C'est une nouvelle étape du feuilleton judiciaire autour du Rocher Mistral qui se poursuit à La Barben. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a rendu sa décision ce mercredi concernant les infractions reprochées au parc à thème et à son président, Vianney d’Alançon. En appel, les condamnations prononcées en première instance ont été maintenues et même renforcées sur plusieurs points, avec notamment l’obligation de retirer des aménagements réalisés sans autorisation et de remettre les lieux dans leur état d’origine.
La société Rocher Mistral est condamnée à 50 000 euros d’amende, tandis que Vianney d’Alançon devra payer 5 000 euros. En première instance, la société avait été condamnée à 70 000 euros avec sursis et son président à 20 000 euros mais avec sursis.
La décision concerne notamment les aménagements réalisés à l'entrée du château de La Barben, à proximité des chemins d'arrivée : l’espace d’accueil, le marché provençal, le manège et l'ancien potager transformé en espèce scènique. Une dalle en béton a également été coulée sans autorisation. Le jugement de première instance avait déjà ordonné la remise en état de plusieurs de ces espaces.
La cour d’appel ordonne leur suppression et la remise en état des lieux. Le délai fixé est d’un an, avec une astreinte portée à 150 euros par jour de retard en cas de non-exécution.
Le Rocher Mistral a cependant été relaxé pour la réalisation du parking historique.
Autre élément nouveau en appel : la société et son président ont également été condamnés pour une atteinte non autorisée à la conservation de l'habitat naturel d'une espèce protégée, après avoir été relaxés sur ce point en première instance. Il s'agit notamment du dossier concernant les murins à oreilles échancrées, des chauves-souris présentes sur le site. L'association France Nature Environnement leur reproche notamment l'aménagement de certaines parties du château qui aurait fait fuir ces animaux protégés.
Cette décision constitue une nouvelle étape dans le conflit qui oppose depuis plusieurs années le Rocher Mistral à la commune de La Barben, mais aussi à plusieurs associations environnementales. Depuis le lancement du projet, les procédures ont porté sur les autorisations d'urbanisme, les aménagements réalisés autour du château et les enjeux environnementaux liés à ce site protégé.
En 2024, le Conseil d'État avait déjà rejeté un pourvoi de la société Rocher Mistral dans une autre procédure l'opposant à la commune, confirmant ainsi une décision défavorable au parc.
La mairie de La Barben et les opposants au projet contestent notamment certains aménagements réalisés sans autorisation dans un environnement soumis à différentes protections. Le projet s'inscrit en effet dans un secteur présentant des enjeux patrimoniaux et environnementaux importants. La commune avait elle-même documenté plusieurs volets du contentieux dans ses documents d'urbanisme. Des intérêts personnels entrent aussi en jeu car le maire de la Barben, Franck Santos est un voisin direct du château.
Cette nouvelle décision judiciaire intervient donc dans un contexte déjà marqué par plusieurs années de procédures, alors que le Rocher Mistral poursuit parallèlement ses démarches administratives pour faire évoluer et régulariser son projet.
La décision de la cour d'appel intervient également à un moment particulier pour le site. Le Rocher Mistral a fermé ses portes pour la saison 2026 le 30 août dernier, avec une fermeture anticipée liée à l'état du château.
Dans une publication diffusée sur ses réseaux sociaux, le parc annonce en effet l'entrée dans une "deuxième phase importante de travaux de restauration du château de La Barben à partir du mois de septembre". Le site explique que le château connaît notamment des "infiltrations d'eau" et indique que la durée des travaux reste pour l'instant indéterminée, le calendrier dépendant notamment des démarches administratives.
Le Rocher Mistral présente ces travaux comme une étape nécessaire pour poursuivre la restauration du monument historique. Le château de La Barben, au cœur du parc, constitue en effet l'élément central du projet lancé en 2021.