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Angelin Preljocaj fait danser l'attraction des corps

Présentée d'abord fin septembre 2018 dans le cadre de la prestigieuse biennale de la danse de Lyon, c'était cette fois au tour du Grand Théâtre de Provence d'accueillir "Gravité" la dernière création du chorégraphe Angelin Preljocaj.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 30/10/2018
Angelin Preljocaj fait danser l?attraction des corps

Dans « Gravité » tout commence par le chaos, un magma de corps enchevêtrés inertes, puis un tressaillement, et lentement les danseurs s’extraient du sol.

Sans décor - car toute la pièce ne tient qu’aux jeux de lumière, aux corps des interprètes ainsi qu’à leur brio et leur engagement - s’installe une atmosphère captivante.

Les corps se jouent de la gravité, tour à tour envoutants de lenteur ou encore virevoltants et flottants au-dessus du sol. La pesanteur transcende les danseurs et les martyrise en même temps. Cette gravité se fait bourreau de leurs corps révoltés qui cherchent à s’extirper de la masse terrestre et de son attraction perpétuelle.

Quand vient le moment du final, ce n’est plus le sol qui les attire mais une force bien plus puissante, ils s’unissent ne formant plus qu’une seule entité, un atome qui évolue, se transforme sur le mythique Boléro de Ravel.
Séquence onirique et éblouissante où les danseurs solidaires et complémentaires évoluent en symbiose pour ne former qu’une seule entité.

Avec talent, Angelin Preljocaj nous a ramené à l’essence même de la vie.

Anaïs Michelin et Didier Philispart