèle et de plus en plus nombreux.


Son nouvel album "Havanization", composé à La Havane, où il est retourné vivre depuis 2 ans, est l'aboutissement de cette démarche de métissage: enregistré à La Havane et Paris, produit par Seb Martel, il a une couleur unique qui est le fruit de ses pérégrinations entre son pays natal et le reste du monde, la musique cubaine du 21ème siècle.

> www.myspace.com/raulpazencasa

 

A l'occasion de la sortie de son album Havanization, Raul Paz est de passage à l'Espace Julien de Marseille. Rencontre avec cet artiste pour qui entre la France et Cuba, le coeur balance.

Comment s'est passé la composition de ton dernier album Havanization ?
C'est un album que j'ai composé entièrement à Cuba avec les sons actuels de Cuba. Pour la réalisation, j'ai enregistré une grande partie ici en France car finalement j'ai plus de contact, plus de studios... Séb Martel a fait la production musicale. On a fait toute la partie acoustique (piano, cuivre, chœurs) à Cuba. C'est un beau mélange pour la réalisation, mais c'est 100% cubain dans l'énergie, dans la façon que j'ai perçu la vie de Cuba aujourd'hui. Tout cela a pris une année à Cuba, et ensuite quelques mois de réalisation en France.

Pouvez vous nous expliquez le titre de l'album « Havanization » ?
Je crois qu'il y a besoin que, d'une part les cubains s'ouvrent au monde, mais aussi que le monde s'ouvre à Cuba, qu'il accepte un pays contemporain, un pays à part entière et non pas un pays dans lequel on part en vacances et dans lequel le temps s'est arrêté.
On entend des phrases comme « Il faut aller à Cuba maintenant, avant que cela change» est cela me terrorise. Il y a ce besoin des pays riches que les autres ne changent pas et ça c'est terrible. C'est tout le contraire que l'on aimerait bien.

Dans cet album, on retrouve très beau un duo avec Camille. Comment ce duo est-il né ?
Je suis d'une certaine manière pour les Cubains ce que Camille est pour la musique française
. Elle est là, en train de chercher des choses différentes, sortir là où on ne l'attend pas. Quand je suis rentré à Cuba, je me suis perçu un peu comme cela.
Je connaissais Camille depuis un moment, et puis un jour, on s'est croisé dans la rue, on a commencé à parler. Je lui ai dit que je travaillais sur un nouvel album, et elle m'a dit « Ahh je veux venir chanter avec toi », tout naturellement comme ça. La question c'était chanter quoi ?
Je lui ai dit, écoutes Camille, comme ça j'ai une idée du titre, je fais la chanson, je te l'envoie, si cela te plait, on l'a fait ensemble. Et voilà j'ai eu cette idée du carnaval, de ce monde un peu bordelique dans lequel on est. En même temps la seule solution c'est ouvrir des portes et aller au-delà. L'idée lui a beaucoup plu. L'enregistrement s'est fait en deux heures en studio. Elle n'avait jamais chanté en espagnol, mais comme elle est tellement douée pour plein de choses, elle l'a apprise en deux secondes. On a énormément rigolé. Ca a donné un duo que je trouve très réussi.

Sur cet album, quelle est la touche cubaine ?
Je ne fais pas de la musique cubaine, je fais de la musique. Il se trouve que je suis cubain et dedans j'imagine qu'il y a du cubain. Après évidement la touche elle est là. Après peut-être, ce n'est pas la touche de cliché que l'on se fait de Cuba, c'est un peu tout ce que l'on essaie de faire à chaque fois. Moi et toute une génération de Cubain aujourd'hui, on essaie de sortir de ces clichés qui finalement nous font plus de tort.

C'est votre 7ème album studio, comment arrivez-vous à vous renouveler ?
Je me le demande (rire). Parce que justement pour moi la musique est quelque chose qui évolue tous les jours. Ce n'est pas si évident de convaincre la maison de disque de faire un album qui n'a pas grand-chose à voir avec le précédent.
Mais ma musique, c'est cela. C'est la vie qui change et qui évolue. Si j'ai une qualité dans la musique que je fais, c'est bien d'être honnête avec moi-même. Quand je fais un album, je fais une musique qui me correspond à ce moment là. Je ne pose pas de questions, si je dois faire comme ça parce que ça a cartonné l'année passée. C'est certainement orgueilleux, mais j'aime bien aller dans l'inconnu. Ca me fait vibrer.


