François de Canson, le président du comité régional du tourisme de la Région Sud fait un premier bilan de la fréquentation touristique et des comportements des visiteurs cet été :
« On a reconnu un premier semestre extrêmement positif. Avec un mois de juin où l'hébergement marchand était porteur, 84% de taux d'occupation.
Le mois de juillet était identique quasiment à celui de l'année dernière.
Le mois d'août a été un peu chaotique puisqu'à partir du 10 août on a eu un départ de la population essentiellement des français.
Aujourd'hui c'est reparti sur les dernières semaines du mois d'août et puis on a un pronostic extrêmement favorable sur le mois de septembre avec une fréquentation en haute de +3%. »
« Ce qu'il faut retenir de l'été c'est qu'on a eu un moins 5% de clientèle française, un plus 5% de clientèle internationale et quand on sait que la capacité financière de la clientèle internationale qui compense la clientèle française à la sortie, l'été 2026 devrait être quasiment identique à l'été 2025 qui était quand même l'été de référence. » François de Canson, président du comité régional du tourisme
Cela veut dire que cette année, les touristes sont repartis un peu plus tôt que d’habitude ?
« Oui, ils sont partis un peu plus tôt, d'abord parce qu'il y avait la canicule, parce que le week-end tombait différemment, et puis il y avait le pouvoir d'achat qui fait que les Français ont pris moins de vacances, donc ils ont été obligés de partir plus tôt.
Par contre la clientèle internationale, aujourd'hui, que ce soit les Américains sur la Côte d'Azur ou les Allemands sur le Var, ont fait la différence. »
Sur l'impact de la canicule, est-ce que les Alpes sont mieux tirées? Est-ce que l'intérieur des terres, les zones habituellement plus chaudes ont plus souffert?
« On est dans la logique. Depuis deux exercices, on voit la montée en puissance des Alpes.
Les gens viennent ou sur le littoral ou dans les Alpes.
Donc il y a des secteurs où qu'il va falloir apprendre à consommer différemment.
Aujourd'hui, la température est une véritable problématique. Le changement climatique est un sujet permanent.
On se doit de prendre des mesures adaptées et c'est ce que nous avons fait avec ma communauté de communes et ce que nous allons faire avec la Région.»
Au contraire, concernant le sur-tourisme et notamment à Marseille, on a vu certains secteurs souffrir cet été. Avec ces images de détritus dans les calanques, à Malmousque, c’est la population locale qui commence un petit peu à s'énerver, à s'échauffer un petit peu avec la forte fréquentation.
Est-ce qu'il y a une problématique de sur-tourisme dans la région et comment on gère ça dans des secteurs en particulier?
« Je pense qu'il faut arrêter de parler de sur-tourisme, on a des pics de fréquentation.
J'ai eu l'occasion d'en parler avec la municipalité marseillaise, effectivement, il va falloir revoir les choses. Il y a un besoin de faire en sorte que les habitants se sentent bien dans leur territoire.
Il va falloir réguler. C’est ce que l’on fait depuis plusieurs années avec le comité régional du tourisme. On ne fait plus de promotion sur l’été, mais sur les ailes de saisons. Ce qui fait qu’on a une augmentation de la clientèle.
Le tourisme aujourd’hui, c’est 22 milliard, 13% du PIB, alors que c’était 18 milliards il y a quelques années. On fait plus de fréquentation mais sur des périodes différentes ce qui évite la problématique de ces pics de fréquentation. »
Cette tendance semble se confirmer au niveau national. Le ministre des TPE et PME, Serge Papin, interrogé par TF1 il y a quelques jours expliquait s’attendre à une très belle année, portée par « un tourisme international qui se porte très bien ». Avec une nuance tout de même concernant la répartition des visiteurs : « La Riviera, c'est toujours un endroit qui attire. Mais en effet, les pays, les régions, les territoires au-dessus de la Loire, se portent très bien » a commenté le ministre en référence aussi à l’impact de la canicule et des incendies.
Avec l’été indien et les touristes du mois de septembre, la région espère renforcer sa dynamique estivale. Souvent marquée par une clientèle étrangère ou plus âgée disposant d’un meilleur pouvoir d’achat, notamment pour des activités culturelles ou restaurants. La baisse du pouvoir d’achat, mais aussi l’inflation de certains prix des restaurants, hôtels ou activités ont été marqués cet été par des changements de comportements des touristes.
Crédit photo © Floriane Deysse / OT Champsaur Valgaudemar