Une fois encore, Angelin Preljocaj nous propose de regarder un sujet en face – ici la mort des êtres chers- sans artifice ni compromis, mais avec ses références culturelles autant que son propre vécu émotionnel.
Point de lamentation, place à la célébration.
Les choix esthétiques de Requiem(s) : musique, scénographie, images projetées, costumes, contribuent à créer un univers qui, si on a la chance d’y être sensible, va s’imprimer durablement.
Dès les premiers tableaux, on sent l’œuvre s’inscrire dans le répertoire de son créateur. La richesse des évocations, de tableaux peints et de citations philosophiques du côté intellectuel, ainsi que les ressentis corporels d’une profondeur et d’une simplicité purement sensuelles, nous rassemblent autour du
plus petit dénominateur commun qu’est finalement le deuil, la perte du contact avec le corps de l’autre.
Les 19 danseurs et danseuses du Ballet Preljocaj rendent accessible ce large éventail de sensations grâce à la variété des atmosphères des différents tableaux. Les compositions d’ensemble peuvent évoquer la fluidité de la vie animale, les duos la disparition de la mobilité puis de la présence incarnée. La richesse chorégraphique intègre le vocabulaire d’Angelin Preljocaj et traverse des rituels de sarabandes où c’est l’énergie de vie qui l’emporte. Les extraits musicaux se succèdent sans se ressembler – de références classiques et familières, jusqu’à des styles moins connus comme du rock métal et des compositeurs contemporains islandais ; cet univers musical enrichit la mosaïque d’éléments qui font de Requiem(s) une étape du chemin sur lequel Angelin Preljocaj nous accompagne depuis tant d’années.
Isabelle Savy
Photos : Didier Philispart