Après 14ans passés en France, vous êtes retourné à Cuba, c'était un choix personnel, une volonté de retrouver ses racines ?
Moi je ne crois pas trop aux racines. Je pense que les racines on les a et on les fabrique surtout. C'est l'évolution de ta vie qui fait de toi qui tu es. Après je ne suis jamais dans la nostalgie du passé. Je suis rentré à Cuba pour des raisons personnelles, parce que c'est mon pays, on me l'a interdit pendant 14 ans et je crois que comme toutes choses que l'on t'interdit, tu as envie de revenir. Je ne voulais pas trop vieillir sans retrouver mon pays au moins pour savoir si l'idée que j'avais était la même. Je crois qu'aujourd'hui, quand tu aimes ton pays et que tu peux faire quelque chose pour lui, il faut le faire. C'est à ma génération maintenant de faire des choses pour que cela avance. Sortir de cette impasse dans lequel est Cuba, dans toutes sortes de domaines, politique et même en musique. Ce pays est dans entre deux mondes et je crois que c'est important que des gens s'engagent socialement à apporter des choses.

Quel a été votre sentiment en arrivant à Cuba ?
Mon premier constat a été que Cuba est un pays qui ne bouge pas trop. Après qu'14 ans d'absence, tu te retrouve tout de suite comme la veille de ton départ. Après petit à petit j'ai vu que les choses avaient bougé de l'intérieur. C'est ce qui est fantastique à Cuba, les gens ont toujours des projets malgré tout.

Et au niveau musical ?
C'est cela qui est intéressant. Moi j'avais connu Compay Segundo en France, et je trouvais ça super comme tout le monde. Et quand on m'a autorisé à revenir à Cuba pour la première fois, il y avait un concert de Compay Segundo à la Havane. J'étais arrivé 3 heures en avance en me disant que je n'allais pas trouver de places. Mais au final, il y a avait une vingtaine de personnes dans une salle de 3 000 personnes. Et là je me suis rendu compte à quel point j'étais devenu français. Car effectivement ce n'est pas la musique qui branche les jeunes de Cuba. C'est une vieille musique que tout le monde respecte mais les foules bougent pour aller voir les nouveaux jeunes.

Avez-vous retrouvé votre public à Cuba ?
J'étais très inquiet de revenir après tout ce temps. Mais non, ça a marché tout de suite. On va faire 100 dates. J'ai eu la chance de revenir au pays et d'avoir été à la mode à ce moment là.

Vous êtes impliqués pour aider au développement de votre pays ( concerts caritatifs, projet « écoles contre ouragan »), ca a été une évidence pour vous ?
Ca fait beaucoup de temps que je suis ambassadeur pour l'UNICEF, et à Cuba, la jeunesse et l'enfance sont très importantes. On a organisé un programme « écoles contre ouragan » car dans certaine région des Caraïbes il y a plein d'ouragans chaque année et on ne peut rien faire. Le mieux c'est de construire des écoles en dure capables de résister et qui peuvent servir de refuge. On a commencé une série de concerts en France avec Yannick Noa, Zazie, Bernard Lavilliers, Jehro.... Avec cet argent on a construit 10 écoles à Cuba. Et après on est allés avec une partie des artistes à Cuba pour voir les écoles. Nous avons donné deux concerts pour sensibiliser les gens. C'est un programme que l'on essaie de tenir dans cette région.

Y a-t-il d'autres pistes musicales ( ou artistiques) que vous souhaiteriez explorer ?
Oui justement, avec les artistes cubains nous avons beaucoup de projets. Faire un disque de la nouvelle génération cubainne. Un disque ensemble, dans lequel il y aura de la littérature, de la peinture. Et on aimerait aussi faire un gros festival sur l'influence des Caraïbes dans le monde. On voudrait faire hommage à cette région du monde qui est si généreuse en musique et qui a apportée énormément à la musique internationale. 

Et Marseille ?
Bizarrement c'est une ville de France que je connais le moins. Ca doit faire la deuxième fois que je joue ici. J'aime bien la mixité qui peut y avoir à Marseille, c'est un peu la mixité qui peut y avoir à Cuba. Ce n'est pas toujours très bien organisée comme à Cuba, mais il y a quelque chose qui fait marcher la ville, il y a une énergie et de belles chosent qui sortent.

 

Propos recueillis par JBF et Pauline V.
le 3 novembre 2010

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Publié le 01/01/70